Tech Paf

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  • Des copies de ClubHouse se créent en Chine

    Un petit point pour ceux qui ont eu la flemme de suivre la saga ClubHouse. ClubHouse est appli qui a explosé et dont tout le monde parle, probablement surcôtée, mais en tout cas c’est le truc du moment c’est une appli qu’on ne peut avoir que si on est invité, où les gens discutent en live uniquement par le son et par petits groupes... Elon Musk, Kany West, Jeff Bezos décide tous les 2 ou 3 jours d’y faire des sortes de conférences Ted sur ce qu’il pense de la vie, de l’avenir, des drones et des coins à champignons. Je vous racontais comment il y a quelques semaines ClubHouse avait cartonné en Chine, occasionnant en mandarin des milliers de discussions pas censurées sur le Tibet, le sort des Ouïghours, la réconciliation avec Taiwan, autant de sujets tabous à propos desquels la Chine n’est pas super d'accord de voir ses concitoyens débattre.


    Quoiqu’il en soit, la Chine a banni l’application après une semaine de liberté folle et voilà ce que rapporte un contributeur de Bloomberg en direct de Hong Kong : toutes les grosses boîtes des internets chinois ainsi que les jeunes pousses ont créé des sosies de ClubHouse pour la Chine, certains ont même pas fait semblant d’aller chercher un nom un peu plus loin puisqu’il y a Clubhorse, Clubchat and Clubtalk. Tous fonctionne exactement comme ClubHouse : les mêmes boutons, aux mêmes endroits. Dans sa note à ses utilisateurs, un des sosies de ClubHouse admet candidement que son appli est directement inspirée de ClubHouse mais qu’elle sert les intérêts de la Chine et pas celle des Etats-Unis.


    Ce qui donne encore du grain à moudre pour le nouveau mot valise de moment : le "splinternet", mélange de "split" comme séparer et d’internet. Le fait que l’utopie d’un internet globalisé et universel recule de plus en plus. Si ce mot est sur toutes les bouches, c’est que le scénario se précise...

    3 min
  • La Covid-19 vide San Francisco de ses travailleurs de la tech'

    La gentrification de San Francisco est allée sans doute plus vite et plus fort que partout ailleurs. Les loyers atteignant des sommets qu’on peut qualifier de farfelus, les pizzas, des prix impossibles et pour les SDF, nombreux dans ce comté plus clément avec eux qu’ailleurs, les espaces dans lesquels ils étaient tolérés sont devenus de moins en moins nombreux. On murmurait même il y a 1 an qu'à San Francisco, les investisseurs immobiliers construisaient des résidences sans cuisine et avec des hall géant pour réceptionner les colis tellement tous les travailleurs de la tech' se faisaient livrer l’intégralité de leur vie, de leur lit à leur petit déjeuner. Mais post-pandémie, la ville risque de changer encore plus vite que ces 15 dernières années.

    Il y a un mois, le premier employeur de la ville californienne Salesforce, géant du cloud dont l’immeuble de 61 étage dominait la ville a déclaré que le travail de 9h à 17h était mort, que les employés n’étaient plus intéressés par les tables de ping-pong et les snacks. Il est loin d’être le seul. Pinterest a revendu les baux d’un tiers de ses bureaux, Yelp essaie de vendre son siège dans un des grattes ciel historique de la ville, Twitter a annoncé qu’il ne reviendrait pas au monde d’avant et Facebook non plus. Le télétravail aidé par le coronavirus a fini par gagner la partie.Les campus villes des géants de la tech sont peut-être en train de vivre leur derniers jours. Et la ville de San Francisco est sans doute en première ligne de cette révolution du monde du travail.

    En 2020 : 80 371 foyers ont quitté la ville. Facebook veut en profiter : l'entreprise, obligée de s’aligner sur les prix exorbitant de San Francisco, prévoit de réduire les salaires des employés qui décident de s’installer dans des régions moins chères. 

    A San Francisco, les rues sont vides, la municipalité a même payé des artistes pour embellir le centre ville. Leur collectif s’appelle Point The void : Peindre le vide. En tout cas, le départ de ceux qu’on appelle les "techiies" annonce des années difficiles pour les finances de la municipalité nous dit Le Monde. Quant aux immeubles vides, ils pourraient peut-être, à terme, permettre de reloger ceux que la gentrification a mis dehors...


