La maison mère de la messagerie mobile Snapchat, dont les adolescents raffolent, fait ce jeudi 2 mars son entrée à la Bourse de New York. Cette start-up américaine, créée en 2011, pourrait devenir un nouveau géant de l’internet.
L’objectif des deux fondateurs, deux jeunes Californiens pas encore trentenaires et déjà milliardaires, est ambitieux. Ils se sont payé le luxe de refuser toutes les offres de rachat qui leur ont été faites par Facebook, par le chinois Tencent, puis par Google. Aujourd’hui à Wall Street, ils espèrent lever 3 milliards de dollars, c’est-à-dire un montant inférieur à la meilleure offre qui leur a été faite. Mais qui leur permettra de poursuivre leur aventure en toute indépendance. La trajectoire de l’introduction en bourse de Snapchat paraît à peine croyable : avec un chiffre d’affaires en 2016 de 400 millions de dollars, la start-up ne gagne toujours pas d’argent, le nombre d’utilisateurs réguliers est en train de se tasser. Et pourtant, si la première séance de cotation se déroule comme prévu, la maison mère pèsera à la fin de la journée environ 20 milliards de dollars.
Plus de 2 800 fois le montant initial !
Le développement de Snap a été facilité par la présence à ses côtés de deux fonds de capital-risque.Le premier fonds a investi un an à peine après le lancement de l’application. L’un de ses dirigeants d’ailleurs n’y comprend pas grand-chose mais il voit que sa fille est devenue une accro et cela suffit pour le convaincre d’apporter un demi-million de dollars à l’entreprise. Sa mise de départ va lui rapporter aujourd’hui 1,4 milliards de dollars, c’est plus de 2 800 fois le montant initial. L’autre fonds qui empoche aujourd’hui un joli paquet a mis 13 millions de dollars en 2013. La plupart des géants du net naissent aux Etats-Unis grâce au gisement de geeks dans les universités de la côte ouest, mais aussi grâce à la présence de ces fonds avec un grand appétit pour le risque. C’est cet environnement qui a permis aux deux fondateurs de Snapchat installés, à Los Angeles, de conserver la main depuis leurs débuts.
Les start-up françaises ont-elles les mêmes outils à leur disposition ?
Pas vraiment, c’est pourquoi encore trop souvent les start-up françaises finissent par être vendues à un géant étranger qui les développera pour son propre compte. La pépite Captain Train a été rachetée au Royaume-Uni, Medtech est parti poursuivre sa route aux Etats-Unis. La présence de la Banque publique d’investissement aux côtés des start-up françaises les aide, car elle rassure mais cela ne suffit pas toujours. Beaucoup de jeunes pousses ont du mal à trouver du cash après leurs deux ou trois premières années d’existence. Or Snapchat, du haut de ces six ans, est déjà coté à Wall Street. Si l’opération réussit elle pourrait encourager d’autres licornes à l’imiter. Uber, Airbnb ou Dropbox s’interrogent sur leur future cotation.
Les licornes, des sociétés numériques non cotées promises à un bel avenir
Ce sont des grosses start-up qui pèsent déjà un milliard de dollars et qui ont les atouts pour devenir les Google de demain. Il y en a actuellement deux en France, Blablacar et OVH. Et plus de 80 aux Etats-Unis.