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Or


Avec Laurent Cordonnier, docteur en sciences sociales et directeur de la recherche à la Fondation Descartes, nous plongeons dans la première étude française qui mesure empiriquement l'impact des récits étrangers sur l'opinion publique. À partir d'un sondage auprès de 4000 Français sur quatre conflits majeurs (Ukraine-Russie, Hamas-Israël, France-Mali, Chine-Taiwan), cette recherche révèle un paradoxe : si les mécanismes de la désinformation sont désormais bien documentés, leurs effets réels demeuraient largement inconnus. Depuis plusieurs années, nous savons comment fonctionnent les fermes à trolls, les campagnes coordonnées, les manipulations algorithmiques. Mais changent-elles vraiment nos représentations des conflits en cours ?
Les résultats bousculent certaines idées reçues sur la vulnérabilité de nos démocraties. Contrairement aux craintes souvent exprimées d'une opinion publique facilement manipulable, les Français se montrent résilients face aux récits russes et chinois. Cette résistance s'explique notamment par le rôle structurant des médias traditionnels, qui demeurent de loin les plus consultés et les plus fiables aux yeux du public. Pourtant, l'étude identifie aussi des failles préoccupantes : les personnes qui s'informent principalement sur les réseaux sociaux, YouTube ou via les messageries instantanées sont significativement plus sensibles aux narratifs étrangers. Et surtout, si ces opérations d'ingérence peinent à modifier nos perceptions des conflits extérieurs, elles pourraient être bien plus efficaces pour polariser nos débats internes: là où les fractures préexistent et où les enjeux touchent directement les intérêt du pays.
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
"Ça montre qu'en France, les médias traditionnels restent extrêmement prescripteurs ou formateurs des opinions de la population. Bien plus qu'ils ne pensent eux-mêmes."
"Les réseaux sociaux, c'est un miroir déformant de notre réalité. Et c'est à la fois un miroir déformant et un miroir aux alouettes. J'avais l'impression que 50% de la population française était pro-russe. Je fais l'étude, je vois que l'item pro-russe arrive à peine à 20%. J'ai beau le savoir, ça ne m'empêche pas de me mettre dans un état un peu d'assiégé."
Un podcast proposé & produit par Opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
By Guillaume LeditAvec Laurent Cordonnier, docteur en sciences sociales et directeur de la recherche à la Fondation Descartes, nous plongeons dans la première étude française qui mesure empiriquement l'impact des récits étrangers sur l'opinion publique. À partir d'un sondage auprès de 4000 Français sur quatre conflits majeurs (Ukraine-Russie, Hamas-Israël, France-Mali, Chine-Taiwan), cette recherche révèle un paradoxe : si les mécanismes de la désinformation sont désormais bien documentés, leurs effets réels demeuraient largement inconnus. Depuis plusieurs années, nous savons comment fonctionnent les fermes à trolls, les campagnes coordonnées, les manipulations algorithmiques. Mais changent-elles vraiment nos représentations des conflits en cours ?
Les résultats bousculent certaines idées reçues sur la vulnérabilité de nos démocraties. Contrairement aux craintes souvent exprimées d'une opinion publique facilement manipulable, les Français se montrent résilients face aux récits russes et chinois. Cette résistance s'explique notamment par le rôle structurant des médias traditionnels, qui demeurent de loin les plus consultés et les plus fiables aux yeux du public. Pourtant, l'étude identifie aussi des failles préoccupantes : les personnes qui s'informent principalement sur les réseaux sociaux, YouTube ou via les messageries instantanées sont significativement plus sensibles aux narratifs étrangers. Et surtout, si ces opérations d'ingérence peinent à modifier nos perceptions des conflits extérieurs, elles pourraient être bien plus efficaces pour polariser nos débats internes: là où les fractures préexistent et où les enjeux touchent directement les intérêt du pays.
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
"Ça montre qu'en France, les médias traditionnels restent extrêmement prescripteurs ou formateurs des opinions de la population. Bien plus qu'ils ne pensent eux-mêmes."
"Les réseaux sociaux, c'est un miroir déformant de notre réalité. Et c'est à la fois un miroir déformant et un miroir aux alouettes. J'avais l'impression que 50% de la population française était pro-russe. Je fais l'étude, je vois que l'item pro-russe arrive à peine à 20%. J'ai beau le savoir, ça ne m'empêche pas de me mettre dans un état un peu d'assiégé."
Un podcast proposé & produit par Opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
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