Ton boss vient de te donner une mission super importante : Tu dois t’assurer qu’un singe puisse se tenir sans bouger sur un piédestal et ensuite tu dois le former à réciter des passages de Shakespeare.
Par quoi tu commences?
Ce problème est posé par Eric “Astro” Teller, le capitaine lunaire de X, une boite semi-secrète créée à l’origine par Google pour inventer tout un tas de trucs chelous et géniaux comme des voitures qui se conduisent toutes seules, des drones autonomes… bref tu vois le genre.
Si tu es comme la majorité des gens, tu commences ce projet par construire un piédestal pour le singe et éventuellement acheter un livre de Shakespeare. Au bout d’un moment ton boss va se ramener et te demander une update de là où tu en es. Et comme la majorité des gens tu vas avoir envie de lui montrer des résultats concret plutôt qu’une liste longue comme le bras de raisons pour lesquelles c’est quasi impossible d’enseigner du Shakespeare à un singe.
Tu vas préférer que ton boss te félicite pour le piédestal. Et c’est pour ça que tu construis le piédestal et que tu… bah tu attends qu’un singe magique pouvant réciter du Shakespeare apparaisse.
Mais y’a un problème…. Construire le piédestal est la partie facile. Tu peux le faire facilement. Alors que le vrai point important, là où se trouve le risque mais aussi la partie la fascinante et celle qui va ta challenger, c’est faire réciter le singe.
Le truc c’est que si dans un projet, y’a un vrai talon d’Achille. Si c’est impossible de faire parler un singe, alors ne parlons même pas de lui faire réciter du Shakespeare, tu as besoin de le savoir dès le début.
Malheureusement nous les êtres humains on aime la certitude. Et il y a tellement plus de certitude à construire un piédestal qu’à faire parler un singe… on sait comment le faire, alors on le fait.
Et dans nos vies c’est pareil, on continue à faire ce qu’on sait faire avec certitude. Envoyer des emails, participer à des meetings, faire semblant que les choses vont bien, ne pas aborder les discussions difficiles, au lieu d’attaquer les parties vraiment dures et cruciales d’un projet.
Et c’est pas que ça serve à rien de construire un piédestal… du moins parfois. Par exemple dans le projet de tout à l’heure, il faut vraiment un piédestal. Et du coup en le construisant on a la satisfaction de faire quelque chose pour avancer le problème tout en procrastinant sur l’inévitable. On a l’impression d’être productif… mais en fait pas du tout. On se branle la mouille.
Feu ma grand-mère disait “faire et défaire c’est travailler”... tout dépend de la définition qu’on a de travailler. Mais parfois si on fait pour consciemment éviter la partie importante, alors on ne travaille pas. Parfois on construit un beau piédestal… mais jamais un singe ne montera dessus.
Ce qui est facile souvent n’est pas important. Et ce qui est important souvent n’est pas facile.
Dans la perspective du jour, je t’invite à réfléchir à tous les piédestaux que tu es en train de construire alors que tu devrais peut-être arrêter ou si jamais c’est possible, commencer par travailler avec le singe.
Et la prochaine que tu choisis de réaliser les tâches faciles d’un projet (ça peut être les tâches d’un projet ou d’une mission de vie), pense à moi et pose toi la question si tu choisis la facilité ou l’importance.
Pour ma part, il m’est beaucoup plus facile de lire et comprendre que de dire aux gens que j’aime que je les aime… mais est-ce bien le plus important?
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