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Dans cet épisode de Polécure consacré aux PME, Cyndie Fletz, Nicholas Milot et Dominique Derrier poursuivent leur discussion sur la santé financière des fournisseurs de services gérés (MSP). Après avoir abordé les contrats et les flux d’argent dans l’épisode précédent, les trois experts s’attaquent cette fois à une question fondamentale : combien devrait-on payer pour un MSP, et qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre en retour ?
Cyndie ouvre le bal avec une histoire savoureuse : elle a reçu un message vocal d’une compagnie se présentant comme le MSP le moins cher au Québec, lui proposant des services à… 2 dollars de l’heure. La réaction instinctive est de sauter sur l’occasion, mais les trois invités s’empressent de remettre les choses en perspective.
Le modèle MSP repose sur la duplication des mêmes processus pour optimiser l’efficacité. Cela demande du temps, des investissements et des compétences. Un MSP doit être financièrement viable pour offrir un service fiable sur le long terme. Choisir un fournisseur uniquement sur la base du prix le plus bas, c’est prendre le risque d’obtenir exactement ce pour quoi on a payé : très peu.
Dominique illustre bien le danger : à 2 dollars, le contrat pourrait simplement autoriser le client à appeler le fournisseur, sans que ce dernier ait l’obligation d’intervenir. Tout est une question de ce qui est écrit dans le contrat.
Nicholas propose une métrique concrète pour avoir une base de comparaison : 100 dollars par endpoint par mois pour de la gestion d’équipement de base. Ce chiffre n’est pas arbitraire. Il correspond grosso modo au coût de remplacement d’une ressource IT interne qui accomplirait les mêmes tâches. Externaliser son IT à un MSP, c’est donc un transfert de responsabilité, pas nécessairement une économie radicale.
En dessous de ce seuil, les experts s’entendent : les garanties de service s’effritent, les processus internes du fournisseur sont probablement sous-financés, et la qualité du service devient imprévisible.
La discussion s’oriente naturellement vers le contenu attendu d’un bon contrat MSP. Dominique dresse une liste des services typiques :
Plus on ajoute de services dans le contrat, plus le prix augmente — logiquement. Et c’est là qu’intervient la notion de niveaux de service. Un site transactionnel qui doit fonctionner 24h/24, 7j/7, avec une intervention garantie en moins de deux heures même en pleine nuit, coûtera bien plus cher qu’un service de base. Mais en contrepartie, en cas de panne à 2h du matin, c’est le MSP qui se lève — pas le client.
Cyndie pose la question que beaucoup d’entreprises se posent sans oser l’avouer : comment identifier ses propres besoins quand on n’est pas soi-même expert en IT ?
Nicholas et Dominique suggèrent deux approches. Si l’entreprise dispose d’un responsable IT interne, celui-ci peut dresser la liste des tâches récurrentes ou maîtrisées à externaliser, tout en conservant en interne les décisions stratégiques. Si ce n’est pas le cas, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un expert indépendant capable de faire le pont entre les besoins réels de l’entreprise et l’offre des MSP sur le marché.
La notion de risque d’affaires est centrale dans cette démarche. Si un système doit absolument fonctionner en tout temps, il faut choisir un partenaire capable de garantir cette disponibilité. Si une panne le week-end est tolérable, un service moins coûteux peut suffire. L’analogie de l’assurance automobile est parlante : on coche d’abord tout ce qu’on veut, puis on regarde le prix et on réévalue ses priorités.
Dominique rappelle qu’un outil souvent sous-utilisé par les clients existe dans les contrats MSP : le service level agreement (SLA) assorti de pénalités. En définissant des taux de disponibilité (98 %, 99 %) et des délais de réponse contractuels, et en prévoyant des pénalités en cas de non-respect, le client dispose d’un levier concret pour s’assurer que le partenaire reste performant mois après mois. Comme le dit Dominique avec humour : « C’est comme dans le mariage, il faut être bon tous les jours. »
La discussion se conclut sur le sujet de l’offshoring. Le modèle à 2 dollars de l’heure impliquait manifestement une main-d’œuvre délocalisée dans des pays à faibles coûts de main-d’œuvre. Les experts nuancent : l’offshore n’est pas mauvais en soi. Des compétences existent partout dans le monde, et de nombreuses entreprises utilisent déjà des services offshore sans le savoir.
Le vrai risque est ailleurs : un partenaire qui réduit trop ses coûts ne pourra pas investir dans la formation de ses équipes. Or, un technicien offshore mal formé au contexte québécois pourrait redémarrer un serveur critique en pleine période de production fiscale, faute de sensibilisation aux réalités locales. La chaîne de confiance — et les certifications comme le SOC 2 ou l’ISO — doit s’étendre à l’ensemble des sous-traitants.
Choisir un MSP, ce n’est pas choisir le moins cher. C’est choisir un partenaire dont la santé financière garantit la pérennité du service, dont le contrat est clair et mesurable, et dont le niveau de service correspond réellement aux risques d’affaires de l’entreprise. Le prix est un indicateur, pas une finalité.
