Sans déconner ?!

Quand l’alcool fait dérailler l’Histoire (2/4)


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À la fin du XVIIIᵉ siècle, George IV n’est encore que George, prince de Galles. Il est célèbre, mais pas pour les raisons que l’on attendrait d’un futur souverain. Les contemporains le décrivent comme un homme flamboyant, amateur de femmes, de fêtes… et surtout d’alcool. Ces plaisirs ont un coût : George accumule les dettes, au point de mettre le Parlement britannique dans une position délicate. La solution trouvée est simple et politique : le prince sera renfloué à condition d’épouser une princesse protestante « convenable ». Le choix se porte sur sa cousine germaine, Caroline de Brunswick. Le mariage est fixé au 8 avril 1795.


Les deux futurs époux se rencontrent pour la première fois quelques jours avant la cérémonie. La scène est restée célèbre. Après avoir brièvement enlacé Caroline, George se détourne et demande aussitôt un verre de brandy. Selon les récits de l’époque, il ne se remettra jamais vraiment de cette première impression. Caroline est jugée peu soignée, se lavant rarement, et sa réputation olfactive n’est guère flatteuse. De son côté, elle trouve George « très gros et pas beau ».

Le jour du mariage, au palais de St James, le futur roi est ivre. Tellement ivre qu’il peine à tenir debout, refuse un temps de poursuivre la cérémonie, et éclate en sanglots jusqu’à ce que son père, George III, l’ordonne de continuer.


Lorsque George devient roi en 1820, il interdit à Caroline, pourtant reine légitime, d’assister à son couronnement. Les tentatives de divorce échouent. La situation se résout brutalement : Caroline meurt moins de trois semaines après le sacre, probablement d’une maladie intestinale ou d’un cancer. Sur sa tombe, une épitaphe cinglante : « Ici repose Caroline, la reine outragée d’Angleterre. »


Vingt ans après 1795, l’alcool et les excès s’invitent à une tout autre échelle. De septembre 1814 à juin 1815 se tient le Congrès de Vienne, chargé de redessiner l’Europe après la chute de Napoléon. Officiellement, il s’agit d’un sommet diplomatique. En réalité, c’est aussi l’une des plus longues fêtes politiques de l’histoire. Près de 200 États y sont représentés. Des empereurs, des rois, un tsar, entourés de milliers de diplomates, de courtisans, de domestiques… et de maîtresses. Les négociations formelles existent, bien sûr, mais une grande partie des décisions se prennent dans les salons, les banquets et les bals.


Le tsar Alexander I of Russia est l’une des figures les plus remarquées. Beau, malheureux en ménage, doté d’un appétit sexuel notoire, il rivalise avec le ministre autrichien es Affaires étrangères, Klemens von Metternich dans une compétition permanente de séduction. Les deux hommes partagent parfois les mêmes amantes, tout en se méprisant cordialement. Malgré cette débauche permanente, le Congrès finit par aboutir. Lentement. Peut-être trop lentement. Car en mars 1815, l’évasion de Napoléon de l’île d’Elbe met brutalement fin aux réjouissances.

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Sans déconner ?!By Sans déconner