Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les célébrités donnent souvent un mauvais exemple. En plus, ces mauvais exemples reçoivent beaucoup d’attention médiatique et sont valorisés dans les publicités pour donner envie au reste du monde d’imiter ces célébrités. Le dernier mauvais exemple en date vient de la chanteuse américaine Katy Perry et quelques autres célébrités, qui ont fait un court voyage de tourisme spatial à bord d’une fusée de Blue Origin. En 11 minutes de voyage, chacune a émis 15 tonnes de CO2. Grâce à la médiatisation, elles ont donné envie à des milliers de personnes de les imiter.
Les célébrités se promènent aussi de palace en villa luxueuse en jet privé et en yacht. Ces extravagances font ensuite la Une des magazines « people » pour donner nous donner des envies.
Tous ces mauvais exemples rendent le discours contre le réchauffement climatique ridicule, comme l'explique Steve Westlake de l'université britannique de Bath (1).
Ce chercheur démontre que, dans les sociétés humaines, il est beaucoup plus facile d'exhorter les citoyens à faire des efforts quand les dirigeants sont sincères et donnent l'exemple. Avec le tourisme spatial, ils ne sont ni exemplaire ni sincère.
1) Regardons d’abord le manque de sincérité. L’entreprise Blue Origine prétend que ses vols dans l’espace sont neutres en carbone parce que la fusée est propulsée par hydrogène. Mais tant que l’humanité se trouve sur la voie d’un réchauffement climatique de 3°C, l’énergie consommée pour produire cet hydrogène devrait être dirigée prioritairement vers la décarbonation de la production d’acier et de ciment.
2) Regardons ensuite l’exemplarité. Pour encourager ses soldats, le chef militaire se met devant ses troupes et non derrière. Pour motiver ses salariés, le dirigeant d'entreprise n'augmente son salaire pas davantage qu'il n'augmente celui de ses employés. Pour être exemplaire, le Président De Gaulle paye de sa propre poche ses notes de frais à l’Élysée.
Or, Katy Perry et les autres célébrités fortunées envoient implicitement le message qu'elles ne sont pas concernées par l'effort qui est demandé à la population dans son ensemble. Certes, le tourisme spatial, les jets privés et les yachts des ultra-riches ne contribuent que peu au réchauffement de la planète, mais ils donnent l’impression que les riches sont totalement indifférents au sort de la planète et donc indifférent au sort de milliards d’humains.
Avec les mauvais exemples des vedettes, il devient difficile de motiver la population à ne pas faire de vacances à l’autre bout de la planète et d’utiliser les économies ainsi faites pour mieux isoler le logement. Les célébrités donnent l’impression qu’isoler sa maison est ringarde, pour être quelqu’un de bien, il faut faire des vacances à l’autre bout de la planète ou faire du tourisme spatial.
En fin de compte, nous avons tous déjà constaté que les humains se comparent. Nous nous comparons d’autant plus que notre civilisation industriel pousse à la consommation ostentatoire. Toutes ces comparaisons déclenchent un réflexe bien connu : si les célébrités ne se privent visiblement pas du superflu, pourquoi moi, je me priverai de ce que j'estime être une nécessité ?
Être célèbre, médiatisé et fortuné emporte donc une lourde responsabilité. A ce sujet, Jésus-Christ dit dans l’évangile selon Luc: A quiconque il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé; de celui à qui on a beaucoup confié, on exigera davantage (Luc 12, 48).
Devant Dieu, les humains qui ont beaucoup d’argent, de pouvoir et d’influence, seront tenus davantage responsables pour leur mode de vie, puisque leur mauvais mode de vie inspire les foules. Influencer des millions de personnes à un comportement qui aggrave le réchauffement de la planète est une faute grave. L’article de Steve Westlake arrive à la même conclusion, l'argent et la célébrité emportent une lourde responsabilité.
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