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Le talent, ce n'est pas ce qu'on reçoit à la naissance. C'est ce qui reste quand on a épuisé l’ennui. Si vous trouvez quelqu'un de doué, ne lui dites qu'il ou qu'elle a eu de la chance mais demandez-lui combien de fois il ou elle a recommencé...
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C’est une question vertigineuse, presque taboue dans nos sociétés où la surcharge de travail est souvent perçue comme une preuve de détermination. Pourtant, la science raconte une tout autre histoire. Une équipe de chercheurs coréens des universités Chung-Ang et Yonsei a mené l’une des études les plus éclairantes sur ce sujet. Publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine, elle révèle ce qui se passe réellement dans le cerveau de celles et ceux qui dépassent régulièrement 52 heures de travail par semaine. Les résultats sont aussi fascinants qu’inquiétants.
Les chercheurs ont utilisé l’imagerie cérébrale pour observer des salariés soumis à des semaines longues et répétées. Et ce qu’ils ont découvert est sans appel : le surmenage ne fatigue pas seulement le corps, il remodèle physiquement le cerveau. Chez les travailleurs les plus exposés, plusieurs zones clés montrent un amincissement du cortex, notamment dans les régions associées à la mémoire, à la régulation émotionnelle et à la prise de décision. Concrètement, cela signifie que la « matière » même qui nous permet de réfléchir, d'apprendre, de gérer le stress ou d’inhiber les impulsions s’érode progressivement.
L’étude met également en lumière une perturbation du réseau limbique, la zone qui orchestre nos émotions. Les personnes dépassant les 52 heures hebdomadaires présentent une activité accrue de l’amygdale, signe d’un état de vigilance permanent, presque d’alerte. Ce “mode survie” chronique pourrait expliquer l'augmentation du risque de dépression, d’anxiété et d’irritabilité constatée dans cette population.
Autre effet surprenant : le rétrécissement du corps calleux, le faisceau de fibres qui relie les deux hémisphères. Lorsqu’il s’affine, la communication interne du cerveau devient moins fluide. Résultat : baisse de créativité, difficultés à résoudre les problèmes complexes et sensation de “brouillard mental”.
Selon les chercheurs, ces altérations ne sont pas de simples épisodes passagers. Travailler plus de 52 heures par semaine, et ce sur de longues périodes, pourrait entraîner des modifications durables du cerveau. L’organisme s’adapte, certes, mais au prix d’une réduction de ses capacités cognitives et émotionnelles.
Le message est clair : l'excès de travail n’est pas un signe de force, mais une agression neurologique silencieuse. Et si l’on peut récupérer une partie de ces fonctions, cela nécessite du repos réel, prolongé, et parfois un rééquilibrage profond du mode de vie.
En somme, le surmenage n’est pas une simple fatigue. C’est une transformation du cerveau lui-même – invisiblement, mais puissamment.
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Avant le mètre, avant les règles graduées identiques partout dans le monde, mesurer était une affaire… de corps humain. Parmi ces anciennes unités, l’une des plus célèbres en France est le « pied du roi ». Mais à quoi servait-il exactement ?
Le pied du roi était une unité de longueur officielle, utilisée en France jusqu’à la Révolution. Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, il ne correspondait pas au pied d’un roi en particulier, mais à une valeur standardisée par le pouvoir royal. Sa longueur était fixée à 32,48 centimètres.
Ce pied servait de base à tout un système de mesures. Un pied était divisé en 12 pouces, chaque pouce en 12 lignes. Ce découpage en multiples de 12 pouvait sembler complexe, mais il avait un avantage pratique : il facilitait les divisions, bien plus que notre système décimal dans certaines situations concrètes.
Le pied du roi était utilisé dans de nombreux domaines. En architecture, il permettait de concevoir bâtiments, ponts et cathédrales avec des proportions cohérentes. En artisanat, il servait aux menuisiers, tailleurs de pierre ou charpentiers pour fabriquer des pièces compatibles entre elles. En arpentage, il aidait à mesurer les terrains, même si d’autres unités, comme la toise, étaient aussi employées.
