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Raphaël Pichon dirige la Messe en si mineur de Bach


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Retour aux sources avec la version originale de 1733.

Bien que l’ampleur de cette messe la rende impropre à tout usage liturgique, une question demeure irrésolue : s’agit-il d’une œuvre luthérienne ou d’une messe catholique ? L’idée de « messe » appelle pour nous celle du catholicisme romain. D’autant que le texte du Credo stipule « Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam ». Or Bach était un luthérien fervent, à l’instar du prince-électeur.

Rappelons toutefois que ce dernier embrassait aussi la religion catholique en tant que roi de Pologne et que cette dualité de confession se retrouvait à Dresde à travers la présence de deux chapelles ducales. Pour Raphaëlle Legrand, « la Messe en si n’est peut-être que le reflet de cette ambivalence. C’est sans doute la raison pour laquelle on la considère souvent comme une œuvre œcuménique ». Un avis corroboré par Albert Schweitzer lorsqu’il voit jouer en cette Messe « le subjectivisme protestant » et « l’objectivisme catholique ».

Chacun des solistes a son moment de grâce

Raphaël Pichon a jeté son dévolu sur la version originelle de 1733 : « La genèse de cette « Grand-Messe », décrite déjà en 1811 par Carl Friedrich Zelter comme « vraisemblablement le plus grand chef d’œuvre musical que le monde ait jamais vu », est encore aujourd’hui en partie mystérieuse. Après avoir joué et enregistré pendant plusieurs années les Messes dites « luthériennes » (BWV 233 à 236) avec l’ensemble Pygmalion, un chemin logique nous a porté jusqu’à la version primitive de la Messe en si mineur BWV 232, autrement dit la « cinquième Messe Brève », ne comportant que le Kyrie et le Gloria, portant donc l’appellation de Missa, et écrite en 1733 à l’intention du Prince électeur de Saxe installé à Dresde. »

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Chacun des solistes a son moment de grâce : soulignons le bouleversant Emiliano Gonzalez-Toro dans le Benedictus (accompagné du traverso solo) ou l’expressive Lucile Richardot dans l’Agnus Dei. Mais on n’aura garde d’oublier la basse Christian Immler, parfaitement intégrée au délicates ondulations de la petite harmonie, ou la soprano Julie Roset, très à l’aise dans les vocalises. Soucieux de rendre audible chaque syllabe du texte, Raphaël Pichon dirige son ensemble Pygmalion avec ferveur et une constante clarté polyphonique.  Admiratif de ce chef-d’œuvre qu’il dirige toujours avec la même passion, Raphaël Pichon a gravé avec son ensemble la version originelle de 1733.

Jérémie Bigorie

Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur. Solistes, Pygmalion, Raphaël Pichon (2 CD Harmonia Mundi)

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin.

 

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