Que deviennent les SDF ? #2, réinsertion, mort, presse et éthique Dans le dernier épisode, indispensable à la compréhension de celui-ci (cliquez ici pour le trouver), nous avions parlé du début de l’enquête de Daniel Terrolle sur les SDF, avec comme question de base: « que deviennent les SDF ? ». Entre l’alimentation et la ville dissuasive, il y avait de quoi débuter une enquête ethnographique. Dans cet épisode, nous parlons de la réinsertion des sans abris dans la vie « normale », de la mort des SDF, de la presse qui peut « casser » une enquête en cour et on finit sur l’éthique… relative de certaines personnes. La mort, la presse et la réinsertion Comment sait-on qu’une réinsertion a marché ? C’est ainsi que nous avions finit l’épisode précédent. Si de l’argent est dépensé pour que les gens à la rue puissent revenir dans la vie « active », il serait bon d’avoir des statistiques précises sur le taux de réussite, ne serais-ce que pour comparer des techniques différentes. Pourtant… c’est pas si simple. Pareillement, si les SDF meurent dans la rue (quelle que soit la cause du décès), il serait bien de savoir quel est leur nombre. Encore une fois, c’est une donnée complémentaire de l’insertion, si 80% des sans abris meurent dans la rue… alors c’est qu’elle ne fonctionne pas. Pourtant… c’est pas si simple. Il est relativement rare qu’un anthropologue voit ses écrits apparaître dans la presse « grand public ». Daniel Terrolle a eu la chance de voir son article repris par de grands médias… La chance, vraiment ? Pas sûr. Citations Il conclut que bon… ça ne fonctionne pas, mais ça faut pas le dire. L’état leur file du fric sans obligation de résultats, et la réinsertion ne marche pas, mais ça faut pas le dire, tout le monde le sait dans le milieu, mais faut pas le dire. Ils sont noyés, si je puis dire, dans l’ensemble des inactifs, donc pas de statistique de mortalité. Et là, je me mets à enquêter sur la mort des SDF à Paris, alors c’est… extraordinaire. Quand un bac +10 vous dit qu’il ne comprend pas […]