Pourquoi “du roi” ? Parce que la mesure était garantie par l’autorité royale. À une époque où chaque région pouvait avoir ses propres unités, le pied du roi incarnait une tentative de centralisation et d’unification. Des étalons officiels — des règles en métal ou en pierre — étaient conservés dans des lieux de référence afin d’éviter les fraudes et les erreurs.
Malgré cela, les confusions restaient nombreuses. Le pied variait selon les pays, parfois même selon les villes. Le pied anglais, par exemple, n’avait pas exactement la même longueur que le pied du roi français. Résultat : le commerce international devenait un véritable casse-tête.
C’est précisément pour mettre fin à ce chaos que la Révolution française introduit le système métrique à la fin du XVIIIᵉ siècle. Le mètre, défini à partir de la Terre elle-même, devait être universel, rationnel et égal pour tous. En 1799, le pied du roi est officiellement abandonné.
Pourtant, son héritage demeure. Les notions de pied et de pouce existent encore dans certains pays, et de nombreux bâtiments anciens portent la trace de ces mesures anciennes.
Le pied du roi nous rappelle une chose essentielle : mesurer, ce n’est pas seulement une affaire de chiffres. C’est aussi une question de pouvoir, d’organisation sociale et de vision du monde.
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Posséder trop d'animaux de compagnie, ça peut être une pathologie ! On parle de "syndrome de Noé" quand une personne possède plus d'animaux qu'ekke ne peut en héberger, nourrir et soigner correctement, tout en étant incapable de saisir la gravité de la situation. Bonne écoute. 🐒🐕🐈🐫🐘🐁🐇🐀🦉🦜
Un podcast présenté par Gabriel Macé 🙋♂️ Suivez-moi sur Instagram : @gabriel.mace
(Sur les réseaux, je fais aussi des vidéos et je vous montre les coulisses du podcast !)
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Mes chers camarades, bien le bonjour !
Vous le savez certainement, l’archéologie, elle compte de nombreuses spécialités. Et si sur Nota Bene on en a déjà découvert un certain nombre, eh bien il y en a d’autres c’est pas du tout le cas, genre l’archéoentomologie ! Vous allez le découvrir par la suite, mais l’archéoentomologie, c’est l’étude des restes d’insectes en contexte archéologique. Et même si ça peut surprendre aux premiers abords quand on connait pas, eh bah ça permet de comprendre bien plus de choses qu’on ne pourrait le croire… Alors pour découvrir cette discipline méconnue, j’ai eu le plaisir de recevoir en entretien Lisa Richelmi, une spécialiste de la question ! De tombes mongoles au littoral aquitain, en passant par le sarcophage présumé de Michel de Montaigne, vous allez l’entendre, cette discipline permet d’aborder des sujets aussi divers que variés !
Je vous souhaite une bonne écoute sur Nota Bene !
➤ Pour voir un petit peu à quoi peuvent ressembler des études d’archéoentomologie, c’est par ici : https://sciences-archeologiques.u-bordeaux.fr/gpr/productions/projets-projects/activites-humaines-et-paleoenvironnements-restitues-par-larcheoentomologie
🎧 Mixage : Studio Pluriel : https://www.studiopluriel.fr/
➤➤➤ Pour en savoir plus :
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Quand on parle de modifier son apparence, on mélange souvent deux domaines pourtant très différents : la chirurgie esthétique et la médecine esthétique. Elles partagent un objectif commun — améliorer l’apparence physique — mais leurs méthodes, leurs actes et leurs implications n’ont rien à voir.
La chirurgie esthétique est une branche de la chirurgie plastique. Elle consiste à intervenir de façon invasive, en salle d’opération, sous anesthésie locale ou générale, avec souvent des incisions et un temps de récupération. Elle modifie de manière durable, parfois définitive, la structure du corps. Par exemple : une rhinoplastie, une augmentation mammaire, un lifting du visage, une liposuccion ou une blépharoplastie. La chirurgie esthétique requiert un chirurgien spécialisé, un bloc opératoire et un suivi médical post-opératoire. Elle engendre aussi des risques plus importants : complications anesthésiques, infections, cicatrices, ou résultats définitifs parfois difficiles à corriger. C’est une démarche lourde, pensée sur le long terme.
