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Rencontre avec le cinéaste Patric Chiha


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Lors du festival Entrevues de Belfort, le réalisateur Patric Chiha, fidèle habitué du rendez-vous, a partagé avec chaleur son parcours, ses inspirations et sa philosophie du cinéma. Dans une conversation riche et généreuse menée par l’équipe de Radio Flux4, Chiha a exploré les mystères qui animent ses œuvres, son rapport au mouvement, à la parole et à l’espace.

Belfort : Un Festival Fondateur

Chiha a rappelé avec émotion ses débuts au festival Entrevues, qui avait sélectionné son tout premier court métrage. Pour lui, ce festival reste un lieu unique, où les rencontres et les échanges permettent aux jeunes cinéastes de se sentir moins seuls. « Les festivals, c’est d’abord des fêtes », a-t-il confié. « On découvre, on partage et on tisse des liens qui durent toute une carrière. »

Filmer l’Inconnu et l’Indéfinissable

Interrogé sur le moteur de son travail, Chiha a expliqué que ses films naissent souvent d’une énigme ou d’une incompréhension. Qu’il s’agisse de la complexité des mathématiques, des paradoxes de la danse ou des contradictions humaines, le mystère nourrit son désir de cinéma. « Quand je ne comprends pas quelque chose, c’est là que le désir de filmer arrive », a-t-il expliqué, citant son admiration pour des œuvres qui posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.

Il évoque ainsi Bruno Reidal et Si c’était de l’amour, deux de ses films où il a tenté de capter l’invisible : l’énergie des corps, l’euphorie et la douleur mêlées.

La Danse et le Mouvement : Une Poétique du Corps

La danse occupe une place centrale dans l’œuvre de Patric Chiha. Pour lui, filmer la danse, c’est capturer le mouvement dans sa pureté, sans nécessité de récit ou de sens explicite. « Filmer de la danse, c’est comme filmer un train : le mouvement se suffit à lui-même », a-t-il expliqué avec humour.

Cette approche minimaliste lui permet de recentrer son regard sur l’humain, sur les gestes qui révèlent des vérités profondes et insaisissables. « La danse m’apprend à observer la vie et à me concentrer sur les rythmes, qu’ils soient physiques ou émotionnels. »

La Parole comme Geste

Chiha réfute l’idée d’un mépris pour la parole dans ses films, préférant la considérer comme un geste à part entière. Il s’amuse à observer comment les gens parlent : leurs hésitations, leurs répétitions, leurs tentatives de donner du sens à ce qui ne peut être totalement saisi. « Je ne cherche pas à ce que mes personnages disent des vérités, mais plutôt à montrer comment ils dansent avec leurs mots. »

Avec son regard curieux et sensible, il continue de nous inviter à explorer, à ressentir et à questionner le monde à travers ses films.

Journaliste : Nicolas Bezard et Öykü Sofuoğlu
Réalisation & Photo : Olivier Legras

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