Porte ouverte

Sébastien Bonetti, De Longwy 78 à Bures, en passant par l'éternité


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Sébastien Bonetti est journaliste au Républicain Lorrain à Longwy. Il est aussi journaliste, photographe et scénariste. Il est né en Lorraine dans une famille d'origine belgo-italienne, d'ouvriers et de mineurs de fer.
Après des études supérieures en géologie, puis l'obtention d'un diplôme d'études approfondies en Sciences de l'Information et de la Communication, il commence sa carrière de journaliste en presse quotidienne régionale mais aussi, en parallèle, il écrit des articles dans la presse alternative militante à partir de 2008, dans des médias nationaux indépendants comme Fakir, Offensive, Z, Bastamag, Reporterre, CQFD et A-Rivista, pour lesquels il signe des reportages nationaux et internationaux.

Il écrit et participe également à l'écriture de différents ouvrages collectifs sur l'immigration ou l'écologie. Photographe à ses heures (il est l'auteur de plusieurs expositions à Paris et en Lorraine), il découvre l'univers de l'audiovisuel en réalisant le documentaire A Bure pour l'éternité, projeté dans plus de 70 cinémas et centres culturels de France, et collabore avec ses images à des émissions sur Canal + et Arte. C'est son ami S. Jean-Noël Pierre, avec qui il a déjà travaillé sur A Bure pour l'éternité, qui l'a sensibilisé à l'histoire méconnue et néo-coloniale de l'archipelle des Chagos. Passionné par les écrits du penseur américain Noam Chomsky depuis de nombreuses années, il a été happé par cette aventure, dont l'objectif central sera de médiatiser l'un des grands drames du XXe siècle.
Dans son documentaire Absolutely Must Go, il relate l'histoire d'un peuple effacé de la carte du monde et déporté. De 1967 à 1973, en pleine Guerre froide, la famille Bancoult et près de 2000 autres Chagossiens sont dépossédés de leurs terres du fait du gouvernement britannique dont ils sont un Dominion.


Dans son nouvel essai, il se fait historien des luttes ouvrières et syndicales, enquête sur ce que fut la CFDT des années 1970, autogestionnaire et libertaire, c'est-à-dire pleine d'énergie et créative. Tout le contraire de ce qu'elle est devenue. La vraie question est pourquoi est-elle devenue ce qu'elle est aujourd'hui? Ce grand cadavre à la renverse, cette auxiliaire des puissants. Pourquoi est-on passé d'un syndicat de lutte créatif, déterminé et opiniatre, viscéralement anticapitaliste mais ouvert sur la vitalité du monde à un syndicat de collaboration patronale? Cela ne s'expliquerait-il pas par les choix réalistes des directions successives, de plus en plus réalistes c'est-à-dire de plus en plus collaboratives vis-à-vis des forces de l'argent? C'est en tout cas mon hypothèse.
Hiver 1978.

Alors que le gouvernement de Raymond Barre vient d’annoncer un vaste plan de restructuration de l’industrie siderurgique entrainant une suppression massive de 21000 emplois, des milliers de personnes se jettent dans les rues de Longwy en défense de « leurs » usines.
De toutes les organisations qui prennent part à la bataille, la section locale de la CFDT est l’une des plus actives. Héritière de la tumultueuse décennie post-68, elle contribue à sortir la lutte des lieux de travail et à élargir le champ des revendications en questionnant le sens de la production industrielle et la place des minorites dans l’univers siderurgique.

De l’occupation du crassier à l’enlèvement de Johnny Hallyday, de l’emprunt de la Coupe de France à la création d’une radio libre, du piratage de la television aux attaques du commissariat local, les actions que mene la CFDT propulsent Longwy à la une de l’actualité nationale durant plusieurs mois.

S’appuyant sur le témoignage de nombreux membres de l’organisation et sur de multiples archives, ce livre entend rendre compte de la vie de la CFDT Longwy au cours de cette periode.

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Porte ouverteBy Yann Porte