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Question: Qu’est-ce qu’une ordonnance d’institution positive?
Réponse: Il s’agit des ordonnances que Dieu requiert spécifiquement de son peuple. Dans la nouvelle alliance, le Seigneur a institué deux ordonnances particulières : le baptême et la cène. ~ Matthieu 28.19-20
Lisez l’introduction à cette doctrine ici
La distinction entre loi naturelle et positive est nécessaire pour bien comprendre certaines portions de la confession de foi (p. ex. : 1.6 ; 19.1, 2 ; 22.7). On retrouve à nouveau ce concept dans le premier paragraphe du chapitre 28 pour définir la nature des sacrements :
(Par. 1) Le baptême et la sainte cène sont des ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur, qui doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde.
Les sacrements ne viennent pas de la loi naturelle, mais sont des ordonnances positives. La loi naturelle découle de l’ordre moral inscrit par Dieu dans la création et accessible à tous par la révélation générale. Une ordonnance positive est une institution spécifique de Dieu, connue uniquement par une révélation spéciale et non par la nature. Adam avait la loi morale écrite sur son cœur ainsi qu’un commandement positif révélé uniquement par la Parole de Dieu (cf. 19.1).
D’entrée de jeu, cette distinction implique que les sacrements n’ont pas une application universelle, mais une application limitée et conditionnelle. En effet, la loi naturelle s’applique de façon universelle à tous les hommes tandis qu’une ordonnance positive ne s’applique que dans un cadre spécifique aux hommes concernés. Tous les hommes sont liés par la loi morale de Dieu révélée dans la nature et l’Écriture (Rm 2.14), mais seuls les descendants d’Abraham étaient liés par la circoncision qui était une loi positive (Gn 17.9-14 ; Rm 2.26-27). La loi morale ne peut jamais changer ni être abrogée, mais une loi positive peut cependant changer ou prendre fin (cf. 1 Co 7.19).
Ensuite la confession emploie un langage royal pour indiquer la provenance de ces « ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur ». Ces affirmations ont différents buts. Tout d’abord de rappeler que l’Église n’a l’autorité ni d’instituer des ordonnances ni le pouvoir de les redéfinir. Le devoir de l’Église est d’observer les ordonnances exactement comme elles lui ont été prescrites par le Seigneur, le souverain législateur. L’enjeu entourant le débat sacramentel n’est pas une question de préférence personnelle, mais de fidélité envers le Seigneur de l’Église.
Deuxièmement, en déclarant que ces ordonnances ont été instituées par Jésus lui-même (Mt 26.26-28, 28.19), la confession signifie que les sacrements doivent être régulés par la nouvelle alliance et non par l’ancienne. En cela, les baptistes n’adoptent pas le point de vue exprimé par la Confession de Westminster (27.5) voulant qu’il y ait une même substance spirituelle entre les sacrements de l’Ancien et du Nouveau Testament présentés sous une forme différente. Qu’il y ait une relation typologique entre les ordonnances des deux alliances est une évidence (1 Co 10.1-4), mais cette relation analogique n’implique pas nécessairement que les ordonnances aient la même substance (Col 2.17 ; Hé 10.1).
Cet argument de la priorité néotestamentaire fut central dans la défense du credobaptême au 17e siècle. Le baptême est une ordonnance de la nouvelle alliance; il doit conséquemment être défini par le Nouveau Testament. Nous ne pouvons pas utiliser les paramètres qui s’appliquaient à la circoncision pour définir ceux qui s’appliquent au baptême. Nous reviendrons sur les conditions d’admission au baptême dans l’exposition du prochain chapitre, mais pour l’instant il suffit de comprendre que le but du chapitre 28, paragraphe 1, est de rétablir les sacrements sur le fondement propre de la nouvelle alliance.
Terminons avec deux remarques supplémentaires concernant le lieu et la durée des ordonnances qui « doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde ». La première remarque est que les ordonnances ont été données à l’Église et non aux chrétiens individuellement. C’est dans le contexte de l’Église qu’il faut administrer le baptême et le repas du Seigneur (1 Co 10.17, 12.13). Les baptêmes privés ou séparés du contexte ecclésial sont problématiques, car ils séparent ce que Dieu a joint : l’Église et les sacrements. La cène ne doit pas être célébrée simplement entre chrétiens, mais « lorsque vous vous réunissez » (1 Co 11.20), c’est-à-dire lorsque l’Église est réunie pour rendre un culte au Seigneur.
La dernière remarque concerne la durée des ordonnances. Puisque des ordonnances positives peuvent être abrogées, comme le furent celles de l’ancienne alliance qui était passagère (2 Co 3.11), il est important de rappeler qu’en instituant ces ordonnances, le Seigneur Jésus a précisé qu’elles demeureraient en place jusqu’à son retour (Mt 26.29, 28.20 ; 1 Co 11.26). Ainsi, les ordonnances de la nouvelle alliance accompagnent la phase finale du plan de rédemption et ne doivent jamais être négligées ou abrogées par les hommes. Le baptême et le repas du Seigneur nous font regarder en arrière à la croix de Christ, en haut vers son règne présent, et en avant vers son retour glorieux.