By Nicolas-Loïc Fortin et tous les collaborateursDans cet épisode de Polécure consacré aux PME, Cyndie Fletz, Nicholas Milot et Dominique Derrier poursuivent leur discussion sur la santé financière des fournisseurs de services gérés (MSP). Après avoir abordé les contrats et les flux d’argent dans l’épisode précédent, les trois experts s’attaquent cette fois à une question fondamentale : combien devrait-on payer pour un MSP, et qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre en retour ?
Cyndie ouvre le bal avec une histoire savoureuse : elle a reçu un message vocal d’une compagnie se présentant comme le MSP le moins cher au Québec, lui proposant des services à… 2 dollars de l’heure. La réaction instinctive est de sauter sur l’occasion, mais les trois invités s’empressent de remettre les choses en perspective.
Le modèle MSP repose sur la duplication des mêmes processus pour optimiser l’efficacité. Cela demande du temps, des investissements et des compétences. Un MSP doit être financièrement viable pour offrir un service fiable sur le long terme. Choisir un fournisseur uniquement sur la base du prix le plus bas, c’est prendre le risque d’obtenir exactement ce pour quoi on a payé : très peu.
Dominique illustre bien le danger : à 2 dollars, le contrat pourrait simplement autoriser le client à appeler le fournisseur, sans que ce dernier ait l’obligation d’intervenir. Tout est une question de ce qui est écrit dans le contrat.
Nicholas propose une métrique concrète pour avoir une base de comparaison : 100 dollars par endpoint par mois pour de la gestion d’équipement de base. Ce chiffre n’est pas arbitraire. Il correspond grosso modo au coût de remplacement d’une ressource IT interne qui accomplirait les mêmes tâches. Externaliser son IT à un MSP, c’est donc un transfert de responsabilité, pas nécessairement une économie radicale.
En dessous de ce seuil, les experts s’entendent : les garanties de service s’effritent, les processus internes du fournisseur sont probablement sous-financés, et la qualité du service devient imprévisible.
La discussion s’oriente naturellement vers le contenu attendu d’un bon contrat MSP. Dominique dresse une liste des services typiques :
Plus on ajoute de services dans le contrat, plus le prix augmente — logiquement. Et c’est là qu’intervient la notion de niveaux de service. Un site transactionnel qui doit fonctionner 24h/24, 7j/7, avec une intervention garantie en moins de deux heures même en pleine nuit, coûtera bien plus cher qu’un service de base. Mais en contrepartie, en cas de panne à 2h du matin, c’est le MSP qui se lève — pas le client.
Cyndie pose la question que beaucoup d’entreprises se posent sans oser l’avouer : comment identifier ses propres besoins quand on n’est pas soi-même expert en IT ?
Nicholas et Dominique suggèrent deux approches. Si l’entreprise dispose d’un responsable IT interne, celui-ci peut dresser la liste des tâches récurrentes ou maîtrisées à externaliser, tout en conservant en interne les décisions stratégiques. Si ce n’est pas le cas, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un expert indépendant capable de faire le pont entre les besoins réels de l’entreprise et l’offre des MSP sur le marché.
La notion de risque d’affaires est centrale dans cette démarche. Si un système doit absolument fonctionner en tout temps, il faut choisir un partenaire capable de garantir cette disponibilité. Si une panne le week-end est tolérable, un service moins coûteux peut suffire. L’analogie de l’assurance automobile est parlante : on coche d’abord tout ce qu’on veut, puis on regarde le prix et on réévalue ses priorités.
Dominique rappelle qu’un outil souvent sous-utilisé par les clients existe dans les contrats MSP : le service level agreement (SLA) assorti de pénalités. En définissant des taux de disponibilité (98 %, 99 %) et des délais de réponse contractuels, et en prévoyant des pénalités en cas de non-respect, le client dispose d’un levier concret pour s’assurer que le partenaire reste performant mois après mois. Comme le dit Dominique avec humour : « C’est comme dans le mariage, il faut être bon tous les jours. »
La discussion se conclut sur le sujet de l’offshoring. Le modèle à 2 dollars de l’heure impliquait manifestement une main-d’œuvre délocalisée dans des pays à faibles coûts de main-d’œuvre. Les experts nuancent : l’offshore n’est pas mauvais en soi. Des compétences existent partout dans le monde, et de nombreuses entreprises utilisent déjà des services offshore sans le savoir.
Le vrai risque est ailleurs : un partenaire qui réduit trop ses coûts ne pourra pas investir dans la formation de ses équipes. Or, un technicien offshore mal formé au contexte québécois pourrait redémarrer un serveur critique en pleine période de production fiscale, faute de sensibilisation aux réalités locales. La chaîne de confiance — et les certifications comme le SOC 2 ou l’ISO — doit s’étendre à l’ensemble des sous-traitants.
Choisir un MSP, ce n’est pas choisir le moins cher. C’est choisir un partenaire dont la santé financière garantit la pérennité du service, dont le contrat est clair et mesurable, et dont le niveau de service correspond réellement aux risques d’affaires de l’entreprise. Le prix est un indicateur, pas une finalité.

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