Avec les mesures de réforme du chômage mises en œuvre par l’Arizona, notre gouvernement d’ingénieurs a pensé les choses comme si la Belgique était une entreprise ; une entreprise, ce n’est pas du tout une démocratie. Une entreprise, ça se dirige avec une vraie autorité sur le personnel, même si on tutoie ses collaborateurs; c’est normal, sa finalité, c’est le bénéfice dont ses investisseurs, ses propriétaires, ses gérants, ses cadres profitent, et qu’elle réinvestit en forces de travail pour pérenniser son activité. Etudes de marché, rentabilisation des travailleurs, recherche d’intrants profitables, marketing, publicité pour séduire les clients, bref, l’entreprise veut s’enrichir car sans profits, elle s’asphyxie.
Mais voilà, un pays n’est pas une entreprise ; c’est une communauté ; le dessein d’un pays n’est pas de gérer des travailleurs afin de générer du profit, sa fonction, c’est rechercher le bien-être, la protection et l’épanouissement de ceux qui l’habitent. C’est plus difficile en vrai. Et si ceux qui dirigent n’ont pas la vision et la hauteur voulues, ils sont vite dépassés et vont à l’opposé des buts à atteindre... Heureusement, il existe des mécanismes de protection pour les populations et, notamment, il y a la cour constitutionnelle. On en parle avec Alexis Fellahi, juriste au service d'études de la CSC.