La médecine esthétique, elle, est une pratique médicale non chirurgicale. Elle repose sur des actes minimaux ou non invasifs, réalisés en cabinet, sans anesthésie générale ni hospitalisation. L’objectif est d’obtenir un embellissement progressif et naturel, souvent avec des résultats temporaires. Parmi les actes les plus courants : les injections d’acide hyaluronique, le Botox, les peelings, la mésothérapie, la lumière pulsée ou encore le laser pour traiter la peau. Ces procédures ont généralement peu d’effets secondaires et n’exigent qu’un temps de récupération très court, parfois aucun. Le médecin esthétique agit donc davantage en surface, en retardant les signes du vieillissement plutôt qu’en modifiant la structure profonde du corps.
La différence la plus importante tient donc au niveau d’invasivité et à la réversibilité. La chirurgie esthétique transforme, la médecine esthétique optimise. La première demande une vraie préparation, un bilan médical et un engagement personnel, puisque les résultats sont durables. La seconde s’inscrit souvent dans une routine de soins, réalisée tous les 6 à 18 mois selon les patients et les techniques.
Enfin, les motivations des patients divergent parfois. La médecine esthétique attire ceux qui veulent prévenir ou corriger légèrement, sans transformation radicale. La chirurgie, elle, répond aux attentes de changement plus marqué, parfois à des complexes installés de longue date.
En résumé : la médecine esthétique embellit, la chirurgie esthétique transforme. Deux approches complémentaires, mais fondamentalement différentes.
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Parmi les figures de style qui donnent de l’éclat et de l’originalité à un texte, le zeugma – parfois écrit zeugme – occupe une place très particulière. Il s’agit d’une figure qui associe, sous une même construction grammaticale, deux éléments qui n’appartiennent pas au même plan de signification. Concrètement, un même verbe ou un même adjectif va gouverner deux compléments très différents… créant un effet souvent drôle, inattendu ou poétique.
L’exemple classique est celui-ci : « Il a pris le train et ses jambes à son cou. » Le verbe prendre relie deux réalités incompatibles : un moyen de transport et une expression figurée. Le lecteur est surpris, parfois amusé, parce que l’esprit doit faire un petit écart mental pour associer deux images qui ne vont normalement pas ensemble.
Le zeugma peut prendre deux formes principales. Le zeugma sémantique est le plus fréquent : on y associe des termes dont les sens n’ont rien à voir. On peut dire par exemple : « Elle a perdu ses clés et le sourire », où perdre s’applique à un objet concret puis à un état émotionnel. Vient ensuite le zeugma syntaxique, plus rare, qui joue non pas sur le sens mais sur la structure grammaticale : un verbe commun sert de lien à deux constructions grammaticalement différentes. Par exemple : « Il admire son courage et d’être venu », où admirer relie un nom et un infinitif.
Le zeugma a une longue histoire. On en trouve des traces dans l’Antiquité grecque – le mot lui-même vient du grec zeugnynai, « joindre » – mais il s’épanouit particulièrement dans la littérature classique, puis chez les romantiques et les auteurs contemporains. Victor Hugo, Rabelais ou encore Voltaire l’utilisent pour surprendre, créer un contraste ou faire sourire. Plus près de nous, Raymond Queneau ou Amélie Nothomb affectionnent ce procédé qui bouscule la logique du discours.
Pourquoi cette figure fonctionne-t-elle si bien ? Parce qu’elle joue sur une rupture de sens, un décalage qui oblige le lecteur ou l’auditeur à reconstruire mentalement l’image. Le zeugma brise nos automatismes linguistiques et déclenche une petite gymnastique intellectuelle. Soudain, le langage devient un terrain de jeu : les mots glissent, se superposent, se heurtent avec malice.
