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Salut, audience intrépide et un peu suante, eh oui, c’est presque l’été, alors forcément, les gouttelettes d’aisselle sont au programme, ne nous mentons pas. Tu es bien sur Midi Bascule, l’émission qui ne pratique pas l’interruption publicitaire ni le placement de produit commercial - ce qui explique sans doute pourquoi elle n’émet financièrement qu’une fois par semaine et pendant une toute petite heure, de midi la chaude à 13 heures la bouillante sur l’antenne de l’indomptable Radio Vostok, tout aussi intransigeante en matière de mauvaises fréquentations.
Que d’accointances bassement commerciales, claquées au sol dans des flaques de lucre où se vautrent la grande finance de ce monde et ses produits dérivés qui nous bousillent la planète et, au passage, les conditions de vie d’à peu près tout ce qui vit… Ah, désolé, il fallait que ça sorte. Et donc, pas de compromis à Midi Bascule! Rébellion totale! Pas de pub! Eh oui, l’intégrité a un prix. Ou plutôt non. Pas de prix pour l’intégrité, ça ne s’achète pas. Il fallait bien qu’une poignée d’irréductibles se dévouent, eh ben c’est nous, le staff Bascule.
Pas de pubards dans nos relations proches, pas de contrat juteux qui lie nos destinées à une boisson énergisante ou à une nouvelle génération de smartphones… Abstinence! Austérité, sobriété! Tant pis pour la tune! L’équipe de Midi Bascule, cet été, on ira camper à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, à 7 km du Jet d’Eau, voilà pour nos vacances, faute d’avoir vendu nos âmes et nos voix pour doper la croissance et enfin bronzer en string fluo aux Maldives, un Perfect Colada dans le gosier pendant que le monde court, incontinent, à sa perte. Au moins, à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, au pire pendant que tu barbotes, tu te cognes contre un silure visqueux, pas contre un pubard huilé qui a capitalisé sur la ruine du monde pour se payer un Resort 5 étoiles à l’autre bout de la planète…
Alors non! Pas question de participer à ça! Pas question de prendre l’ascenseur social en fricotant avec des marques cotées en bourse qui dilapident nos dernières ressources et qui implémentent dans la tête des gens la pulsion de consommation. Comme une greffe pubardeuse d’un deuxième cerveau dédié à se faire stimuler par à peu près n’importe quoi de non-essentiel, comme on disait au temps jadis du Covid…
Scoop: je suis farouchement anti-pub. Rien. Même pas sur ma sape. Je refuse de porter des fringues avec les logos moches des marques. Soi-disant que ça empouvoirerait le charisme naturel des gens. Non mais on peut vraiment vous faire avaler n’importe quoi, tsss… Allons, allons, t’empouvoirer, il n’y a que des fringues noires qui peuvent faire ça, et je le prouve, regarde, t’as vu ce charisme, et pas la moindre marque. Bon, en radio, c’est plus difficile à prouver, évidemment. Mais les invités et les collègues peuvent témoigner. Témoignez s’il-vous-plaît.
En plus, le noir, c’est une façon de porter le deuil de toutes les bonnes décisions écologiques que l’humanité n’a toujours pas prises et ne prendra pas. Et de le faire savoir: dans un silence digne, quand tu te promènes sur les trottoirs de ces villes en sursis, d’où la nuit scintillent dans des vitrines inutilement illuminées, ces marchandises qui dans deux ans, six mois, une semaine, se retrouveront toutes aux Puces, ou bradées dans les seconde-mains, entassées aux côtés d’autres marchandises tout aussi vaines. Et là toi, tu vois, tout habillé de noir, sans marque, sans logo, sans rien. À cause de ce rien de la marque, tu portes le seul avenir possible sur toi, et tu fais signe avec ton noir pétant: Éteignez ces ineptes vitrines qui consomment de l’énergie dans le vide et qui ne servent qu’à nimber de lumière les idoles kitsch de ce monde finissant. Sans marques, quand on te regarde, tu ne transmets pas une pulsion d’achat à ton semblable. Tu ne lui codes pas dans la cervelle un de ces affreux logos à la pauvreté conceptuelle abyssale. Non, en noir, t’es digne.
Bon, je dis ça, je dis ça, mais j’ai jeté un œil sur les prévisions des investissements publicitaires mondiaux en 2023, Charles, Anne, qui produisez Bascule, tenez-vous bien, c’est 741 milliards de dollars d’investissement qui sont prévus, une augmentation de presque 6% en un an. J’dis ça, j’dis rien… Le numérique représente à lui seul les deux tiers de la croissance… Pour une petite radio indé qui émet sur le net et qui donne dans le podcast, dans un monde qui de toutes façons va dans le mur, faudrait être exagérément sentimental pour pas gratter un peu dans la manne et pouvoir se payer autre chose que Vésenaz Pointe-à-la-Bise en été. Ça fait deux ans qu’on se tient à nos grands principes, on peut bien se permettre un petit coup de mou pour la rentrée 2023, non?
