Alors que nous espérions qu’en été se taise le fracas des armes, la folie meurtrière s’est propagée à maints endroits de la planète. En Ukraine, à Gaza, au Soudan, la guerre s’intensifie. Aux Etats-Unis, TRUMP vocifère et gesticule, alors qu’en Chine XI JINPING rassemble autour de lui les dictateurs les plus sanguinaires du monde. Dispersée, l’Europe s’avère incapable de faire respecter le droit international, qu’elle appelle pourtant de ses voeux. En France, refusant tous compromis, la classe politique se déchire.
L’heure est à la violence mortifère. L’invective et l’injure sont devenues de mise.
On aurait pu au moins espérer que les chrétiens, partout, seraient promoteurs de dialogue et de paix. En France, hélas, il n’en fut rien.
Deux événements ont ainsi suscité les passions au sein de la communauté catholique. Le premier concernait l’élection à la quasi-unanimité de Marine Rosset à la présidence des scouts et guides de France, dont elle était vice-présidente et administratrice de longue date. A priori, il n’y aurait rien eu à en dire, si ce n’était de saluer la compétence et l’engagement de la nouvelle élue. Mais voilà celle-ci est mariée à une autre femme et est élue politique dans un arrondissement de Paris. Dès lors, il n’en fallait pas plus pour que la haine à son endroit se déchaîne sur les réseaux sociaux, où lui est reprochée « une vie personnelle contraire à la doctrine de l’église ». Peu importe que sa fidélité à l’Evangile ait été le moteur constant de ses engagements. L’heure est à ranger chacun dans le camp soit du bien, soit du mal. Et, pour certains, Marine Rosset était dans le camp du mal. Insultée et menacée, elle dut démissionner.
L’autre événement concerne la nomination comme chancelier d’un diocèse d’un prêtre condamné à 5 ans de prison il y a près de 20 ans pour avoir sexuellement abusé d’un mineur. Là encore, émotions et passions se déchaînèrent, les insultes fusèrent, au point que la conférence des évêques de France du demander à l’évêque de revenir sur cette nomination.
Que retenir de cela ? Constatons d’abord que tout événement, si anodin soit-t’il, est devenu susceptible de générer de la haine en ligne, favorisée par la lâcheté de l’anonymat. Constatons aussi que la violence est toujours le fruit de l’ignorance et de la bêtise. En l’espèce, n’aurait-il pas été plus profitable de nous demander, comme beaucoup l’ont fait, en quoi la vie privée d’un dirigeant peut impacter un mouvement, dont la mission repose sur des valeurs de paix, de respect, de liberté et de fraternité. N’aurait-il pas mieux valu aussi poser sans passion la difficile question de la réinsertion dans la société et l’église des prêtres condamnés ?
Mes amis, il ne tient donc qu’à nous mêmes d’être artisans de paix et d’un dialogue exigeant mais serein. Tenons-nous systématiquement éloignés de cette société du spectacle, où s’opère en ligne une compétition du pire de ce que l’humanité peut produire.
Discréditer est sans doute plus facile que de débattre. Mais il est de notre devoir que de résister à cette pente dangereuse du dénigrement, qui n’aboutit qu’à détruire des personnes et à fragmenter plus encore une société déjà trop divisée.
Avant de nous exprimer, laissons du temps à la réflexion et à une analyse reposant sur la véracité établie des faits. Et comme l’écrivait déjà Jean De La Fontaine : « Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine ».
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