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Oui, je sais, c’est l’heure de ma chronique, mais j’ai pas envie, j’ai pas la motive, juste envie de faire comme les invités là, du Brown Out et tout larguer moi aussi, quiter le job et pénardouiller à j’en-ai-plus-rien-à-battre-de-rien. Je sais pas si vous savez, Midi Bascule, ainsi que les invités déserteurs, mais l’horloge de l’apocalypse a été avancée à minuit moins 90 secondes mardi. Eh, pour vous faire une idée, en 1991, elle était à minuit moins 17 minutes. Putain, on a déjà grillé 15 minutes depuis que Reservoir Dogs est sorti en 1991 et que les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont signé un accord pour une réduction de 30% des armes nucléaires. Oui, je sais, vu d’ici, j’ai l’air d’inventer mais aussi incroyable que ça puisse paraître ça s’est réellement passé. Et là, en 2023, 32 ans plus tard, qu’est-ce qu’on fait dans les pays tunés, on réinjecte des milliards dans l’armement, genre au cas où ça pète, pour que ça pète vraiment de partout et partout, et qu’on soit quand même en mesure de bombarder les ruines du monde et nos propres cendres.
90 secondes putain. Et allez, hop, que tout le monde règle sa montre sur la fin des temps. Histoire que personne ne soit pris au dépourvu. C’est hyper important qu’on soit toutes et tous sur le même fuseau horaire au moment d’y passer. Oui, je sais, désolé, mais je suis tombé mardi sur l’info, par distraction, en général j’évite tout ce qui peut me pourrir la journée, voire la semaine, juste pour pouvoir continuer à être aussi décervelé que l’époque l’exige, et, là, raté, j’ai vainement tenté de détourner le regard, genre non les yeux, non, mais, trop tard, le mal était fait, bon, j’ai d’abord cru que c’était le titre d’un nouveau roman de Stephen King: l’Horloge de l’apocalypse, et franchement ça aurait été top, tu vois, genre le plaisir du frisson littéraire dystopique, mais non, c’est vraiment comme ça que s’appelle le cri d’alarme des scientifiques. Alors d’accord, c’est déjà étonnant que des scientifiques hyper pointus en soient encore à mesurer le temps à l’horloge, non, ils auraient appelé ça, je sais pas moi, l’Apple Watch de l’Apocalypse, au moins, ça ferait déjà plus paniquer les gens. Moi, comme je suis un peu littéraire, l’Horloge de l’apocalypse, ça marche sur moi, j’ai pas besoin qu’on me bullshite avec de la marque ou des néologismes high-tech, ça me prend tout de suite aux tripes et je tripe. Et donc: L’humanité n’a jamais été aussi proche de sa propre perte, selon les scientifiques qui s’occupent de l’horloge de l’apocalypse.
Et à Genève, dans la foulée qu’est-ce qu’on prend comme mesure urgente, hein, keske c’est-y-qu’on fait à Genève?
On s’apprête à abattre une petite forêt qui longe les berges d’un chemin de promenade et où, accessoirement, hibernent des écureuils pour y faire passer un tronçon de piste cyclable. Tronçon, ça porte vraiment bien son nom. Parce que tu comprends, quand viendra l’heure de l’apocalypse, ce sera une question de vie ou de mort de pouvoir décamper à fond sur ton vélo par des pistes cyclables flambant neuves tracées par l’État protecteur. Un peu comme dans l’Histoire sans fin, quand le néant te colle aux basques, dévore Fantasia, et que tu chevauches Falkor pour lui échapper sauf que là ce sera l’apocalypse et qu’il faudra te démerder avec ton vélo électrique. Alors, tu comprends, une piste cyclable plutôt que des arbres, ça s’impose. Qu’est-ce que tu veux faire avec des arbres, rien, à part grimper aux branches, les arbres c’est chiant, ça prend de la place pour rien en plus, eh, là c’est l’apocalypse qui s’amène, c’est pas le pitbull de Kevin qui trouve que tes mollets sentent la pâtée pour chien ou le fion canin. Grimper aux branches te servira à que dalle, à part, peut-être, à te prendre la foudre vengeresse de la fin des temps, un peu comme un Claude François de l’acrobranche un soir d’orage, non, sérieux, mieux vaut une piste cyclable. Au moins, tu peux tracer et tenter de semer l’apocalypse entre Carouge et Plainpalais. Enfin, si c’était moi, je ferais plutôt Plainpalais – Carouge parce qu’à Plainpalais t’arrives vite à la plaine de Plainpalais et c’est déjà en soi un avant goût d’un paysage de désolation laissé par l’apocalypse, ça rend un peu confus et désorienté alors que c’est vraiment pas le moment, putain, tu conduis un vélo et tu essayes d’échapper à l’apocalypse, tu dois rester focus, pas penser à Pagani.
Bon, en même temps, s’il reste que 90 secondes, le créneau est quand même méchamment serré pour lui échapper à l’apocalypse, même en roulant sur une piste cyclable flambant neuve ripolinée par l’État. 90 secondes, c’est même pas la peine d’enfourcher son vélo. Même pas le temps de se griller une clope, chié. Trois taffes et c’est toi qui part en fumée. Non, là, en 90 secondes, les seuls éventuellement capables de se faire une dernière fois plaisir, au moins, histoire de s’offrir une dernière fois le grand soir, c’et les éjaculateurs précoces. Ce sera enfin leur heure. Leur revanche sur la vie. A la fin des temps, eux au moins, non contents de jouir, ils riront les derniers.
