Chères Erreurs

Relation DRH-coach : la condition de succès que trop de coachs négligent


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Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Mireille Perdigeon, DRH externalisée depuis cinq ans, après vingt ans passés en entreprise. Elle accompagne aujourd'hui quatre PME en parallèle, en temps partagé. Son super-pouvoir : une capacité d'écoute si développée qu'elle se retrouve parfois dépositaire de secrets qu'elle n'a pas sollicités. Son regard sur le coaching est celui d'une professionnelle des RH qui prescrit, observe et évalue, sans jamais confondre son rôle avec celui des coachs.

Le point de départ : la chronique n° 29 de Chères Erreurs, Un client m'a remis des documents confidentiels qui ne lui appartenaient pas. Un jeune DRH, bien intentionné, me tend un dossier complet sur une cadre à coacher. Je prends le dossier sans oser le refuser. Je rentre chez moi. Je ne l'ouvre pas. Et je comprends en supervision que la déontologie des coachs n'est pas celle des consultants. Ces documents appartenaient à la salariée, pas à son entreprise. Ce n'était pas au DRH d'en disposer à sa place.

 

Mireille, elle, est de l'autre côté de la table. Et ce qu'elle dit mérite d'être entendu par tous les coachs qui travaillent en entreprise.

  • Ce qu'une DRH partage avec le coach, et comment.
    Mireille ne fait travailler que des coachs qu'elle connaît. C'est cette confiance préalable qui lui permet d'être transparente sur le contexte, tout en restant vigilante : elle partage ses perceptions, elle nomme que c'est son regard, pas une vérité. Elle ne touche jamais au plan personnel. Et elle rappelle que le secret professionnel des coachs commence dans le bureau de la DRH.
  • Le coaching ne répond pas à tous les maux.
    C'est l'apprentissage central de Mireille. Un manager trop directif apprendra peut-être deux ou trois techniques pour laisser plus de place à ses collaborateurs. Mais dans les moments de stress, ses travers reviendront. On ne change pas fondamentalement quelqu'un avec un coaching. Et c'est précisément pourquoi les attentes des managers doivent être travaillées en amont, dès la tripartite, dans des termes opérationnels, pour que chacun sache exactement à quoi s'attendre.
  • Ce qui manque aux DRH : un retour de fin de coaching.
    Mireille l'exprime clairement : elle aimerait, à la clôture d'un coaching, un rendez-vous informel avec le coach. Pas pour connaître le contenu des séances, mais pour avoir une mise à jour de sa perception initiale et des éléments qui lui permettront de mieux prescrire la prochaine fois. Ce besoin existe. Il est rarement satisfait. Les coachs qui y pensent, avec l'accord explicite des coachés, font la différence.
  • DRH et coach : des métiers complémentaires, pas concurrents.
    Mireille est catégorique : le coach ne prend pas la meilleure partie du métier de DRH. Il fait un travail qu'elle serait incapable de faire. Et elle, elle fait un travail qu'un coach ne ferait pas. Chacun à sa place, sans marcher sur les pieds de l'autre.

 

Pour illustrer cette conversation, Mireille évoque La Nuit étoilée de Van Gogh : un tourbillon d'informations, de mouvements, de voix qui clignotent dans tous les sens, qui ressemble à son quotidien de DRH multi-clients. Et en même temps, un tableau où rien n'est chaotique. Tout est organisé. C'est peut-être ça aussi, le travail : faire le tri dans ce mouvement permanent.

Un épisode pour les coachs qui travaillent en entreprise, et pour toutes les DRH qui se demandent comment mieux collaborer avec eux.

Retrouvez Mireille Perdigeon sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/mireilleperdigeon/

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Chères ErreursBy Cécile Guinnebault