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Or


Deux scènes célèbres, séparées par près de deux mille ans. La première se déroule en 330 avant notre ère, au cœur de l’Empire perse. Après une campagne fulgurante, Alexandre le Grand s’empare de la capitale cérémonielle des Achéménides, Persépolis. La ville est somptueuse, symbole d’un empire désormais vaincu. Pour célébrer la victoire, Alexandre organise un banquet fastueux. Les sources antiques sont formelles : le vin coule à flots. Au milieu de cette nuit d’excès se tient Thaïs, une courtisane athénienne qui accompagne l’un des généraux macédoniens. Portée par l’alcool et l’atmosphère de triomphe, elle prend la parole. Selon l’historien grec Diodore de Sicile, elle affirme que ce geste serait le plus grand exploit d’Alexandre en Asie, surtout s’il permettait, par la main des femmes, d’anéantir la gloire perse.
Alexandre, ivre et exalté, aurait alors saisi une torche. Ses compagnons, jeunes et eux aussi grisés par le vin, l’imitent. En quelques instants, les flammes envahissent les palais, dévorent les colonnes, réduisent en cendres des trésors et des bas-reliefs uniques. À l’aube, Persépolis n’est plus qu’un champ de ruines.
Deuxième scène. Nous sommes en juin 1520, près de Calais. Deux jeunes souverains dominent l’Europe de la Renaissance : Henri VIII, roi d’Angleterre, vingt-huit ans, et François Ier, roi de France, vingt-cinq ans. Leur rencontre doit sceller une amitié durable. Elle restera dans l’histoire sous le nom du Camp du Drap d’Or. Officiellement, les règles interdisent aux deux rois de s’affronter physiquement lors des tournois. Mais un jour, peut-être échauffé par l’ambiance et l’alcool, Henri VIII lance un défi à François Ier : un combat de lutte, en public. Le roi de France accepte. En quelques secondes, François projette Henri au sol. La scène est brève, mais humiliante.
Henri tente de sauver la face en défiant ensuite François au tir à l’arc, discipline dans laquelle l’Anglais excelle. Puis les deux souverains dînent ensemble, comme si de rien n’était. Officiellement, l’amitié tient. Officieusement, la blessure d’orgueil est profonde.
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By Sans déconnerDeux scènes célèbres, séparées par près de deux mille ans. La première se déroule en 330 avant notre ère, au cœur de l’Empire perse. Après une campagne fulgurante, Alexandre le Grand s’empare de la capitale cérémonielle des Achéménides, Persépolis. La ville est somptueuse, symbole d’un empire désormais vaincu. Pour célébrer la victoire, Alexandre organise un banquet fastueux. Les sources antiques sont formelles : le vin coule à flots. Au milieu de cette nuit d’excès se tient Thaïs, une courtisane athénienne qui accompagne l’un des généraux macédoniens. Portée par l’alcool et l’atmosphère de triomphe, elle prend la parole. Selon l’historien grec Diodore de Sicile, elle affirme que ce geste serait le plus grand exploit d’Alexandre en Asie, surtout s’il permettait, par la main des femmes, d’anéantir la gloire perse.
Alexandre, ivre et exalté, aurait alors saisi une torche. Ses compagnons, jeunes et eux aussi grisés par le vin, l’imitent. En quelques instants, les flammes envahissent les palais, dévorent les colonnes, réduisent en cendres des trésors et des bas-reliefs uniques. À l’aube, Persépolis n’est plus qu’un champ de ruines.
Deuxième scène. Nous sommes en juin 1520, près de Calais. Deux jeunes souverains dominent l’Europe de la Renaissance : Henri VIII, roi d’Angleterre, vingt-huit ans, et François Ier, roi de France, vingt-cinq ans. Leur rencontre doit sceller une amitié durable. Elle restera dans l’histoire sous le nom du Camp du Drap d’Or. Officiellement, les règles interdisent aux deux rois de s’affronter physiquement lors des tournois. Mais un jour, peut-être échauffé par l’ambiance et l’alcool, Henri VIII lance un défi à François Ier : un combat de lutte, en public. Le roi de France accepte. En quelques secondes, François projette Henri au sol. La scène est brève, mais humiliante.
Henri tente de sauver la face en défiant ensuite François au tir à l’arc, discipline dans laquelle l’Anglais excelle. Puis les deux souverains dînent ensemble, comme si de rien n’était. Officiellement, l’amitié tient. Officieusement, la blessure d’orgueil est profonde.
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