Université populaire d'Architecture

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By Pavillon de l'ArsenalSociety & Culture
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Université populaire d'Architecture episodes

  • Le sol - Les éléments de l'architecture 3 - 1/4
    Replongeons-nous dans la peinture italienne ou flamande des XVe et XVIe siècles où s'étendent des sols plats et tramés composant de vastes échiquiers sur lesquels peuvent indifféremment se jouer diverses scènes religieuses ou profanes : annonciation, vierge à l'enfant, crucifixion ou mariage, repas de noces... Comme si ces surfaces plates et quadrillées étaient la condition sine qua non de tous ces évènements fictifs ou réels qui accompagnent la vie humaine. Comme s'il fallait déforester, épierrer, aplanir pour parvenir à l'espace géométrisé qui correspond au véritable milieu humain.
    Des sols tramés que nous retrouverons dans l'architecture du XXe siècle aussi bien dans la Große Strasse à Nuremberg - une avenue dallée aux dimensions comparables à celles des Champs-Élysées réalisée par Albert Speer en 1936, au milieu d'un parc, pour les parades et défilés militaires nazis - que dans les projets radicaux de Superstudio datant de l'après 68. Ou encore dans certaines réalisations contemporaines telles : le pont Simone Veil d'OMA à Bordeaux (2024) ; le réaménagement de la place de la République de TVK à Paris (2013) ou le Lieu de vie à Saclay dessiné par le Studio Muoto (2016)...
    Des sols qui peuvent aussi se soulever pour former des socles habitables, comme la Maison Malaparte (1937) d'Adalberto Libera à Capri ou la Maison de l'Infini (2014) d'Alberto Campo Baeza à Tarifa. Se suspendre, comme au musée d'art moderne de Lina Bo Bardi à São Paulo (1968), ou se superposer, comme à la Casa Alta (1969) de Sergio Bernardes à Rio de Janeiro...
    1 hr 26 min
  • Le garde-corps - Les éléments de l'architecture 2 - 4/4
    Mais pourquoi parler du garde-corps ? Inexistant dans l'architecture antique, il est un des cauchemars de l'architecte moderne : il semble uniquement avoir été inventé pour s'interposer au jeu savant correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière. Prosaïque et trivial, il ridiculise les expressions architecturales les plus radicales en leur rappelant cruellement à la réalité fonctionnelle et règlementaire.
    Nous retracerons son épopée qui a eu ses heures de gloire pendant le Maniérisme et le Baroque, quand de grands créateurs comme Michel Ange ou Carlo Maderno lui ont donné ses lettres de noblesse en inventant la balustrade et en lui accordant une certaine autonomie.
    Et nous nous interrogerons sur son avenir dans la société hyper-protectrice actuelle ainsi que de sa place dans une architecture contemporaine qui revendique souvent la banalité et l'ordinaire, des valeurs prescrites par Jacques Lucan et ses émules...
    1 hr 26 min
  • Le balcon - Les éléments de l'architecture 2 - 3/4
    Cet appendice qui met l'alignement des façades en crise, souvent considéré comme un dépôt ou sont exilés les réfrigérateurs en panne et les vélos, revient sur le devant de la scène après la période de confinement imposée par la récente pandémie.
    Il apparait comme un reliquat du jardin de la maison individuelle, du paradis perdu ou de l'habitat à l'air libre de nos ancêtres nomades du paléolithique : un espace supplémentaire indispensable au déploiement de la dimension imaginaire de toute habitation.
    Son histoire est jonchée d'exemples particulièrement frappants : comme cette cour de récréation, suspendue par des haubans au bloc des salles de classes, proposée par Hannes Meyer et Hans Wittwer pour l'école Sant Pierre de Bâle en 1928. Ou ces cours fermées disposées en quinconce devant les barres d'habitations construites à Casablanca par l'ARBAT à l'issu de leurs recherche sur l'habitat collectifs des populations autochtones... Tandis que les longs plongeoirs vertigineux dessinés par MVRDV ou par Bjarke Ingels et Julien de Smets dans le Nord de l'Europe lancent leur utilisateurs dans le vide, comme dans un manège de fête foraine...
    Enfin nous analyseront l'Arbre Blanc de Sou Fujimoto à Montpellier (2019) et la tour d'Édouard François à Asnières (2022) qui savent inverser la relation de sujétition du balcon à l'habitation.
    1 hr 15 min
  • La rampe - Les éléments de l'architecture 2 - 2/4
    Sans l'effort physique que réclame l'escalier ou l'attente que nous impose souvent l'ascenseur, la rampe assure un passage d'une fluidité maximale entre des espaces placées à des hauteurs différentes. Minimisant les ruptures elle s'associe intimement au projet moderne qui milite en faveur d'un espace unifié, sans mur, ni porte et sans secret : un espace d'une fluidité absolue. Ainsi Le Corbusier l'emploie-t-il à plusieurs reprise : à la Villa Savoye à Poissy en 1931, au Centrosoyouz à Moscou en1933 ainsi qu'au Carpenter Center de l'Université de Harvard en 1963. Elle sera rapidement adoptée par les architectes brésiliens : à Rio, par Oscar Niemeyer ; à São Paulo par João Batista Villanova Artigas pour la Faculté d'Architecture (1968) et par Paulo Mendes da Rocha pour le SESC 24 di Maio (2017) : des montées processionnelles qui accordent à ces bâtiments laïques un caractère presque liturgique.