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By Radio BasculeSalut, audience intrépide et un peu suante, eh oui, c’est presque l’été, alors forcément, les gouttelettes d’aisselle sont au programme, ne nous mentons pas. Tu es bien sur Midi Bascule, l’émission qui ne pratique pas l’interruption publicitaire ni le placement de produit commercial - ce qui explique sans doute pourquoi elle n’émet financièrement qu’une fois par semaine et pendant une toute petite heure, de midi la chaude à 13 heures la bouillante sur l’antenne de l’indomptable Radio Vostok, tout aussi intransigeante en matière de mauvaises fréquentations.
Que d’accointances bassement commerciales, claquées au sol dans des flaques de lucre où se vautrent la grande finance de ce monde et ses produits dérivés qui nous bousillent la planète et, au passage, les conditions de vie d’à peu près tout ce qui vit… Ah, désolé, il fallait que ça sorte. Et donc, pas de compromis à Midi Bascule! Rébellion totale! Pas de pub! Eh oui, l’intégrité a un prix. Ou plutôt non. Pas de prix pour l’intégrité, ça ne s’achète pas. Il fallait bien qu’une poignée d’irréductibles se dévouent, eh ben c’est nous, le staff Bascule.
Pas de pubards dans nos relations proches, pas de contrat juteux qui lie nos destinées à une boisson énergisante ou à une nouvelle génération de smartphones… Abstinence! Austérité, sobriété! Tant pis pour la tune! L’équipe de Midi Bascule, cet été, on ira camper à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, à 7 km du Jet d’Eau, voilà pour nos vacances, faute d’avoir vendu nos âmes et nos voix pour doper la croissance et enfin bronzer en string fluo aux Maldives, un Perfect Colada dans le gosier pendant que le monde court, incontinent, à sa perte. Au moins, à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, au pire pendant que tu barbotes, tu te cognes contre un silure visqueux, pas contre un pubard huilé qui a capitalisé sur la ruine du monde pour se payer un Resort 5 étoiles à l’autre bout de la planète…
Alors non! Pas question de participer à ça! Pas question de prendre l’ascenseur social en fricotant avec des marques cotées en bourse qui dilapident nos dernières ressources et qui implémentent dans la tête des gens la pulsion de consommation. Comme une greffe pubardeuse d’un deuxième cerveau dédié à se faire stimuler par à peu près n’importe quoi de non-essentiel, comme on disait au temps jadis du Covid…
Scoop: je suis farouchement anti-pub. Rien. Même pas sur ma sape. Je refuse de porter des fringues avec les logos moches des marques. Soi-disant que ça empouvoirerait le charisme naturel des gens. Non mais on peut vraiment vous faire avaler n’importe quoi, tsss… Allons, allons, t’empouvoirer, il n’y a que des fringues noires qui peuvent faire ça, et je le prouve, regarde, t’as vu ce charisme, et pas la moindre marque. Bon, en radio, c’est plus difficile à prouver, évidemment. Mais les invités et les collègues peuvent témoigner. Témoignez s’il-vous-plaît.
En plus, le noir, c’est une façon de porter le deuil de toutes les bonnes décisions écologiques que l’humanité n’a toujours pas prises et ne prendra pas. Et de le faire savoir: dans un silence digne, quand tu te promènes sur les trottoirs de ces villes en sursis, d’où la nuit scintillent dans des vitrines inutilement illuminées, ces marchandises qui dans deux ans, six mois, une semaine, se retrouveront toutes aux Puces, ou bradées dans les seconde-mains, entassées aux côtés d’autres marchandises tout aussi vaines. Et là toi, tu vois, tout habillé de noir, sans marque, sans logo, sans rien. À cause de ce rien de la marque, tu portes le seul avenir possible sur toi, et tu fais signe avec ton noir pétant: Éteignez ces ineptes vitrines qui consomment de l’énergie dans le vide et qui ne servent qu’à nimber de lumière les idoles kitsch de ce monde finissant. Sans marques, quand on te regarde, tu ne transmets pas une pulsion d’achat à ton semblable. Tu ne lui codes pas dans la cervelle un de ces affreux logos à la pauvreté conceptuelle abyssale. Non, en noir, t’es digne.
Bon, je dis ça, je dis ça, mais j’ai jeté un œil sur les prévisions des investissements publicitaires mondiaux en 2023, Charles, Anne, qui produisez Bascule, tenez-vous bien, c’est 741 milliards de dollars d’investissement qui sont prévus, une augmentation de presque 6% en un an. J’dis ça, j’dis rien… Le numérique représente à lui seul les deux tiers de la croissance… Pour une petite radio indé qui émet sur le net et qui donne dans le podcast, dans un monde qui de toutes façons va dans le mur, faudrait être exagérément sentimental pour pas gratter un peu dans la manne et pouvoir se payer autre chose que Vésenaz Pointe-à-la-Bise en été. Ça fait deux ans qu’on se tient à nos grands principes, on peut bien se permettre un petit coup de mou pour la rentrée 2023, non?
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