Au milieu des années The Police est un des rares groupes à faire l'unanimité car il faut bien en convenir, voilà des gars qui ont trouvé un public énorme en faisant du rock et rien que du rock. Et qui pour arriver au sommet du showbiz, n’ont pas vendu leur chemise à l’industrie du disque. Car il faut bien dire une chose : leur album Synchronicity est tout sauf commercial. Même les singles que tout le monde s’arrache ne sont pas formatés pour passer à la radio. Et que dire du reste des morceaux : mes enfants, c’est sans concession. Et malgré ça, au magasin de disques où je jobbe à Louvain-La-Neuve, c’est un défilé qui va durer près de deux ans. Vous avez le nouvel album de Police ? Non, peut-être ! Et quand on recroise plus tard ceux qui l’ont acheté, ils en parlent avec des étoiles dans les yeux. Fini les rythmes reggae et ska qui ont fait leur popularité, il y a beaucoup de jazz, de world music et de musique expérimentale façon Bowie dans ces nouvelles chansons mais pas grave. C’est d’ailleurs la logique des choses dans les années 80. On n’est pas au XXI° siècle où pour réussir il faut faire pareil que le voisin ; en 1983, si tu veux qu’on parle de toi, qu’on te remarque, que tu t’appelles Queen, Prince ou The Clash, tu dois faire ce que personne n’a fait avant toi.
Alors on a rêvé en écoutant Tea in the Sahara et on est allé acheter le fameux roman de Paul Bowles dont Sting s’est inspiré et qui sera bientôt incarné par John Malkovich et Debra Winger ...
Qui aurait pu dire alors que Sting, Stewart Copeland et Andy Summers avaient atteint le point de non retour. Tout était si parfait dans leur musique.