1 Rois 19,9a.11-13a ; Psaume 84(85),9ab-10,11-12,13-14 ; Romains 9,1-5 ; Matthieu 14,22-33
« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?»
L’évangile de ce dimanche s’ouvre par une prise de distance de Jésus d’avec ses disciples qu’il oblige à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive tandis qu’il renvoie les foules qu’il avait nourri dans le désert. Jésus prend donc distance de son entourage et de la foule pour gravir la montagne, se mettre à l’écart et prier son Père dans le secret et le silence. Dieu se rencontre aussi dans le silence, à l’écart. C’est la découverte qu’aura fait Elie dans sa fuite face au danger de mort qui le menaçait : il gravit la montagne de l’Horeb et découvrit sur cette même montagne où Dieu s’était manifesté au temps de Moïse par des signes éclatants, que Dieu n’était pas dans l’ouragan, ni le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans le murmure d’une brise légère.
De leur côté, loin de Jésus et loin de la terre ferme, les disciples, ensemble dans la barque, sont ballotés par les vagues, le vent leur étant contraire. C’est la panique à bord et il fait nuit. Vers la fin de la nuit, Jésus vient vers eux en marchant sur la mer. Loin de les rassurer, cette vision sensée les apaiser, les épouvante davantage. Ils sont bouleversés et croient voir un fantôme. Pris de peur, ils se mettent à crier.
Jésus marchant sur ces eaux troubles prend alors la parole pour les rassurer et se faire reconnaitre aux milieux des vagues : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre, encore dans le doute, prend la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers les toi sur les eaux ». Jésus exauce sa demande et l’invite à le rejoindre en marchant sur ces eaux troubles. Mais pris de peur par la force des vents contraires, Pierre commence à s’enfoncer et s’écrie : « Seigneur, sauve-moi » ! Jésus intervient et le saisit l’invitant par la même occasion à avoir foi en lui malgré les eaux troubles et la force des vents contraires : il est là, présent et agissant, pourquoi douter et avoir peur ?! Et une fois dans la barque avec ses disciples, le vent tomba.
Cette expérience de la traversée des eaux troubles avec la venue et l’intervention de Jésus au milieu de la tempête permet aux disciples de le reconnaitre comme Fils de Dieu présent et agissant dans leur vie, les invitant par-là même à grandir dans la foi en lui qui est présent en tout temps, qu’on le voie ou pas, qu’on le reconnaisse ou pas ! Il nous invite à ne pas avoir peur, à faire confiance et traverser les adversités et vents contraires de nos vies le regard fixé sur lui seul, Jésus ! Car comme nous le dit le Psaume de ce dimanche, les projets de Dieu pour son peuple sont des projets de paix. J’écoute que dira le Seigneur ? « Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles. » Cette paix qu’Elie retrouve dans sa fuite vers l’Horeb dans le murmure d’une brise légère, cette paix que Paul désire pour ses frères de sang, les Israelites, leur souhaitant de tout son être de découvrir le Christ en Jésus, chemin, vérité et vie !
Que la parole de Dieu proposée à notre méditation de ce dimanche nous aide ainsi à prendre distance face aux adversités, à nous mettre à l’écart, pour prier dans le secret et le silence ce Dieu qui vient vers nous et est à nos côtés dans toutes nos traversées de désert et eaux troubles. Non seulement comme pour la foule, il nous nourrit avec compassion, mais il nous invite aussi à faire confiance, à avancer en lui tenant la main, en gardant le regard fixé sur lui, en restant à son écoute malgré les vents contraires, à grandir dans la foi en lui qui nous a fait et continue à nous faire passer des ténèbres à son admirable lumière !