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Le nom propre dispose de trois propriétés, explique Roland Barthes dans «Proust et les noms»:
«Le pouvoir d’essentialisation (puisqu’il ne désigne qu’un seul référent), le pouvoir de citation (puisqu’on peut appeler à discrétion toute l’essence enfermée dans le nom, en le proférant), le pouvoir d’exploration (puisque l’on «déplie» un nom propre exactement comme on fait d’un souvenir): le nom propre est en quelque sorte la forme linguistique de la réminiscence. [...][Il] est un signe volumineux, un signe toujours gros d’une épaisseur touffue de sens, qu'aucun usage ne vient réduire, aplatir, contrairement au nom commun, qui ne livre jamais qu'un de ses sens par syntagme».
Barthes parle ici des noms propres en littérature, ceux choisis par les écrivains. En va-t-il de même pour nos patronymes réels, que nous n’avons pas choisis? Ils nous définissent pourtant, malgré nous, dans leur rareté ou dans leur évidence. Si vous changiez de nom demain, pensez-vous que vous resteriez tout à fait la même personne?
Quand Gabriel a accepté de se faire adopter par sa belle-mère, il pensait à un acte administratif sans conséquences, à une preuve d'amour pour elle, à une manière de l'intégrer à sa famille. À tort.
Un épisode signé Cyrielle Bedu.
Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d’informations.
By Slate.fr Podcasts4.7
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Le nom propre dispose de trois propriétés, explique Roland Barthes dans «Proust et les noms»:
«Le pouvoir d’essentialisation (puisqu’il ne désigne qu’un seul référent), le pouvoir de citation (puisqu’on peut appeler à discrétion toute l’essence enfermée dans le nom, en le proférant), le pouvoir d’exploration (puisque l’on «déplie» un nom propre exactement comme on fait d’un souvenir): le nom propre est en quelque sorte la forme linguistique de la réminiscence. [...][Il] est un signe volumineux, un signe toujours gros d’une épaisseur touffue de sens, qu'aucun usage ne vient réduire, aplatir, contrairement au nom commun, qui ne livre jamais qu'un de ses sens par syntagme».
Barthes parle ici des noms propres en littérature, ceux choisis par les écrivains. En va-t-il de même pour nos patronymes réels, que nous n’avons pas choisis? Ils nous définissent pourtant, malgré nous, dans leur rareté ou dans leur évidence. Si vous changiez de nom demain, pensez-vous que vous resteriez tout à fait la même personne?
Quand Gabriel a accepté de se faire adopter par sa belle-mère, il pensait à un acte administratif sans conséquences, à une preuve d'amour pour elle, à une manière de l'intégrer à sa famille. À tort.
Un épisode signé Cyrielle Bedu.
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