Au lendemain de la grande manifestation des opposants à l'indépendance de la Catalogne, Madrid va accentuer la pression sur cette riche province. Son maintien dans le giron de l'Espagne est crucial pour l'économie du pays.Si la Catalogne a vu de nombreuses entreprises décider de s’installer ailleurs, c’est en revanche l’Espagne qui aurait le plus à perdre dans une rupture totale avec sa région autonome.
Si le divorce est prononcé, l’Espagne sera effectivement rétrécie : Elle perdra un peu de territoire 6 %, 7 millions d’habitants et surtout un cinquième de son produit intérieur brut. Aujourd’hui 13e puissance mondiale elle sera alors rétrogradée à la 16e place. Ce sont à peu près les seules certitudes mesurables sur les pertes potentielles du Catalexit, car pour le reste tout dépendra de l’attitude des acteurs économiques résidant en Catalogne.
1700 sociétés ont déjà décidé de transférer leur siège dans une autre région espagnole
Et parmi elles, de très grandes entreprises. Ce flux profitera à l’Espagne, mais il ne faut pas en exagérer les effets. Pour l’instant les sièges bougent, mais pas encore les usines qui font la richesse et la densité du tissu économique catalan. Et ces sites de production pourraient être délocalisés à moyen terme, non pas en Espagne, mais en Pologne ou dans un autre pays de l’union. Et puis la région a des universités, des centres de recherche de renom, difficilement délocalisables. Ces institutions dynamiques contribuent au rayonnement international de la ville et c’est leur présence qui attire les investisseurs étrangers. Idem pour le tourisme. Si les visiteurs boudent Barcelone en ce moment, ils reviendront une fois les remous politiques retombés, car ni les Ramblas ni la Sagrada Familia de Gaudi ne sont délocalisables. L’aéroport de Barcelone accueille presque autant de passagers que celui de Madrid. L’Espagne va donc perdre les précieuses recettes fiscales générées par toutes les activités solidement enracinées en Catalogne.
L’Espagne va aussi s’alléger d’une partie de sa dette publique
La dette de l’Etat représente aujourd’hui environ l’équivalent du produit intérieur brut annuel, 100 %. Si Madrid perd 20 % de PIB, il est logique qu’elle transfère 20 % de la dette nationale à cette Catalogne sécessionniste. Dans ce cas la dette espagnole sera réduite en volume, mais en poids relatif elle représentera toujours l’équivalent du PIB. Au mieux c’est donc le statu quo sur le front de la dette. Mais difficile d’imaginer un règlement pacifique de cette question ô combien polémique. Les négociations entre Bruxelles et Londres bloquent sur la facture du brexit, et ce sera aussi sur les gros sous que Madrid et Barcelone vont se déchirer.
Faute d’accord l’Espagne risque de retomber dans la crise de la dette
C’est le cauchemar de Madrid. S’il n’y a pas d’accord, la dette pourrait alors représenter jusqu’à 125 % de son produit intérieur brut, un niveau difficilement soutenable avec une économie rétrécie et des taux d’intérêt en phase de remontée. L’Espagne pourrait alors à nouveau sombrer, entrainée par le fardeau de sa dette. Le comble pour l’une des économies les plus dynamiques de toute l’Union européenne avec tout de même plus de 3 % de croissance prévue pour cette année.
Le chiffre du jour : 4,6 milliards de dollars
C’est le bénéfice réalisé en trois mois par la plus grande banque européenne HSBC. Son bénéfice du troisième trimestre a quintuplé par rapport au troisième trimestre de 2016. La banque voit enfin le bout du tunnel grâce surtout à ses activités en Asie.
L’acquisition du jour, c’est le rachat du distributeur pharmaceutique français Tridem par le géant chinois Fosun.
Fosun a déjà racheté le club med. Et s’il s’intéresse à Tridem, c’est pour avoir accès au marché africain, le français se présente comme le troisième distributeur de médicaments du continent.