Swing chronique

Qu'est-ce que c'est le swing ?


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durée : 00:05:12 - par : Raphaël Imbert - Le générique de notre Swing Chronique est un acte de naissance, à lui tout seul. Les quelques mesures d’introduction à la trompette de [Louis Armstrong](https://www.francemusique.fr/personne/louis-armstrong) dans _West End Blues_ en 1928 sont une gifle pour tout ceux qui ne prenaient pas au sérieux cette nouvelle musique fièrement créole et métisse. Il y a un avant et un après ce blues sublime, comme il y aura un moment **Bechet**, un moment **Charlie Parker** ou un moment **Jaco Pastorius**. Que l’on aime ou pas cette musique, qu’on l’accepte ou la combatte, il est désormais impossible d’ignorer son règne culturel, et son roi Armstrong. Au passage, Armstrong laisse ses compagnons de route, notamment **Earl Hines** au piano, révolutionner leur art respectif. Le jazz est affaire de virtuosité individuelle, mais aussi de fraternité collective.
♫ **Louis Armstrong** _West End Blues_, 28 juin 1928
Mais j’aimerais sortir des monuments historiques de cette musique pour répondre à la question que vous vous posez légitimement : c’est quoi, au juste, concrètement et musicalement, le swing ?
Nous pourrions disserter indéfiniment sur qui swing ou pas, sur la nécessité de la croche ternaire par rapport au binaire martial, sur l’inversion des temps forts et faibles et j’en passe. De toute façon, le swing ne se théorise pas, il se constate et se vit. Laissons **Armstrong** nous le démontrer dans un enregistrement beaucoup plus commercial de 1938, _Jeepers Creepers_, effectué dans le cadre d’un film hollywoodien à grand succès Going Places. L’orchestre excellent bien que scolaire, semble emporté par l’art transgressif du génie instrumental et vocal de **Satchmo**.
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Écoutez plus particulièrement les deux premières mesures de l’entrée vocale d’Armstrong. Il chante trois noires et quatre croches, le B.A.Ba de la musique, le cours élémentaire du solfège rythmique. Impossible à modéliser sur la partition, la précision et la décontraction à l’œuvre ici pourraient éventuellement se symboliser sur partition par une grande barre de liaison lyrique au dessus de la phrase, et un point sur chaque note pour montrer leur netteté radicale. Une impossibilité formelle pourtant bien audible ici. Armstrong en quelques notes démontre l’œuvre au noir du jazz et du swing, transgressant les codes de la beauté pour en inventer une nouvelle : l’alchimie qui rassemble les contraires, le swing comme pierre philosophale du paradoxe qui se joue des contradictions. - réalisé par : Catherine Prin-Le Gall
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Swing chroniqueBy France Musique