    Claude Parent et Paul Virilio verront en elle dans les années 60 le moyen de dépasser certaines oppositions fondamentales : entre les constructions horizontales et verticales, entre les circulations et les pièces d'habitation... Elle leur permettra de théoriser la Fonction oblique et la Circulation habitable. Des notions radicales qui donneront lieu à des propositions utopiques et qui seront, trente ans plus tard, déradicalisées et rendues opératoires par Rem Koolhaas dans des projets très concrets: le Kunsthal de Rotterdam (1992), l'Educatorium d'Utrecht (1995) ou le concours pour la Bibliothèque de Jussieu (1992).
    1 hr 11 min
  • La porte - Les éléments de l'architecture 2 - 1/4
    Rappelons-nous l'une des scènes les plus percutantes du film Matrix Reloaded (2003) de Lana et Lily Wachowski où le personnage principal se trouve dans un long couloir blanc (d'une administration, d'un hôpital...) scandé régulièrement de portes très rapprochées, il en ouvre une et se retrouve au milieu d'une cour d'immeuble newyorkaise que rien ne laissait présager.
    Une séquence qui s'appoche au plus près de l'être de la porte : elle établit une relation entre deux mondes sans commune mesure et qui cependant ne pourraient exister sans elle.
    Certaines portes nous plongent immédiatement d'un milieu à l'autre : ainsi Check Point Charlie dans le Berlin des années 1961/1989 nous faisait basculer sans transition du pays de l'abondance vers celui de la pénurie... D'autres, au contraire, définissent de véritables rituels initiatiques, et nous préparent au changement d'ambiance. Ainsi à l'hôtel Thellusson - construit en 1978 à Paris par Claude-Nicolas Ledoux - les visiteurs, après avoir franchi un arc de triomphe et suivis une voie lancée au-dessus d'un jardin escarpé, s'engouffraient dans une caverne avant d'atteindre le vestibule qui leur permettait de monter vers les espaces de réception. Un dispositif spatial convoquant tous les sens que l'on retrouvera dans de nombreux édifices contemporains comme : à Hambourg, à l'Elbphilharmonie ; à Paris, à l'Institut du Monde Arabe, au Conservatoire National ou à l'École d'Architecture de Paris Val de Seine...
    1 hr 19 min
  • Le rideau - Les éléments de l'architecture 1 - 4/4
    Avec les lambris, les tapisseries et les tapis, les rideaux constituaient autrefois l'enveloppe interne douce et soyeuse des palais et des appartements bourgeois décrits par Walter Benjamin. Ils s'attachaient plus spécifiquement à filtrer et à apprivoiser la lumière crue tombant des ouvertures. Mais voilà qu'ils se sont arrachés à cette intimité pour mener une vie plus aventureuse et ont abandonné les tulles et les velours pour des matérialités plus rugueuses : textures métalliques chez Dominique Perrault, cuirs sombres chez Peter Zumthor... Ils sont aussi appréciés pour leurs qualités thermiques et peuvent être employés pour le contrôle des échanges entre intérieur et extérieur : en retenant la chaleur ou au contraire en la rejetant en fonction des saisons tout en impliquant l'habitant dans la tenue de son foyer.
    Mais il se sont aussi éloignés de la fenêtre pour devenir totalement autonomes. Ainsi, ils se substituent parfois aux cloisons pour délimiter des espaces éphémères et se mettent au service d'une flexibilité maximale, notamment dans la Salle Polyvalente de Lille-Sud réalisée par Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. Mais ils peuvent aussi venir au-devant des façades. Ainsi la grande voile blanche frémissant au moindre vent de la Curtain House de Shigheru Ban à Tokyo, la cotte de mailles coulissant devant la grande baie vitrée de la Dutch House de Rem Koolhaas ou le voile sombre, transparent et festonné qui recouvre la structure du centre de musique traditionnelle Dar Al Jinaa réalisé par Office au Bahreïn...
    1 hr 12 min
  • Le tyyau - Les éléments de l'architecture 1 - 3/4
    Mais pourquoi parler des conduits et des tuyaux, ces intrus, ces tard-venus de la construction ? Imposés par les connexions à l'eau courante et au tout-à-l'égout ainsi que par la ventilation mécanique, ils ont envahi brutalement l'espace dès le XIXe siècle en perçant les murs ou en dégringolant inopinément des toitures pour en évacuer les eaux pluviales. Pourtant ces agents de la barbarie fonctionnelle, que l'on cherche à cacher par tous les moyens, nous apportent une eau baptismale, recueillent maternellement nos déjections et permettent le renouvellement de l'air vicié par nos miasmes...
