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Journaliste à Libération, spécialiste du numérique, de la cybersécurité et des opérations d’influence, Amaelle Guiton enquête au quotidien sur les campagnes de manipulation de l’information. Des officines privées de l’affaire Black Core aux faux contenus ciblant le débat démocratique, elle explore dans cet entretien le piège tendu aux journalistes comme aux politiques : comment dénoncer et documenter ces attaques sans offrir aux manipulateurs la caisse de résonance qu'ils recherchent ? Entre l'émergence d'un mercenariat numérique sous-traité au plus offrant et la diplomatie du « mème » adoptée par le Quai d'Orsay, où se situe la frontière entre transparence légitime, risque de sur-amplification et dévaluation de la parole publique ?
Démêler les infrastructures techniques, pister les traces en open source et caractériser la menace : et si la meilleure arme contre la manipulation informationnelle ne résidait pas seulement dans la contre-attaque numérique, mais dans la compréhension du terreau social qui la rend efficace ?
Ce que vous pourrez entendre :
« C'est la paresse des opérateurs de ces campagnes qui permet les petites erreurs. Comme on le dit souvent en cybersécurité, le maillon faible se situe entre la chaise et le clavier. »
« On assiste, dans les manipulations de l'information, à l'émergence d'une forme d'ubérisation avec des boîtes privées, de la sous-traitance et des commanditaires très variés. »
Un podcast proposé & produit par Opsci.ai & distribué par Binge Audio
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation son & coordination : Romane Mugnier
Réalisation vidéo : Alban Robert
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Arrêté d'expulsion estival, gel des avoirs financiers et recours rejeté en justice : le cas de Xenia Fedorova, ex-patronne de RT France devenue consultante influente dans le giron du groupe Bolloré, a secoué le paysage médiatique et politique français.
Pourquoi les autorités françaises ont-elles mis autant de temps à agir ? Comment des narratifs pro-Kremlin et la banalisation de crimes de guerre ont-ils pu être "blanchis" sur des canaux télévisés nationaux ? S'agit-il d'un simple coup d'éclat politique ou d'une réelle menace d'ingérence à l'approche des échéances électorales ? Pour ce tout premier numéro de Rebond, le format d'analyse à chaud de Propagations, nous recevons Maxime Audinet, chercheur, titulaire de la chaire « Influence et contre-influence » à l’Inalco et spécialiste des stratégies d'influence russes. Ayant lui-même fait face à 4 ans et demi de poursuites judiciaires (procès-bâillon) intentées par RT France, il décortique sans gants les méthodes, les convergences idéologiques et le vertige démocratique que pose cette affaire.
Un podcast proposé & produit par opsci.ai & distribué par Binge Audio
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation son : Romane Mugnier
Réalisation vidéo : Alban Robert
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Romain Pigenel a dirigé l'influence numérique de la campagne de François Hollande en 2012 avant de prendre la tête du numérique à l'Élysée puis au SIG. Il est aujourd'hui directeur de la communication de l'ENS. Quatorze ans après avoir inventé les "riposte parties", il revient sur la généalogie d'une communication politique devenue industrielle, des blogs des années 2000 aux mèmes générés par IA de la Maison Blanche.
Qu'est-ce que la professionnalisation de la communication politique a changé au débat démocratique ? Entre l'effet de meute né dès 2012 et la stratégie du rire de Donald Trump, où s'arrête l'usage légitime des réseaux sociaux et où commence la dérive vers le harcèlement coordonné ? Et que retenir de ces exemples à l'aube d'une année électorale particulièrement indécise ?
Au programme :
Production: Justin Poncet
Animation: Guillaume Ledit
Réalisation son: Romane Mugnier
Réalisation vidéo: Alban Robert
Graphisme: Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Allan Deneuville est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Bordeaux-Montaigne, chercheur à GEODE et responsable du pôle recherche d'Open Facto. Ce spécialiste des arts visuels a plongé dans l'enquête en source ouverte, au point d'y consacrer un ouvrage OSINT : enquêtes et démocratie (INA). Cette méthode devenue à la fois contre-pouvoir citoyen et arme informationnelle, l'interroge. Il en démonte les formes visuelles pour comprendre comment elles peuvent être imitées, détournées, retournées.
L'enquête en source ouverte a longtemps porté une promesse démocratique : la vérité par les données, vérifiable par tous. Mais sa grammaire visuelle s'apprend... et ce qui s'apprend s'imite. Que reste-t-il de l'OSINT quand la désinformation d'État en épouse les codes, et quand la factualité elle-même est attaquée de toutes parts ?
« C'est un peu pauvre de dire : "Ce n'est pas de l'OSINT parce que ce sont des méchants, et l'OSINT c'est les gentils." En fait, ce sont exactement les mêmes techniques. »
« Ce qu'il faut sauver avec l'OSINT, c'est, d'une certaine manière, la démocratie libérale. »
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Doctorant en sciences cognitives sociales à l'Institut Jean-Nicod, Grégoire Darcy publie La désinformation (Repères, La Découverte), une synthèse de dix ans de littérature scientifique sur le sujet. À rebours du discours ambiant, il refuse d'y voir un épiphénomène marginal autant qu'un instrument tout-puissant. Il décrit un phénomène statistiquement rare mais socialement concentré, qui prospère sur des vulnérabilités bien réelles.
Darcy s'attache au cours de l'entretient à donner les chiffres de la prévalence réelle de la désinformation, à démonter l'idée que le faux circulerait toujours plus vite que le vrai, et à séparer des effets directs difficilement prouvés des effets indirects sur la confiance.
Au programme :
— Comment mesure-t-on réellement la prévalence de la désinformation, et pourquoi les sondages déclaratifs ne disent pas ce qu'on croit ?
— Le faux circule-t-il vraiment six fois plus vite que le vrai ? Ce que l'étude Vosoughi (Science, 2018) établit, et ce que ses lecteurs lui ont fait dire.
— Sommes-nous crédules ? Une méta-analyse sur plus de 190 000 individus suggère que nous péchons surtout par excès de scepticisme.
— Pourquoi adhérer au faux peut être rationnel socialement, quand ça ne l'est pas épistémiquement.
— Le cadrage dominant de la « crédulité » : pourquoi il est incomplet, et pourquoi il résiste aux données (étude Darcy & Altay sur les professionnels du secteur).
— Que ferait Darcy avec 5 milliards d'euros sur cinq ans ? Une stratégie « en portefeuille » : fact-checking positif, refinancement de la presse régionale, observatoire interministériel.
Ce que vous pourrez entendre :
« Ce qui est irrationnel épistémiquement peut, en revanche, être rationnel socialement. »
« On peut écoper par du fact-checking autant qu'on veut le bateau qui coule, mais il faut aussi colmater la brèche. »
Retrouvez ici la bibliographie constituée par Grégroire Darcy
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
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Pour son forum annuel, Viginum a ouvert ses portes à celles et ceux dont le métier est de douter de l'État : journalistes, ONG, chercheurs, fact-checkers. Propagation(s) y était. Marc-Antoine Brillant, chef du service de lutte contre les ingérences numériques étrangères, dresse le bilan de cinq ans d'existence ; en marge, des praticiens du contre-jeu informationnel prolongent la conversation. L'angle : ce que dit cette ouverture du déplacement de la frontière entre menace étrangère et reprise domestique.
Le mandat de Viginum s'arrête à ce qui vient de l'étranger. Mais un narratif forgé à Moscou ne s'arrête pas à cette frontière : il est repris, reformulé, blanchi par des acteurs nationaux que rien n'oblige à dire d'où ils tiennent leurs récits. Que met en place une démocratie pour traiter cet espace que personne n'occupe en propre, sans toucher à la liberté de la presse qu'elle prétend défendre ?
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
« Pour eux, ces acteurs étrangers malveillants, la confiance est une cible. Pour nous, c'est notre trésor à défendre. » — Marc-Antoine Brillant
« D'abord, il y a la récupération des narratifs étrangers par des acteurs et le blanchiment de ces narratifs par des acteurs nationaux. » — Hervé Letoqueux
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Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
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Nadia Guerouaou, docteur en neurosciences cognitives et psychologue clinicienne, a mené sa thèse à l'IRCAM, au CNRS et à Sorbonne Université sur les filtres vocaux émotionnels. Elle publie Notre cerveau sous influence aux éditions Eyrolles, une enquête systémique sur les IA génératives comme technologies affectives qui paramètrent en temps réel l'expression de nos émotions et reconfigurent le paysage moral de nos sociétés.
Que devient la confiance lorsqu'un sourire se synthétise et qu'une voix se clone en quelques secondes d'audio ? Quels acteurs détiennent ces capacités de façonnement et selon quelle logique ? Et que reste-t-il de la délibération démocratique si nos affects, devenus paramétrables, se voient neutralisés au nom du bien-être collectif ?
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
« Avec cette technologie-là, de plus en plus, on va déléguer à la fois l'expression, mais aussi l'interprétation, la reconnaissance émotionnelle. »
« En appliquant ce mute algorithmique sur certains discours d'insatisfaction qui peuvent être véhiculés par de la colère, on se prive aussi de l'accès à des informations qui sont importantes pour notre société. »
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
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Historienne spécialiste des États-Unis et chercheuse associée à l'Université Sorbonne Nouvelle (CREW), Maya Kandel suit le mouvement national-conservateur américain depuis 2016. Auteure d'Une première histoire du trumpisme (Gallimard, 2025) et de la série Les sombres mages de la Maison Blanche pour Mediapart, elle décortique l'appareil de propagande para-médiatique du second mandat Trump et la stratégie de pourrissement du débat public qui en constitue le moteur.
Comment une administration en vient-elle à gouverner par memes, posts sur Truth Social et vidéos générées par IA ? Pourquoi la Maison Blanche s'est-elle muée en entreprise médiatique sélectionnant ses propres journalistes, effaçant 150 000 pages gouvernementales et licenciant les producteurs de statistiques officielles ? Que reste-t-il du réel quand un État en fait l'adversaire ?
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
« Je pense qu'il y a vraiment une stratégie délibérée de pourrissement du débat public. (...) Là, oui, c'est une guerre contre le réel. »
« Le grand succès du trumpisme, c'est de proposer une forme de synthèse des deux récits dominants qu'on a depuis l'après attentat du 11 septembre 2001 : ce récit civilisationniste (...) et du récit complotiste. »
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Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
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Marie-Doha Besancenot, conseillère en communication stratégique au cabinet du ministre Barrot et ex-secrétaire générale adjointe de l'OTAN pour la diplomatie publique, et Paul Charon, directeur du domaine renseignement, anticipation et stratégie d'influence à l'IRSEM et sinologue, incarnent deux postes d'observation rares. De l'immuabilité doctrinale otanienne à l'agilité réactive du Quai d'Orsay, ils interrogent une question qui traverse tout le podcast : qui fabrique les récits, et comment riposter sans les subir.
Si le récit est le soubassement de presque toute opération d'influence, comment l'analyser pour mieux le démonter ? La narratologie peut-elle armer la contre-influence ? Et pourquoi le répertoire d'action chinois, massif et largement physique, échoue-t-il à Taïwan là où il prospère ailleurs ?
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
« Avant, là où on allait argumenter directement, aujourd'hui, on raconte une histoire. »
« C'est le seul endroit où on peut observer l'entièreté du répertoire d'action chinois. »
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
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Chloé Debiève a passé deux ans et demi au Centre interarmées de concepts, de doctrines et d'expérimentations (CICDE) à participer à la doctrine française d'influence et de lutte informationnelle. Désormais consultante, elle déchiffre ce qui se joue quand l'inondation de l'espace public devient une stratégie en soi, et non plus un simple effet de bord des plateformes. De la Roumanie à la Hongrie, des chaînes d'info en continu à TikTok, elle déplace le regard du « faux » vers le « trop ».
L'enjeu n'est plus seulement la fake news qui circule, mais le milieu dans lequel elle trouve les bonnes conditions pour se propager. Comment lutter contre une manipulation qui ne s'appuie pas sur le mensonge, mais sur l'épuisement, la perte de repères et la confusion entre vrai et faux ? Et que reste-t-il de l'espace public habermassien à l'heure du flood the zone with shit ? Autant de passionnantes questions qu'on aborde avec elle.
Au programme :
Ce que vous pourrez entendre :
« C'est grâce au trop qu'on a le faux. »
« On a créé des réseaux pour se rapprocher, on s'éloigne. »
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Autour de nous, des batailles silencieuses font rage. Pas de mouvements de troupes visibles, mais des récits propagés, des croyances fabriquées, des éléments de langage amplifiés.…
Propagations propose une analyse systémique des conflits informationnels. Chaque mardi, Guillaume Ledit reçoit chercheurs et experts pour décoder les mécanismes de la désinformation, de l'ingénierie sociale et des ingérences étrangères.
Au programme : sociologie des réseaux, géopolitique numérique, psychologie cognitive, analyse des propagandes... Une approche interdisciplinaire pour comprendre la menace qui pèse sur nos démocraties.
L'objectif ? Outiller les citoyens pour résister aux tentatives de manipulation informationnelle et revivifier notre espace public commun.
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation son: Romane Mugnier
Réalisation vidéo : Choses Communes
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.