En somme, le zeugma est l’art de faire tenir ensemble des choses qui ne vont pas ensemble, pour mieux étonner. Une figure brève, parfois subtile, mais qui révèle toute la créativité de la langue française.
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Lorsque George Orwell commence à écrire 1984, à la fin de l’année 1947, il est dans une situation à la fois physique et morale extrêmement fragile. L’image de l’écrivain lent, perfectionniste, travaillant patiemment son manuscrit, ne correspond pas du tout à la réalité. La vérité, c’est qu’Orwell s’est lancé dans une course contre la montre. Une course littérale : il sait qu’il est en train de mourir.
Depuis plusieurs années, Orwell souffre de tuberculose, une maladie alors difficile à soigner. À l’époque, il se retire sur l’île écossaise de Jura, un lieu isolé, froid, humide… exactement le contraire de ce qu’un médecin recommanderait. Mais il s’y sent libre, protégé du monde qu'il fuit : celui des totalitarismes, des manipulations politiques, des propagandes qui défigurent les mots et les idées. Là-bas, enfermé dans une petite maison rudimentaire, il écrit dans une urgence fébrile.
Pourquoi cette précipitation ?
D’abord parce qu’il craint que sa santé l’abandonne avant qu’il ne parvienne au bout de son roman. Il écrit donc douze heures par jour, parfois jusqu’à l’épuisement, tapant sur sa machine malgré la fièvre, malgré la toux qui l’étouffe. Les brouillons montrent des corrections hâtives, des phrases reprises à la va-vite. C’est un travail de survie autant que de création.
Mais il y a une autre urgence, plus intellectuelle cette fois. Orwell pense que l’histoire est en train de basculer vers un monde où la liberté de pensée recule. La guerre froide commence, les blocs se durcissent, la propagande devient partout un outil central. Pour lui, 1984 n’est pas un roman d’anticipation : c’est un avertissement immédiat, un signal d’alarme. Il doit sortir maintenant, pas dans cinq ans. Attendre serait presque une forme de complicité.
Cette double urgence — biologique et politique — explique pourquoi 1984 a été écrit aussi vite. Orwell achève le manuscrit en 1948, l’envoie à son éditeur dans un état d’épuisement total, et meurt quelques mois après la parution, en janvier 1950. Il n’aura jamais vu l’ampleur du phénomène que son livre deviendra.
Ainsi, 1984 est né dans une singularité rare : un roman écrit en hâte non pas par négligence, mais par nécessité vitale. C’est peut-être cette intensité, cette urgence brûlante, qui lui donne encore aujourd’hui une telle force prophétique.
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Fêté le 6 décembre, St Nicolas est en quelque sorte le père du Père Noël ! Sa plus célèbre légende est certainement celle des trois enfants, également appelée "Le miracle de Saint Nicolas". Je vous la raconte dans cet épisode, dans une version proche de celle publiée par Gérard de Nerval en 1842 (à retrouver ici). Bonne écoute ! 🔪
Un podcast du Studio Biloba, présenté par Gabriel Macé.
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Mes chers camarades, bien le bonjour !
Avez-vous déjà entendu l’expression “chercher la petite bête” ? Généralement, on l’emploie pour désigner le fait d’être extrêmement méticuleux, voire maniaque, pour déceler une potentielle erreur. Mais pour d’autres personnes, c’est à prendre au pied de la lettre, littéralement, parce que ces personnes, ce sont les archéoentomologues ! Autrement dit : les archéologues qui étudient les restes d’insectes en contexte archéologique. Pour en savoir plus, j’ai reçu en entretien Lisa Richelmi, et cet entretien, vous pourrez l’entendre dans quelques jours sur le podcast ! Mais pour le moment, j’aimerais bien savoir concrètement comment ça se passe, sur un chantier de fouilles, quand on tombe sur des insectes ? Et d’ailleurs, si on trouve un moustique figé dans l’ambre, est-ce qu’on peut lui redonner vie grâce à son ADN ?
Je laisse Lisa nous répondre, alors bonne écoute !
🎧 Mixage : Studio Pluriel : https://www.studiopluriel.fr/
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