    Crédit photo : © Brocken Inaglory

    3 min
  • Faire pression sur les GAFAM

    La Technologic Review nous informe qu’en 2019, une journaliste du site tech Gizmodo a essayé de sortir de sa vie 5 géants de la tech : Amazon, Facebook, Google, Microsoft et Apple (GAFAM). Non seulement de n’utiliser aucun de leur site mais également aucun de leur serveur et autres services grâce à un outil développé par un certain Dhruv Mehrotra. Résultat des courses : sa vie en ligne s’est révélée complètement impossible et même sa vie hors ligne a été victime de son blocus. Elle avait par exemple réservé des mois à l’avance un appartement sur Airbnb à New York. Airbnb est hébergé sur AWS , un service d’Amazon. Accéder à sa chambre a relevé d’un défi quasiment insurmontable.


    • Lutter seul contre les GAFAM, c’est peine perdue. Des chercheurs de la Northwestern University suggèrent aujourd’hui de passer à un autre mode d’action pour peser sur les GAFAM : utiliser nos données comme des otages. Selon ces chercheurs, 3 modes d’action sont possibles et seraient efficace, si menés par un collectif de grande ampleur.


    • La grève des data : faire un petit peu comme la journaliste de Gizmodo mais de manière concertée et en groupe, utiliser des outils pour protéger sa vie privée ou supprimer ses comptes et les priver ainsi des data qu’ils contiennent.


    • Empoisonner ses datas : en gros fournir des données empoisonnées. Il existe par exemple une extension qui s’appelle Adnauseam et qui appuie à votre place et sans les ouvrir sur absolument toutes les publicités qui vous sont proposé.


    Donner ses données à l’ennemi. C’est à dire nous explique la revue du MIT, les donner à des plateformes concurrentes. Tumblr à la place de Facebook pour vos photos par exemple. Nous sommes nombreux à déjà pratiquer une de ces formes d’action utilisant Adblock par exemple ou des moteurs de recherche alternatif. Mais ce serait plus efficace si l’action était massive. Le départ de millions d’utilisateur de WhatsApp vers Signal en janvier alias la 3è action du programme des chercheurs a par exemple eu un effet sur Facebook, qui a reporté sa décision…


    Crédit image : CMC Markets

    3 min
  • L'appli Dispo vous rend "technostalgique"

    Un mot qui a déjà quelques années, mais qui refait surface à la faveur de l’apparition d’une application qui s’est auto-proclamée l'anti Instagram : c'est Dispo. Le principe de Dispo : faire des photos floues un peu ratées, mal cadrées et ne les découvrir que le lendemain du jour où on les a prises. Le créateur de Dispo est un youtuber américain déjà extrêmement suivi. Il avait remarqué que lui et ses amis avaient pris pour habitude d’acheter des appareils photos jetables pour quelques événements, histoire d’avoir le bonheur de découvrir plus tard des photos prises sur le vif, pas retouchées, pas toujours cadrées avec - si on a de la chance - un détail rigolo en arrière plan. L’application, pour l'instant seulement disponible sur Iphone, pousse le mimétisme assez loin puisqu’elle ajoute aléatoirement aux photos des défauts d’exposition ou de grammage. Des photos auxquelles on ne peut pas rajouter de filtre - ni avant ni après - et qu’on ne peut pas avoir instantanément. Elles s’ajoutent à ce que l’appli appelle des Rolls - en français, des pellicules - qu’on peut alimenter collaborativement.

    L’appli fait un carton. Comme Clubhouse, vous ne pouvez l’avoir que si on vous invite et la semaine dernière nous dit Le Monde qui y consacre un article, elle est arrivée septième sur la liste des appli les plus populaires en Amérique. Il s’agit donc pour résumer, d’une application qui vous fait croire que vous avez acheté un appareil photo jetable et il y a derrière ça, un certain ras le bol de l’esthétique ultra léchée, à la limite du kitsch d’Instagram, des heures passées à triturer une photo, à penser à sa légende avant de la poster...

    Et derrière ça aussi, le nouveau mot que je vous ai promis : c’est la technostalgie alias la nostalgie des trucs tech’ mais à l’ancienne. Je vous parle des anciennes consoles de jeu qui peuvent se revendre à prix d’or, je vous parle aussi des souvenirs qui remontent à la surface quand vous entendez le doux son d’un modem 56K qui se connecte ou une cassette en train de se rembobiner. La technostalgie ou la mémoire déjà mélancolique de l’homme face à une technologie qui va beaucoup trop vite pour lui.


