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Or


Vianney Lecointre, diacre du diocèse de Séez revient sur l'un des défis écologiques majeurs à relever: une mobilité décarbonnée...
"C’est un sacré virage qui se dessine. La Commission européenne a
proposé d’interdire à partir de 2035 la vente de voitures neuves à moteur
essence ou diesel. Je crois même que le constructeur Renault prévoit de
vendre 100 % de voitures électriques dès 2030.
On ne peut que saluer ce volontarisme. Dans un pays comme la France,
l’empreinte carbone moyenne par personne est de 9,9 tonnes de CO2, alors
qu’il faudrait descendre à 2 tonnes par personne pas plus, et ce dans les
meilleurs délais, pour enrayer le réchauffement climatique. Or la voiture est
l’un des plus gros postes : elle représente actuellement à elle seule plus de 2
tonnes d’émission de CO2 par personne et par an en moyenne.
Le développement des véhicules électriques me réjouit évidemment,
ayant personnellement milité pendant plusieurs années au sein de
l’association Normandie Mobilité Electrique. Il est porteur de réels progrès
en terme de diminution de la pollution atmosphérique ou même sonore.
Dans notre pays, grâce au nucléaire, la production d’électricité est
largement décarbonée : il n’y aura donc pas de report de pollution. De plus,
un des avantages des véhicules électriques est qu’ils possèdent une batterie
qui peut se recharger à tout moment, par exemple la nuit, alors que les
besoins en électricité sont par ailleurs plus faibles. Il n’y aura donc pas à
développer beaucoup de nouveaux moyens de production.
Toutefois, il n’est sans doute ni techniquement possible, ni souhaitable
que les presque 40 millions de véhicules thermiques que compte la France
soient purement et simplement remplacés à terme par autant de véhicules
électriques individuels.
Si l’on veut réellement « décarboner » les transports des personnes ou
des marchandises, le train est à privilégier pour les longues ou moyennes
distances. Si l’on veut rendre nos villes plus vivables et les désencombrer, il
faut redonner toute leur place aux transports en commun ou au vélo, qui
peut d’ailleurs être électrique aussi. Il faudra nécessairement mieux jouer
de la complémentarité entre les différents modes de déplacements, par
exemple avec des véhicules électriques en partage à disposition à partir des
gares.
Tirons le meilleur parti de ces changements technologiques pour faire
évoluer en profondeur nos usages grâce aussi à plus de sobriété, plus de
modularité, plus de solutions collectives. Il faut inventer de nouveaux
modèles de services publics des transports, revoir l’urbanisme et
l’aménagement des territoires. S’y prépare-t-on vraiment ? 2035, c’est
bientôt."
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Alain Charlier,Béatrice Ducellier,Thierry Grenet,P. Vincent de Labarthe,Anne-Cécile Suzanne,Marc Tesniere,Lecointre VianneyVianney Lecointre, diacre du diocèse de Séez revient sur l'un des défis écologiques majeurs à relever: une mobilité décarbonnée...
"C’est un sacré virage qui se dessine. La Commission européenne a
proposé d’interdire à partir de 2035 la vente de voitures neuves à moteur
essence ou diesel. Je crois même que le constructeur Renault prévoit de
vendre 100 % de voitures électriques dès 2030.
On ne peut que saluer ce volontarisme. Dans un pays comme la France,
l’empreinte carbone moyenne par personne est de 9,9 tonnes de CO2, alors
qu’il faudrait descendre à 2 tonnes par personne pas plus, et ce dans les
meilleurs délais, pour enrayer le réchauffement climatique. Or la voiture est
l’un des plus gros postes : elle représente actuellement à elle seule plus de 2
tonnes d’émission de CO2 par personne et par an en moyenne.
Le développement des véhicules électriques me réjouit évidemment,
ayant personnellement milité pendant plusieurs années au sein de
l’association Normandie Mobilité Electrique. Il est porteur de réels progrès
en terme de diminution de la pollution atmosphérique ou même sonore.
Dans notre pays, grâce au nucléaire, la production d’électricité est
largement décarbonée : il n’y aura donc pas de report de pollution. De plus,
un des avantages des véhicules électriques est qu’ils possèdent une batterie
qui peut se recharger à tout moment, par exemple la nuit, alors que les
besoins en électricité sont par ailleurs plus faibles. Il n’y aura donc pas à
développer beaucoup de nouveaux moyens de production.
Toutefois, il n’est sans doute ni techniquement possible, ni souhaitable
que les presque 40 millions de véhicules thermiques que compte la France
soient purement et simplement remplacés à terme par autant de véhicules
électriques individuels.
Si l’on veut réellement « décarboner » les transports des personnes ou
des marchandises, le train est à privilégier pour les longues ou moyennes
distances. Si l’on veut rendre nos villes plus vivables et les désencombrer, il
faut redonner toute leur place aux transports en commun ou au vélo, qui
peut d’ailleurs être électrique aussi. Il faudra nécessairement mieux jouer
de la complémentarité entre les différents modes de déplacements, par
exemple avec des véhicules électriques en partage à disposition à partir des
gares.
Tirons le meilleur parti de ces changements technologiques pour faire
évoluer en profondeur nos usages grâce aussi à plus de sobriété, plus de
modularité, plus de solutions collectives. Il faut inventer de nouveaux
modèles de services publics des transports, revoir l’urbanisme et
l’aménagement des territoires. S’y prépare-t-on vraiment ? 2035, c’est
bientôt."
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