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By Radio BasculeOui, je sais, c’est l’heure de ma chronique, mais j’ai pas envie, j’ai pas la motive, juste envie de faire comme les invités là, du Brown Out et tout larguer moi aussi, quiter le job et pénardouiller à j’en-ai-plus-rien-à-battre-de-rien. Je sais pas si vous savez, Midi Bascule, ainsi que les invités déserteurs, mais l’horloge de l’apocalypse a été avancée à minuit moins 90 secondes mardi. Eh, pour vous faire une idée, en 1991, elle était à minuit moins 17 minutes. Putain, on a déjà grillé 15 minutes depuis que Reservoir Dogs est sorti en 1991 et que les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont signé un accord pour une réduction de 30% des armes nucléaires. Oui, je sais, vu d’ici, j’ai l’air d’inventer mais aussi incroyable que ça puisse paraître ça s’est réellement passé. Et là, en 2023, 32 ans plus tard, qu’est-ce qu’on fait dans les pays tunés, on réinjecte des milliards dans l’armement, genre au cas où ça pète, pour que ça pète vraiment de partout et partout, et qu’on soit quand même en mesure de bombarder les ruines du monde et nos propres cendres.
90 secondes putain. Et allez, hop, que tout le monde règle sa montre sur la fin des temps. Histoire que personne ne soit pris au dépourvu. C’est hyper important qu’on soit toutes et tous sur le même fuseau horaire au moment d’y passer. Oui, je sais, désolé, mais je suis tombé mardi sur l’info, par distraction, en général j’évite tout ce qui peut me pourrir la journée, voire la semaine, juste pour pouvoir continuer à être aussi décervelé que l’époque l’exige, et, là, raté, j’ai vainement tenté de détourner le regard, genre non les yeux, non, mais, trop tard, le mal était fait, bon, j’ai d’abord cru que c’était le titre d’un nouveau roman de Stephen King: l’Horloge de l’apocalypse, et franchement ça aurait été top, tu vois, genre le plaisir du frisson littéraire dystopique, mais non, c’est vraiment comme ça que s’appelle le cri d’alarme des scientifiques. Alors d’accord, c’est déjà étonnant que des scientifiques hyper pointus en soient encore à mesurer le temps à l’horloge, non, ils auraient appelé ça, je sais pas moi, l’Apple Watch de l’Apocalypse, au moins, ça ferait déjà plus paniquer les gens. Moi, comme je suis un peu littéraire, l’Horloge de l’apocalypse, ça marche sur moi, j’ai pas besoin qu’on me bullshite avec de la marque ou des néologismes high-tech, ça me prend tout de suite aux tripes et je tripe. Et donc: L’humanité n’a jamais été aussi proche de sa propre perte, selon les scientifiques qui s’occupent de l’horloge de l’apocalypse.
Et à Genève, dans la foulée qu’est-ce qu’on prend comme mesure urgente, hein, keske c’est-y-qu’on fait à Genève?
On s’apprête à abattre une petite forêt qui longe les berges d’un chemin de promenade et où, accessoirement, hibernent des écureuils pour y faire passer un tronçon de piste cyclable. Tronçon, ça porte vraiment bien son nom. Parce que tu comprends, quand viendra l’heure de l’apocalypse, ce sera une question de vie ou de mort de pouvoir décamper à fond sur ton vélo par des pistes cyclables flambant neuves tracées par l’État protecteur. Un peu comme dans l’Histoire sans fin, quand le néant te colle aux basques, dévore Fantasia, et que tu chevauches Falkor pour lui échapper sauf que là ce sera l’apocalypse et qu’il faudra te démerder avec ton vélo électrique. Alors, tu comprends, une piste cyclable plutôt que des arbres, ça s’impose. Qu’est-ce que tu veux faire avec des arbres, rien, à part grimper aux branches, les arbres c’est chiant, ça prend de la place pour rien en plus, eh, là c’est l’apocalypse qui s’amène, c’est pas le pitbull de Kevin qui trouve que tes mollets sentent la pâtée pour chien ou le fion canin. Grimper aux branches te servira à que dalle, à part, peut-être, à te prendre la foudre vengeresse de la fin des temps, un peu comme un Claude François de l’acrobranche un soir d’orage, non, sérieux, mieux vaut une piste cyclable. Au moins, tu peux tracer et tenter de semer l’apocalypse entre Carouge et Plainpalais. Enfin, si c’était moi, je ferais plutôt Plainpalais – Carouge parce qu’à Plainpalais t’arrives vite à la plaine de Plainpalais et c’est déjà en soi un avant goût d’un paysage de désolation laissé par l’apocalypse, ça rend un peu confus et désorienté alors que c’est vraiment pas le moment, putain, tu conduis un vélo et tu essayes d’échapper à l’apocalypse, tu dois rester focus, pas penser à Pagani.
Bon, en même temps, s’il reste que 90 secondes, le créneau est quand même méchamment serré pour lui échapper à l’apocalypse, même en roulant sur une piste cyclable flambant neuve ripolinée par l’État. 90 secondes, c’est même pas la peine d’enfourcher son vélo. Même pas le temps de se griller une clope, chié. Trois taffes et c’est toi qui part en fumée. Non, là, en 90 secondes, les seuls éventuellement capables de se faire une dernière fois plaisir, au moins, histoire de s’offrir une dernière fois le grand soir, c’et les éjaculateurs précoces. Ce sera enfin leur heure. Leur revanche sur la vie. A la fin des temps, eux au moins, non contents de jouir, ils riront les derniers.
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