Aujourd'hui l'économie

Samsung: la descente en flammes


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Le Galaxy Note 7, le téléphone qui s'enflamme, est définitivement abandonné. Samsung a annoncé l'arrêt total de sa production. Cet accident industriel peut-il faire vaciller l'empire sud-coréen de l'électronique ?
 
D'après un vétéran américain de ce marché, c'est la plus grande catastrophe industrielle dans l'histoire du portable. Samsung a confondu vitesse et précipitation en mettant sur le marché, dès le mois d'août, un smartphone haut de gamme pour concurrencer l'iPhone 7 dont la sortie était pressentie quelques semaines plus tard.
 
Pour réaliser cette prouesse, le géant sud-coréen a visiblement fait l'impasse sur des essais complémentaires sur les batteries sorties de ses propres usines. Il expose ainsi sa réputation de sûreté et de sérieux qu'il a construite patiemment en devenant le premier groupe mondial d'électronique grand public.
 
Ensuite Samsung a pêché par excès de lenteur dans la gestion de la crise. La marque a réagi sous la pression des médias, en proposant l'échange des phablettes contre de nouveaux appareils. Mais les explosions ont continué. 35 au total. Les distributeurs et les autorités en ont tiré les conséquences avant le fabricant. En arrêtant complètement la production de ce petit bijou pourtant très apprécié des premiers clients, la direction du conglomérat espère bien éteindre définitivement l'incendie.
Cette affaire intervient en pleine guerre de succession.
Le président en titre de Samsung, Lee Kun Hee, a été terrassé par une crise cardiaque en 2014 ; depuis, il est sur un lit d'hôpital et ses enfants guerroient pour se partager l'héritage, un conglomérat tentaculaire. Samsung emploie 490 000 salariés. A lui tout seul, il représente 17% des exportations de la Corée du Sud. Outre son navire amiral Samsung Electronics, le groupe comporte des activités dans la construction navale, dans la chimie, le tourisme, des branches qui pourraient revenir aux deux filles du président. Lee Jay Yon, le fils aîné lui est en passe de décrocher le gros lot, il a été nommé administrateur de la branche électronique en pleine crise du Galaxy Note 7. S'il parvient à surmonter cette débâcle, il apparaitra comme le digne successeur de son père.
L'action de Samsung a perdu 8% de sa valeur aujourd'hui, quel sera le coût de ce fiasco ?
On a d'abord parlé de cinq milliards de dollars. C'est à peu près le montant des profits réalisés au troisième trimestre. Mais d'autres analystes évoquent le chiffre de 17 milliards de dollars. Cela reste supportable pour un groupe qui a une réserve de 69 milliards de dollars. Ce qui est plus difficile à évaluer, ce sont les dommages à long terme. Samsung doit rassurer ses clients, trouver les mots et les gestes pour rétablir la confiance. Sans quoi les ventes de ces téléphones et de ces autres produits pourraient en souffrir.
Par ailleurs, le groupe en perpétuel renouvellement a déjà entamé une reconversion. Depuis deux ans il développe le marché des semi-conducteurs et celui des écrans de télévision Oled pour compenser l'essoufflement du marché des portables. C'est grâce aux performances réalisés sur ces deux marchés que son bénéfice a augmenté de 6% cet été.
Samsung a démarré en 1938 dans le commerce du poisson séché. Et le successeur présumé du président alité, Lee Jay Yon, est en train de mettre le cap sur les biotechnologies en créant une nouvelle filiale Samsung Biologics.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI