Sophie au pays des possibles

Sophie au pays des possibles

By Sophie LemaîtreSociety & Culture
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Sophie au pays des possibles episodes

  • #6 Profession? Procureure anti-corruption avec Marianne Djupesland (Økokrim)

    Marianne Djupesland est l’invitée de ce sixième épisode. Elle a 55 ans et depuis 2004 elle est Procureure au sein d’Økokrim, le bureau en charge des crimes économiques et environnementaux en Norvège. Marianne nous parle de son parcours (3:51). Elle a fait des études de droit et a étudié à l’étranger en France et au Pays de Galles. Elle a d’abord travaillé au ministère des affaires étrangères, puis dans un cabinet d’avocats avant de devenir juge assistant et procureur. Elle nous parle de sa première affaire de corruption (6:19). Marianne présente ensuite Økokrim ainsi que son mode de fonctionnement (7:28). Elle nous raconte son quotidien de procureur qui est varié (10:09). Elle suit les enquêtes dès le début, travaille de manière étroite avec les policiers, prend contact avec ses homologues à l’étranger pour obtenir des informations, fait des résumés de l’investigation, met en examen des personnes, plaide devant le tribunal, etc. Økokrim est en charge des plus grandes affaires ce qui demande de mobiliser d’importantes ressources (14:16). Chaque procureur traite en moyenne entre 5 et 6 dossiers. A titre de comparaison, en France, c’est plutôt autour de 30 dossiers par procureur. Marianne nous explique ensuite pourquoi une affaire peut prendre plusieurs années avant qu’un procès ne s’ouvre, surtout quand l’information et la preuve se trouvent à l’étranger (16:57). Si c’est le cas, alors il faut entamer des démarches officielles pour obtenir l’information dans chaque pays concerné. Dans une affaire qu’elle a traitée, il a fallu l’assistance de 14 pays pour établir les faits. Il est ensuite question des progrès réalisés ces dernières années en matière de lutte contre la corruption (20:56). Selon Marianne, il y a encore de nombreux défis à relever. Ainsi, par exemple parce que la coopération internationale prend du temps ou encore parce qu’il n’y a pas de police internationale (22:51). Elle nous explique aussi en quoi les journalistes jouent un rôle important et comment les révélations comme les Panama Papers ou Pandora Papers peuvent aider les procureurs (24:54). Nous discutons également des difficultés qu’elle rencontre au quotidien (28:50) ainsi que des risques qu’encourent les procureurs lorsqu’ils enquêtent sur ces grosses affaires de corruption et d’évasion fiscale (31:38). Pour terminer l’épisode, Marianne conseille de mettre les questions de corruption au cœur des élections et de soutenir la presse indépendante (37:02).

    Pour aller plus loin :

    Retrouvez toutes les références et ressources liées à cet épisode sur https://www.sophieaupaysdespossibles.com/

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    Crédits :

    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en novembre 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Fanny Cohen Moreau.

    Abréviations utilisées dans l’épisode :

    · Eurojust = Agence européenne en charge de la coopération judiciaire entre les Etats membres

    · OCDE = Organisation de coopération et de développement économiques

    · UNCAC = Convention des Nations unies contre la corruption

    40 min
  • # 5 Penser autrement avec Alain Deneault (Philosophe)

    Alain Deneault est l’invité de ce cinquième épisode. Il a 51 ans, il est professeur de philosophie et aussi auteur de nombreux ouvrages sur la criminalité économique et financière. Alain nous explique comment il en est venu à s’intéresser à la corruption, à l’évasion fiscale et au blanchiment d’argent (4:21). Puis, on a discuté de deux concepts : l’Etat et la souveraineté (7:30). Pour Alain, on ne peut plus penser la souveraineté au singulier. Outre la souveraineté étatique, il faut tenir compte de la souveraineté criminelle qui prend racine dans les législations de complaisance ou encore les paradis fiscaux (9:04) et de la souveraineté du peuple (11:05). Alain nous parle aussi des multinationales et affirme que nous sommes mal outillés pour penser les multinationales. Par exemple, dire que Total est une entreprise pétrolière française est faux et il nous explique pourquoi (14:43). Alain questionne le vocabulaire utilisé comme les paradis fiscaux, la fondation caritative ou encore la fiducie (21:35). Selon lui, ce vocabulaire est un piège car il dissimule la réalité (24:52). Il s’interroge également sur le rôle et la place du droit (30:37). Alain nous parle ensuite du Canada. Il revient sur l’image idyllique de ce pays alors que son histoire coloniale est dramatique (35:25). Le pays a, par ailleurs, contribué à bâtir les paradis fiscaux (37:15). Le Canada est aussi un paradis pour les entreprises minières car il offre un cadre juridique avantageux (39:58). Les intérêts publics et privés se confondent et cela se traduit par une diplomatie qui défend l’intérêt des entreprises minières à l’étranger (44:21). Nous discutons aussi des dangers liés au financement de la recherche par les entreprises (48:18). Comment agir ? Alain propose de se réapproprier les concepts et le langage en adoptant une pensée critique et en choisissant nos mots en conséquence (52:58). Enfin, il croit aussi en la capacité des citoyens à s’organiser pour faire face au changement climatique (59:49).

    Pour aller plus loin :

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    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en aout 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Fanny Cohen Moreau et Sophie Lemaître.

    1 hr 4 min
  • #4 27 millions d’espoir avec Ketakandriana Rafitoson (Transparency International Madagascar)

    Ketakandriana Rafitoson est l’invitée de ce quatrième épisode. Militante, défenseure des droits humains et chercheure en sciences politiques, elle est également Directrice exécutive de la branche nationale de Transparency International à Madagascar. Ketakandriana commence par nous présenter Madagascar (3:25). Puis elle revient sur son parcours, en particulier son cheminement qui l’a petit à petit conduite à s’engager dans la lutte contre la corruption (5:04). Que ce soit comme magistrate ou comme directrice de la législation au sein de l’office de régulation de l’électricité, elle a été directement confrontée à la corruption. Ketakandriana présente les activités de Transparency International Madagascar qui sont regroupées autour de 4 grands programmes : le secteur social (santé et éducation), le secteur des ressources naturelles, la transparence dans le domaine des finances publiques et enfin l’intégrité politique (9:42). Transparency International Madagascar fait de la recherche-action, du plaidoyer et a mis en place un réseau de journalistes d’investigation (13:28). Ketakandriana revient aussi sur le fait que la société malgache est une société silencieuse qui n’a pas l’habitude de dénoncer les pratiques de corruption (16:33). Nous nous arrêtons un instant sur le lien entre covid-19 et corruption : Ketakandriana rappelle que la corruption tue tout autant que le covid et que les fonds perçus par Madagascar pour gérer la crise ont été mal gérés (20:00). Elle cite deux affaires emblématiques (21:55). Il y a également eu de la corruption au niveau de la distribution des aides sociales versées à la population (23:25). Elle parle ensuite des pratiques de corruption dans le secteur des ressources naturelles qui mêlent trafiquants, personnalités haut placées et corruption à tous les maillons de la chaîne (29:22). Elle prend l’exemple de l’exploitation du poivre, du girofle, du café, de la vanille et de la pêche (32:11). Ketakandriana explique les différents visages que peut prendre la corruption à Madagascar : le trafic d’influence, la corruption politique lors des élections ou encore la protection politique (36:32). Les élections présidentielles arrivant dans moins de deux ans, elle montre l’urgence d’agir pour plus d’intégrité de la vie publique, pour promouvoir la transparence du financement de la vie politique et plafonner les dépenses de campagnes (41:08). Malgré une corruption systémique à Madagascar, Ketakandriana garde espoir car elle voit que les choses changent petit à petit. Pour elle, la pression citoyenne est la clé, « l’arme fatale » contre la corruption (46:06). Elle donne enfin des pistes pour les Malgaches de l’étranger qui souhaiteraient agir et combattre la corruption à Madagascar (50:56).

    Abréviations utilisées dans l’épisode :

    · TI = Transparency International

    · FMI = Fonds monétaire international

    · BIANCO = Bureau indépendant anti-corruption

    · SAMIFIN = Service de renseignement financier de Madagascar

    · PAC = Pôle anti-corruption

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    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en septembre 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut.

    59 min
  • #3 Plongée au cœur de l’investigation avec Will Fitzgibbon (ICIJ)

    Will Fitzgibbon est l’invité de ce troisième épisode. Il a 35 ans. Il est journaliste d’investigation au sein d'ICIJ (l’International Consortium of Investigative Journalists - le consortium international du journalisme d’investigation) qu’il a rejoint en 2014. Il est également coordonnateur des partenariats Afrique et Moyen-Orient pour ICIJ. Will est devenu journaliste un peu par hasard et il nous explique comment et pourquoi il est devenu journaliste (6:56). Pour couvrir les sujets de corruption et d’évasion fiscale, il s’est formé sur le tas et nous dit comment il a procédé (10:31). Will présente ICIJ - l’organisation qui est derrière les plus grandes révélations de pratiques de corruption et d’évasion fiscale de ces 10 dernières années - son rôle et son fonctionnement (13:33). Il montre le travail qui est nécessaire pour comprendre les millions de documents qu’ICIJ reçoit et donne l’exemple des Panama Papers (18:05). Les documents reçus sont très souvent issus d’une source anonyme. Will nous explique comment il s’assure de la véracité des documents et comment il limite le risque d’instrumentalisation politique (25:01). Il montre aussi l’importance de donner un visage à ces histoires et de montrer l’impact de l’évasion fiscale et la corruption sur les citoyens (29:30). Nous discutons également du rôle des lanceurs d’alerte (33:30) ainsi que de l’importance de garantir et protéger leur anonymat (35:16). Nous abordons ensuite les risques qui pèsent sur les journalistes (38:20). Mais Will nous rappelle que nous pouvons être optimistes (43:08) ! Il a constaté certains changements suite à ses enquêtes (44:17). Il donne l’exemple des Mauritius Leaks et Luanda Leaks (45:59). Pour terminer cet épisode, il nous explique ce que nous pouvons faire en tant que citoyens (47:27). Si cet épisode vous plaît, partagez-le autour de vous afin que le plus grand nombre puisse le découvrir. 

    Suivre Will Fitzgibbon : @WillFitzgibbon

    Suivre ICIJ : @ICIJorg

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    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en juin 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut.

    54 min
  • #2 Evasion fiscale des multinationales, agissons ensemble ! Avec Quentin Parrinello (Oxfam France)

    Quentin Parrinello est l’invité de ce deuxième épisode. Il a 30 ans et est Responsable de plaidoyer justice fiscale et inégalités au sein de l’ONG Oxfam France. Quentin nous fait découvrir son parcours et comment il a développé son expertise sur les questions d’évasion fiscale alors qu’il a fait des études de langues appliquées (3:38). Il nous parle ensuite de son travail qui comprend une dimension recherche, influence et porte-parolat (5:04). Il nous explique les différents termes utilisés : fraude fiscale, optimisation fiscale et évasion fiscale (7:41) et nous donne deux exemples concrets montrant comment les entreprises réussissent à éviter de payer des impôts (10:16). Il explique pourquoi il est crucial que les entreprises payent leur juste part (15:04). Il propose des pistes de réflexion pour imposer les entreprises ayant réalisé des profits exceptionnels pendant la crise sanitaire afin de financer la relance (17:50). Il évoque également la nécessité de mettre fin à la course à l’impôt le plus bas et à la concurrence fiscale entre les pays (20:09). Il aborde ensuite les liens entre le MEDEF et le gouvernement français qui influencent la position de la France en matière de transparence et de lutte contre l’évasion fiscale (29:22). Puis Quentin explique comment la fiscalité peut être un outil pour permettre la transition écologique (33:10). Il souligne le paradoxe entre la prise de conscience par les citoyens du problème de l’évasion fiscale et le refus de certains pays d’entamer les réformes nécessaires (39:00). Il présente les différentes réformes en cours et ce qu’on pourrait faire pour contrer les paradis fiscaux (44:36). Pour terminer cet épisode, il nous explique ce que nous pouvons faire en tant que citoyens (48:31).

    Pour retrouver Quentin Parrinello : @QParrinello

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    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en mai 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut.

    57 min
  • #1 Biens mal acquis ne profitent plus avec Sara Brimbeuf (Transparency International France)

    Sara Brimbeuf est l’invitée de ce premier épisode. Elle a 30 ans, elle est avocate et responsable de plaidoyer flux financiers illicites et grande corruption au sein de l’ONG Transparency International France. Sara nous fait découvrir son parcours (3:39) et ce qui l’a amenée à travailler sur les questions de corruption (5:58). Elle nous explique ensuite ce qui se cache derrière le mot « plaidoyer » et ce que cela signifie en pratique (10:29). Puis, elle présente ce que sont les « bien mal acquis » : vous savez ces biens achetés en France par les élites et dirigeants étrangers (châteaux, villas, immeubles chics, voitures de luxe, etc.) avec de l’argent public détourné et l’argent de la corruption (16:57). Sara montre à quel point on a avancé en 14 ans. Il y a de belles victoires dont on peut se réjouir. Sara explique pourquoi la France doit lancer des poursuites dans ces affaires (18:37) et également comment les ONG jouent un rôle crucial (25:47). Sara souligne aussi l’importance de restituer l’argent confisqué aux populations victimes. Elle présente le projet de loi en cours de discussion au parlement (29:43). Pour elle, la restitution doit être transparente, garantir la participation de la société civile du pays qui reçoit les fonds et être accompagnée d’audits indépendants (33:27). Nous avons également abordé les menaces de poursuites en diffamation, connues sous le nom de poursuites baillons, dont les ONGs sont l’objet (41:40). Et pour finir, elle nous montre que nous pouvons tous contribuer à ce combat (46:20).

    Si cet épisode vous plaît, partagez-le autour de vous afin que le plus grand nombre puisse le découvrir et nous rejoindre au pays des possibles !

    Retrouvez Sara Brimbeuf sur twitter : @SaraBrmbf

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    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en avril 2021. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut.

    51 min
  • Bande-annonce!

    Bienvenue! Sophie au pays des possibles est le premier podcast en français qui part à la rencontre de femmes et d’hommes qui combattent la corruption et/ou l’évasion fiscale et font bouger les lignes. Car oui, il est possible d’agir et de changer les choses!

    Je suis Sophie Lemaître et je vous retrouverai une fois par mois avec un nouvel épisode. Alors, suivez-moi au pays des possibles!

    Crédits :

    Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut.

    3 min

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Chaque mois, je vous emmène à la rencontre de femmes et d'hommes aux parcours et horizons différents. Qu'ils soient chercheurs, journalistes ou lanceurs d'alerte, ils ont tous en commun l'envie de…