On a grandi avec ces mots : « Destin commun ».
Une promesse, un idéal, presque une évidence pour toute une génération née après les accords. Mais derrière cette expression répétée à l’école, dans les discours politiques et les institutions, qu’avons-nous réellement construit en commun ?
Dans cet épisode, je pars de mon histoire, de mon enfance à Nouméa et de cette identité calédonienne multiple que j’ai longtemps pensée comme une incarnation évidente du « vivre-ensemble ». Jusqu’à me demander ce que cette idée pouvait vraiment signifier dans une ville où les communautés se côtoient sans toujours se rencontrer, où certains espaces restent profondément marqués par les inégalités, les frontières sociales et raciales, et par une histoire dont on parle encore difficilement.
Quel destin commun peut-on construire sans lieux communs ? Peut-on imaginer un avenir partagé sans regarder le passé qui nous sépare encore ?
Pour prolonger cette réflexion, j’ai donné la parole à d’autres jeunes de la génération post-Accord de Nouméa. Kanak, Vanuatais, Indonésiens, descendants d’Européens… Tous ont grandi à Nouméa avec, quelque part en arrière-plan, cette même promesse.
Je leur ai demandé ce que le « Destin commun » évoquait pour eux — et surtout comment ils avaient réellement vécu le vivre-ensemble.
Musiques utilisées :
Extreme - 5 mai 88
Cada - Kamo Pakaavac, Mangrove Productions, 2010
Chokaps - Pierrot (ft. SOLO 3N), DMBA RECORDS, 2020