    Crédits : Guille Faingold via Stocksy

    3 min
  • Quand les masculinistes s'approprient des emojis

    En France il y a l’emoji médaille utilisé par des masculinisées. On en a un peu parlé cette semaine parce qu’un article du site Slate a été inondé d’emoji médaille. L’article parlait des femmes forcés de prendre le nom de famille de leur mari, et d’effacer le leurs, d’où vient donc cette avalanche de médaille. Numerama est remonté à l’origine de ces médailles : elles viennent de Greg Toussaint, un mec qui se présente comme humoriste qui a plus 40 000 fans sur Instagram. Numerama détaille un peu le compte : des photos de lui à la plage et des pastilles pour dénoncer "les mensonges politico mérdiatiques des féministes". Ses ennemis qui ont l’air d’être aussi sa passion : les gauchos, sous toutes leurs formes. Donc Greg Toussaint a lancé un petit mouvement pour récompenser les pires gauchos de France et il appelle ses suiveurs à "récompenser de leur gauchiasserie par une médaille". L’idée c’est aussi d’échapper aux procès pour cyber-harcèlement pour celui qui se présente comme étant la tête d’une armée qui s’auto nomme "l’armée des médailles".


    Crédit : clavier emojis par Apple

    3 min
  • Des prisonniers retenus à tort en Arizona
    D'après des lanceurs d'alerte de l'administration pénitentiaire de l'Etat d'Arizona, de nombreux détenus sont retenus de manière illégale, alors qu'ils ont purgé leur peine, parce que le logiciel de gestion des détenus de l'Etat n'est pas capable d'interpréter correctement les lois qui régissent les peines dans cet Etat Américain. Autrement dit, quand des prisonniers sont éligibles à une sortie de prison, d'après la loi, le logiciel n'indique pas qu'ils le sont et du coup, y restent. Et les lanceurs d'alerte ont indiqué faire remonter cette information depuis... début 2019. Mais, rien n'a été mis en place par l'administration de cet Etat pour corriger ce problème alors que ce logiciel a coûté 24 millions de dollars à développer. Personne n'a réussi à y intégrer les conséquences d'une nouvelle loi adoptée la même année qui permet de faire gagner des crédits à des auteurs de crimes non-violents, pour qu'ils soient libérés plus tôt. Marie Misset vous en dit plus.

    3 min
  • Bras de fer entre Facebook et l'Australie

    Un bras de fer a lieu depuis quelques temps en Australie entre médias et Facebook. Tout a commencé avec un projet de loi qui visait à rétablir l’équilibre entre médias traditionnel et réseaux sociaux, ces derniers captant beaucoup de revenus publicitaires grâce aux informations et articles produits par les médias traditionnels qui ne voient jamais la couleur de l’argent. Ce sont des problématiques qui se posent dans le monde entier mais que l’Australie a pris à bras le corps et le parlement devait voter cette semaine une loi qui contraindrait les plate formes numérique à rémunérer les médias et les éditeurs de manière plus générale pour la reprise de leur contenu. L’idée, c’est d’obliger Facebook et Google à trouver des accords avec les médias et à leur verser des sous, fautes de quoi, un arbitre indépendant trancherait dans le gras et des pénalités financières toucheraient ces géants du web. Histoire aussi à terme, que les médias puissent produire de meilleures informations avec plus de moyens.

     

    Facebook n’a pas attendu longtemps pour mettre en place un chantage assez puissant et faire ainsi comprendre les rapports de force sur la question : la semaine dernière, ils ont tout simplement bloqué l’accès aux pages des médias locaux et internationaux et le partage de leurs articles, comme le résume la correspondante du Monde à Sydney. Les Australiens pouvaient ainsi continuer à partager de fausses informations quand pour les vrais médias, c'est devenu beaucoup plus compliqué. Le blocage a été massif et a concerné aussi bien les pages de grands médias que celle d’organisation de défense des droits de l’homme, de lutte contre les violences domestiques ou d’aide aux SDF. Un moyen malin pour Facebook de faire comprendre que la définition de contenu d’information était beaucoup trop floue. Ça a un tout petit peu énervé les Australiens, cette prise de contrôle, d’autant plus que plusieurs pages gouvernementales ont aussi été bloquées. Une erreur dit Facebook. Erreur ou chantage hyper subtile, le bras de fer a pris une tournure géopolitique assez inédite pour que le monde entier s’y intéresse.

     

    De son côté, Google après avoir menacé de couper les vivres aux Australiens - enfin, son moteur de recherche en tout cas - avait déjà conclu des accords. Finalement, Facebook est revenu à la table des négociations et a débloqué ces pages. Si Facebook s’est permis de jouer le coup aussi radicalement, c’est parce que le Canada est en train de réfléchir au même genre de loi et que le réseau social a en quelques sortes posé ce qu’on appellera joliment son appareil sur la table pour intimidation...