830 mots
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Suivez cette série: de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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By Question: Qu’est-ce qu’une ordonnance d’institution positive?
Réponse: Il s’agit des ordonnances que Dieu requiert spécifiquement de son peuple. Dans la nouvelle alliance, le Seigneur a institué deux ordonnances particulières : le baptême et la cène. ~ Matthieu 28.19-20
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La distinction entre loi naturelle et positive est nécessaire pour bien comprendre certaines portions de la confession de foi (p. ex. : 1.6 ; 19.1, 2 ; 22.7). On retrouve à nouveau ce concept dans le premier paragraphe du chapitre 28 pour définir la nature des sacrements :
(Par. 1) Le baptême et la sainte cène sont des ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur, qui doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde.
Les sacrements ne viennent pas de la loi naturelle, mais sont des ordonnances positives. La loi naturelle découle de l’ordre moral inscrit par Dieu dans la création et accessible à tous par la révélation générale. Une ordonnance positive est une institution spécifique de Dieu, connue uniquement par une révélation spéciale et non par la nature. Adam avait la loi morale écrite sur son cœur ainsi qu’un commandement positif révélé uniquement par la Parole de Dieu (cf. 19.1).
D’entrée de jeu, cette distinction implique que les sacrements n’ont pas une application universelle, mais une application limitée et conditionnelle. En effet, la loi naturelle s’applique de façon universelle à tous les hommes tandis qu’une ordonnance positive ne s’applique que dans un cadre spécifique aux hommes concernés. Tous les hommes sont liés par la loi morale de Dieu révélée dans la nature et l’Écriture (Rm 2.14), mais seuls les descendants d’Abraham étaient liés par la circoncision qui était une loi positive (Gn 17.9-14 ; Rm 2.26-27). La loi morale ne peut jamais changer ni être abrogée, mais une loi positive peut cependant changer ou prendre fin (cf. 1 Co 7.19).
Ensuite la confession emploie un langage royal pour indiquer la provenance de ces « ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur ». Ces affirmations ont différents buts. Tout d’abord de rappeler que l’Église n’a l’autorité ni d’instituer des ordonnances ni le pouvoir de les redéfinir. Le devoir de l’Église est d’observer les ordonnances exactement comme elles lui ont été prescrites par le Seigneur, le souverain législateur. L’enjeu entourant le débat sacramentel n’est pas une question de préférence personnelle, mais de fidélité envers le Seigneur de l’Église.
Deuxièmement, en déclarant que ces ordonnances ont été instituées par Jésus lui-même (Mt 26.26-28, 28.19), la confession signifie que les sacrements doivent être régulés par la nouvelle alliance et non par l’ancienne. En cela, les baptistes n’adoptent pas le point de vue exprimé par la Confession de Westminster (27.5) voulant qu’il y ait une même substance spirituelle entre les sacrements de l’Ancien et du Nouveau Testament présentés sous une forme différente. Qu’il y ait une relation typologique entre les ordonnances des deux alliances est une évidence (1 Co 10.1-4), mais cette relation analogique n’implique pas nécessairement que les ordonnances aient la même substance (Col 2.17 ; Hé 10.1).
Cet argument de la priorité néotestamentaire fut central dans la défense du credobaptême au 17e siècle. Le baptême est une ordonnance de la nouvelle alliance; il doit conséquemment être défini par le Nouveau Testament. Nous ne pouvons pas utiliser les paramètres qui s’appliquaient à la circoncision pour définir ceux qui s’appliquent au baptême. Nous reviendrons sur les conditions d’admission au baptême dans l’exposition du prochain chapitre, mais pour l’instant il suffit de comprendre que le but du chapitre 28, paragraphe 1, est de rétablir les sacrements sur le fondement propre de la nouvelle alliance.
Terminons avec deux remarques supplémentaires concernant le lieu et la durée des ordonnances qui « doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde ». La première remarque est que les ordonnances ont été données à l’Église et non aux chrétiens individuellement. C’est dans le contexte de l’Église qu’il faut administrer le baptême et le repas du Seigneur (1 Co 10.17, 12.13). Les baptêmes privés ou séparés du contexte ecclésial sont problématiques, car ils séparent ce que Dieu a joint : l’Église et les sacrements. La cène ne doit pas être célébrée simplement entre chrétiens, mais « lorsque vous vous réunissez » (1 Co 11.20), c’est-à-dire lorsque l’Église est réunie pour rendre un culte au Seigneur.
La dernière remarque concerne la durée des ordonnances. Puisque des ordonnances positives peuvent être abrogées, comme le furent celles de l’ancienne alliance qui était passagère (2 Co 3.11), il est important de rappeler qu’en instituant ces ordonnances, le Seigneur Jésus a précisé qu’elles demeureraient en place jusqu’à son retour (Mt 26.29, 28.20 ; 1 Co 11.26). Ainsi, les ordonnances de la nouvelle alliance accompagnent la phase finale du plan de rédemption et ne doivent jamais être négligées ou abrogées par les hommes. Le baptême et le repas du Seigneur nous font regarder en arrière à la croix de Christ, en haut vers son règne présent, et en avant vers son retour glorieux.
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