POP CONF’ #2 : L’invisibilisation des compositrices, quelle partition s’est jouée ?Mardi 17 février 2026 à 18h30 HORS LES MURS ⇢ à la Seine Musicale (Boulogne-Billancourt)Avec Léa Chevrier, formée en musique ancienne et sensibles aux questions féministes. Laureline Amanieux, autrice et réalisatrice de documentaires, toutes deux créatrices de l’installation "Un orchestre à soi". Mélanie Traversier, historienne et comédienne, professeure d’histoire moderne à l’université de Lille.Animée par Aliette de Laleu, journaliste chez France Musique, passionnée par l’histoire des femmes dans la musique classique.---Pouvez-vous citez le nom de 5 compositrices ? Difficile n’est-ce pas, alors que des noms masculins nous viennent directement en tête. Ce n’est pas le fruit du hasard si nous peinons à nommer des compositrices, c’est le résultat d’une longue amnésie collective et surtout de millénaires de domination masculine.Aujourd’hui encore, la place des œuvres composées par des femmes dans la programmation de concerts et festivals ne représente que 6%. Un chiffre vertigineusement bas qui, heureusement, tend à augmenter ces dernières années. Mais pourquoi une telle invisibilisation ? Comment les compositrices ont pu être oubliées à ce point de l’Histoire ? Cette disparition a-t-elle été savamment orchestrée ?Tout d’abord parce que l’accès à une profession musicale leur a longtemps été fermé. L’éducation musicale était accessible seulement aux femmes issues de classes sociales aisées. Or il était très mal vu pour les femmes de bonne famille d’exercer un métier fût-il artistique. Seule était envisageable une pratique de la musique en amatrice, un statut qui, de facto, ne leur a pas permis de monter sur scène, encore moins de publier et donc de se faire une place dans l’Histoire de la musique. Jusqu’en 1850, les classes de composition des conservatoires n’étaient pas accessibles aux femmes. Les bulles de liberté se résumaient à certains couvents où les nonnes pouvaient chanter et écrire de la musique, ou bien à certaines familles de musiciens ouvertes d’esprit, qui enseignaient la musique aussi bien aux fils qu’aux filles. Et pour les compositrices les plus brillantes, celles qui parvenaient à se frayer un chemin malgré tous ces obstacles, la musicologie, une discipline universitaire qui s’est développée au XIXe siècle – et donc là encore exercée principalement par des hommes – a pris soin d’effacer leur nom des dictionnaires de musique.