Le « renversement » manifesté dans la louange de Marie, le magnificat (Lc 2) est un triple défi pour notre monde : quand le savoir corrompt, l'orgueil s’épanouit ; quand le pouvoir corrompt, la dureté du cœur s’incruste ; quand l'avoir corrompt, le mépris s’installe. Au rebours de ce processus de mort, Marie, dans son chant, laisse exulter son cœur. Sa vision est lumineuse : de même que l'orgueil, la dureté du cœur, la convoitise de l'argent, font échec à l'amour, de même ce qui force le cœur de Dieu, ce sont les petites gens écrasés, les victimes des injustices; et c'est tout ce qui, au secret du cœur, s'appelle humilité, douceur, candeur, innocence.
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2. LA LOUANGE DE MARIE CHEZ ÉLISABETH
L’analyse littéraire tend à diviser le Magnificat en deux parties : l’action de grâce de Marie pour elle-même (1, 46-49), puis pour les autres (1, 50-54). Ou bien divisant la seconde, on pourrait aussi identifier trois temps : Marie rend d’abord grâce pour elle-même; ensuite elle rend grâce pour les pauvres (50-53); enfin pour tout le peuple d’Israël (54-55). Marie, familière du midrash (ce réemploi souple et vivant de la Bible qui caractérisait la culture ambiante) n'a pas été créatrice d'expressions neuves. Elle a fait passer son inspiration à travers les formules et les modèles qui habitaient sa mémoire. Nous avons la chance que ce modèle soit identifiable. C’est le cantique attribué à une autre femme, Anne, la mère de Samuel , en 1 S 2.
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