    4 min
  • Les gif et les mème font leur entrée dans le marché de l’art

    Le marché de l’art est un endroit assez incompréhensible pour le commun des mortels où un chien en ballon géant peut se vendre des millions. Et vous savez qui a fait, il y à peu son entrée sur le marché de l’art ?

    Les même et les gifs et plus largement, notre culture numérique commune et collective : ils deviennent des oeuvres qui se vendent. Prenez le chat carré qui laissent derrière lui une traînée arc en ciel : il a été vu des millions et des millions de fois... C'est Nyan Cat.

    Son créateur en a vendu une version jeudi dernier, sur un site de vente aux enchère. L’acheteur, connu seulement par le numéro de son portefeuille à crypto monnaie l’a acheté pour 580 000 dollars. Cette vente vient couronner une tendance : celle d’acheter ou de vendre des gifs, des mème, des biens digitaux dont les nouveaux acheteurs ne possèdent même pas les droits mais simplement la certitude d’avoir le premier du genre, l’authentique.

    La première vidéo posté sur vine a été vendu 17 000 dollars; un tweet a même été vendu pour 952 dollars... C'est la blockchain qui est en partie en train de créer ça : comme la blockchain permet de tracer avec certitude la trajectoire d’un objet numérique, elle permet d’officialiser une sorte de copie originale d’un objet numérique. C’est une sorte de certificat d’authenticité qu’elle permet même si le mème est partagé des millions de fois. L’année 2020, ce genre de vente a rassemblé 220 000 personnes qui ont dépensé 250 000 dollars.


    Crédit : @saraj00n sur Youtube

    3 min
  • Le hate-wear, c'est quoi ?

    Tous les lundis à partir de maintenant, un nouveau mot.

    La pandémie a changé nos vies, au moins pour un certain temps et avec de nouveaux usages viennent de nouveaux mots. Ainsi le télétravail a accouché, pour l’instant surtout en anglais, d’une palanquée de nouveaux mots, la plupart liés au fait que nos vies sociales et professionnelles sont passées en numérique. Même présentiel et distanciel des mots qu’on devait utiliser une fois par an et le regretter quasiment immédiatement sont directement liés à ça… Je vous ai déjà parlé de la zoom fatigue, expression très utilisée en Amérique, où toutes les grandes entreprises de la tech fabriquent pas mal de nouveaux mots qu’on déteste tous avant de les adopter. Ces grandes entreprises de la tech sont passées en distanciel.

    La zoom fatigue donc, la fatigue des réunions sur Zoom, tout le monde peut comprendre. Il y a la zoom étiquette aussi. Je sais pas pourquoi les américains ont collé autant de mots français derrière Zoom, mais c’est quelque chose qu’il faudrait creuser. Laissez moi à présent vous présenter les hate wear. Il va nous falloir un mot français pour ça mais il n’existe pas encore. En anglais ils ont même fait un verbe : to hate wear : c’est le fait de porter des vêtements qu’on en est venu à haïr mais qu’on met quand même parce que télétravail et parce que flemme. Rien à voir avec des vêtement très moche qui nous vont très mal mais qu’on met quand même parce qu’on est bien dedans. Il s’agit des vêtements qu’on met par habitude parce que c’est plus simple, ça va plus vite et de toute façons, personne ne va nous voir aujourd’hui, tout en nous sortant par les yeux.


    Crédit : Ozgurcankaya, Getty Images

    3 min
  • Quand une start-up devient un cluster

    C'est l'histoire d'un homme, Peter Diamandis, qui fonde Covax, une start-up qui est dans la course aux vaccins contre le coronavirus. Un jour, il décide d'inviter des gens du monde entier dans un lieu tenu secret en Californie où les restrictctions de rassemblement anti-covid sont toujours très strictes. Mais voilà, ces invités qui avaient payé jusqu'à 30.000 dollars pour participer se baladaient nez et bouche à l'air. Cet évènement pour la recherche d'un vaccin anti-covid est devenu un cluster. Marie Misset vous parle aussi d'une petite fille qui a réussi à plusieurs reprises à se faire éjecter de Zoom alors qu'elle y avait cours et de la liste d'un étudiant Kényan sur laquelle il a énuméré toutes les choses que l'ont acceptait en signant les conditions d'utilisation de nombreux sites.


    Crédit image : Aleou

    3 min

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