Sewra n’a que quelques mois lorsque sa famille fuit la guerre en Érythrée. Ayant eux-même participé à la résistance contre l'assaillant, il se savent en danger.
Du Soudan à la France, son enfance est marquée par les déplacements, l’adaptation à de nouveaux pays et la reconstruction d’une vie loin de sa terre d’origine.
En France, elle grandit, s’intègre, étudie, travaille et fonde sa propre famille, tout en conservant un lien profond avec l’Érythrée, qu’elle découvre tardivement et à laquelle elle reste intimement attachée.
À travers son récit, Sewra raconte l’exil vécu dès l’enfance, la construction de soi entre plusieurs cultures et la place durable que le pays quitté continue d’occuper dans une vie reconstruite ailleurs.
2. À leur arrivée en France, Sewra et sa famille traversent une période de précarité, passant d’un logement à l’autre le temps que leur situation administrative se stabilise. Sewra s’intègre rapidement, se distingue par son goût pour les études et la lecture, tandis que la famille recrée des liens au sein de la communauté érythréenne.
En 1993, Sewra retourne pour la première fois en Érythrée, récemment indépendante. Ce séjour dans un pays qu’elle n’a jamais vraiment connu la marque profondément. Les séjours s'enchaînent par la suite, toujours vécus comme des moments précieux, malgré la dégradation progressive de la situation au pays.
À l’âge adulte, Sewra travaille dans le tourisme et se met en couple avec un homme non érythréen, une relation qui suscite d’abord des tensions familiales. L’Érythrée, elle, ne la quitte jamais vraiment, et demeure une source constante d’attachement et d’inquiétude pour les proches qui n’ont pas pu fuir.
Interviews, montage et mixage : Wally Dieye