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De Platon à Rancière, l’art est un espace de reconfiguration du politique, entre critique et proposition. Les avant-gardes (constructivistes russes, muralistes mexicains) l’ont mis au service de projets révolutionnaires, tandis que l’art activiste contemporain — Banksy, JR, Ai Weiwei, Pussy Riot, détourne les symboles du pouvoir pour révéler ses contradictions.
Au-delà de la contestation, l’art devient un outil de délibération : budgets participatifs artistiques, parlements expérimentaux (Parlement des Invisibles) ou interventions dans l’espace public. Face aux défis écologiques, numériques et autoritaires, il invente de nouvelles formes de mobilisation, art écologique (Not An Alternative), art numérique (mèmes, AR Graffiti), ou résistance aux populismes (Hongrie, Pologne).
Invité : Philippe Aghion, Prix Nobel d'économie, professeur au Collège de France.
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La séance porte sur la philosophie de l'innovation politique depuis Colbert. De la centralisation monarchique à l’idéal émancipateur des Lumières, puis du technogouvernement de Saint-Simon et Comte à la planification gaullienne, l’innovation apparaît en France comme un projet d’État avant d’être un moteur économique. Cette trajectoire explique le paradoxe national : une excellence scientifique remarquable, mais une faible conversion en innovations marchandes.
Le séminaire analyse les ambiguïtés de ce modèle, technocratie, élitisme, imaginaire de souveraineté, et propose d’esquisser une politique d’innovation inspirée par l’esprit des Lumières : rationnelle, émancipatrice, orientée vers le bien commun et consciente de ses responsabilités éthiques et écologiques.
Invité : Loïc Blondiaux , Politologue, Professeur de science politique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne
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L’éducation, depuis Platon jusqu’à Dewey, est présentée comme le levier central de l’innovation politique. Platon en fait l’outil pour former des gouvernants-philosophes capables de diriger une Cité juste, tandis que Rousseau et Kant y voient un moyen d’émancipation individuelle et collective. Dewey, lui, transforme l’école en un laboratoire de démocratie, où l’apprentissage par l’action prépare les citoyens à agir dans la société.
Cependant, Bourdieu et Illich critiquent ce modèle : l’école reproduit les inégalités sociales (Bourdieu) et aliène en monopolisant le savoir (Illich). Pour eux, une éducation libératrice doit sortir des cadres institutionnels et favoriser l’autonomie et la créativité. Arendt, Habermas et Castoriadis proposent des alternatives : une éducation responsable (Arendt), délibérative (Habermas) et imaginative (Castoriadis), capable de cultiver l’esprit critique et l’innovation politique.
L’enjeu est de repenser l’éducation non pas comme un outil de reproduction, mais comme un espace de transformation sociale.
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Le citoyen, d’abord défini comme l’habitant libre d’une cité (Athènes, Rome), devient, avec Rousseau, un acteur de la souveraineté populaire. L’innovation citoyenne, tirage au sort, coopératives, budgets participatifs, monnaies locales, émerge comme une réponse collective aux défis sociaux, écologiques ou politiques. Inspirée par Foucault, elle incarne une résistance aux pouvoirs établis, proposant des alternatives horizontales. Pour Dewey, elle est une démocratie expérimentale, où la participation active et l’adaptation permanente redéfinissent la cité. Ces initiatives, locales et pragmatiques, transforment les rapports de pouvoir en plaçant l’humain et le bien commun au centre.
Invitée : Najat Vallaud-Belkacem, Ancienne ministre, Présidente de France terre d’asile.
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Cette séance interroge la politique comme l’une des premières innovations humaines. Des sociétés primitives à la Grèce antique, l’humanité n’a cessé d’inventer des formes de vie commune. La philosophie grecque, de Solon à Aristote, transforme cette pratique en objet de pensée : la cité devient le lieu où la raison, la parole et la délibération organisent le vivre-ensemble. L’homme apparaît ainsi non seulement comme un animal politique, mais aussi comme un animal innovant, créateur d’institutions, de normes et de symboles pour répondre aux exigences du bien commun.
Dans un monde en crise, cette perspective philosophique invite à repenser la politique comme une innovation éthique et institutionnelle destinée à refonder notre capacité à vivre ensemble.
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Les sociétés utopiques comme exemples d’un retour aux choses mêmes husserlien. De More à Fourier, De Owen à Cabet.
Invitée : Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, directrice de recherche au CEA et coprésidente du groupe n° 1 du GIEC (2015-2023)
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La technologie, bras armé de la sobriété ou un technolosolutionisme comme un autre : les organisations face à l’innovation ou la responsabilité.
Invité : Dominique Bourg, Philosophe & Professeur des universités à la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne
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Si l'on peut trouver une origine de l'innovation dans la Grèce antique avec le terme Kainotomia signifiant «nouveau», depuis le début du XXe siècle, l'innovation s'est imposée comme l'un des…
Cependant l'innovation ne peut être réduite ni à une technique, ni à un outil de performance économique, ni même à une capacité de produire de la nouveauté. Elle engage une certaine conception de l'homme, du monde, de la relation à autrui, du politique et du temps. À ce titre, elle appelle une réflexion philosophique capable d'en retracer la généalogie, d'en analyser les critiques, d'en évaluer les effets et d'en imaginer les possibles.
L'ambition est ainsi de construire progressivement une philosophie de l'innovation. Celle-ci s'appuie sur deux fils conducteurs permanents, la responsabilité et la spiritualité, tout en explorant successivement les enjeux historiques, critiques, écologiques, politiques, relationnels et éthiques de l'innovation. Il ne s'agit pas seulement de dénoncer ses dérives, mais d'interroger les conditions d'une autre manière d'innover, orientée vers le monde commun, la sobriété, le bien commun et la formation d'un sujet capable d'habiter l'innovation plutôt que de la subir.
Au fil des années, l'enjeu est de fonder une critique des évidences contemporaines vers la construction d'une figure nouvelle : celle de l'innovateur philosophe, capable de faire de l'innovation non plus une logique de performance, mais un exercice de discernement, de responsabilité et de transformation de soi.
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