    Les membres d'Archigram ont été parmi les premiers à dessiner avec soin les canalisations et les chemins de câbles reliant les habitacles aux mégastructures qu'ils projetaient pour le futur. Ils ont été suivis par les héros du high-tech, notamment Renzo Piano et Richard Rogers à Beaubourg qui ont su en anoblir définitivement le système d'aération. Une vision nouvelle propagée comme une trainée de poudre, comme en témoignent les conduits de ventilation horizontaux qui composent un improbable bas-relief pour couronner le Centre Culturel de Viana de Castello réalisé par Souto de Moura au Portugal. Comme si ce que l'on appelait « la tripaille » avec un profond mépris dans les agences d'architecture des années 1980 était devenu aujourd'hui la modénature indépassable de toute construction.
    1 hr 27 min
  • L'ascenseur - Les éléments de l'architecture 1 - 2/4
    « Qu'il y a-t-il de commun entre l'escalier, l'ascenseur, le tuyau et le rideau ? S'ils ne sont pas toujours pris pour des éléments essentiels de l'architecture et sont souvent assimilés à de simples équipements fonctionnels, ce sont pourtant des tuteurs, des prothèses qui facilitent et qui cadrent nos relations avec le monde extérieur. Les escaliers ne desservent pas seulement les étages, ils nous permettent de nous élever afin de voir les choses avec un certain recul, une certaine distance ; les ascenseurs ne nous évitent pas seulement la fatigue, ils nous libèrent pour un temps de la pesanteur. Les tuyaux, dont il ne faut pas sous-estimer la symbolique ombilicale, alimentent en fluides nos intérieurs afin qu'ils se définissent comme les milieux les plus favorables à notre développement. Quant aux rideaux, ne croyez surtout pas que l'on puisse les assimiler à des éléments de décoration ! Ils font partie intégrante de l'architecture et nous permettent de vivre à notre propre rythme, en mettant entre parenthèse la tyrannie des jours et des saisons. C'est ce que nous verrons cette année en recherchant dans l'histoire et dans la production récente des exemples d'édifices où ces éléments sont mis au premier plan pour nous accompagner vers notre accomplissement, tout en annonçant les prémisses d'un monde à venir... » - Richard Scoffier
    1 hr 17 min
  • L'escalier - Les éléments de l'architecture 1 - 1/4
    Rappelons-nous de la Tour de Babel, le réel commencement de l'architecture selon Hegel. Un édifice uniquement conçu pour permettre aux hommes de s'élever le plus haut possible et porter à son paroxysme l'effort inaugural par lequel ils se sont un jour dressés sur leurs pattes arrière pour contempler sereinement l'horizon. Un bâtiment-escalier légendaire qui nous permet de nous interroger, avec le philosophe allemand, sur la finalité de l'architecture, qui est peut-être moins de nous protéger que de nous pousser à avoir une position dominante sur le monde...
    Ainsi un monument patrimonial comme l'Opéra de Charles Garnier pourrait-il être analysé dans ce sens, moins comme une salle de spectacle, une caverne de Platon, que comme une suite de degrés assurant l'ascension du public vers une meilleure connaissance de lui-même.
    Nous convoquerons les architectures mythiques, classiques, modernes et contemporaines pour les voir comme des dispositifs qui portent, qui soulèvent et qui permettent à l'humanité de se dépasser. Nous irons à Brasilia pour voir l'escalier hélicoïdal du Palais Itamaraty d'Oscar Niemeyer qui, sans le moindre garde-corps, imprime un mouvement ascensionnel à l'ensemble de l'espace. Nous irons à Berlin dans l'ambassade des Pays-Bas dont la circulation extérieure - composée d'un enchaînement de rampes, d'escaliers de coursives - entraîne le bâtiment dans une vaste spirale constamment alimentée par les flux de personnes qui entrent et sortent des bureaux et des salles de réunion...
    1 hr 11 min
  • Jouir - Les actes fondamentaux 3 - 4/4
    "Soyons sérieux ! Quelle architecture peut prétendre produire de la jouissance, quand celle-ci trouve sa raison d'être dans la transgression de toutes les règles. Elle apparait à travers les obsessions pornographiques qui contaminent les projets dessinés de Jean-Jacques Lequeue alors que ses confrères les exilent en marge de leurs plans. Des provocations qui anticipent l'architecture molle et poilue invoquée par Salvador Dali pour prendre la relève de l'architecture orthogonale et protestante de Le Corbusier. Un refus de l'angle droit dans lequel s'engouffrerons, autour des années 68, les Häusermann, Chanéac, Kalouguine, Antti Lovag avec leurs coques sensuelles de béton projeté comme leurs émules d'aujourd'hui. Mais aussi dans les dispositifs cherchant à provoquer de la disjonction, de la disruption comme le promettait le Parc de la Villette de Bernard Tschumi à l'aube des années 80. Ou encore dans les surfaces lisses et carroyées, dessinées par Superstudio, pour offrir des espaces non-coercitifs strictement ouverts à tous les possibles..." Richard Scoffier, architecte, philosophe, professeur des Écoles Nationales Supérieures d'architecture
    0 min

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Richard Scoffier est architecte, philosophe et professeur. Depuis 2011, ses Universités Populaires interpellent les oeuvres du passé et celles du présent, comparent les réflexions des grands…

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