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Leningrad, hiver 1943. La ville est en ruines, assiégée, glacée… Dans les rues, un garçon de douze ans tente de survivre. Il s’appelle Viktor Korchnoï. Rien ne le destinait à devenir l’un des plus grands joueurs d’échecs de tous les temps, ni l’un des plus célèbres transfuges du bloc soviétique.
Très tôt, le jeune Viktor se découvre un talent exceptionnel pour le jeu d’échecs. Repéré par le système soviétique, il gravit les échelons à toute vitesse. Mais derrière les médailles et la gloire se cache une mécanique implacable : manipulations, favoritismes, chantages politiques… Korchnoï comprend vite qu’au sein de la Fédération soviétique, les échecs ne sont pas seulement un sport, mais une arme au service du régime.
Dans un monde où chaque déplacement est surveillé, où le KGB s’invite jusque dans les tournois, Korchnoï refuse de se plier aux règles du jeu. Trop libre, trop critique, il devient un homme à surveiller. Son franc-parler, son amitié avec l’Américain Bobby Fischer et ses refus répétés d’obéir aux injonctions du Parti communiste attirent la méfiance des autorités.
Lorsqu’en 1974, le jeune Anatoli Karpov, docile et idéologiquement fiable, est préféré à lui pour représenter l’URSS, Korchnoï comprend qu’il n’aura plus d’avenir dans son propre pays.
Deux ans plus tard, en plein tournoi à Amsterdam, Korchnoï saisit sa chance : il quitte la salle de jeu, se rend au commissariat le plus proche et demande l’asile politique. En un instant, il devient un traître aux yeux de Moscou, mais un héros aux yeux du monde libre.
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Roméo et Juliette de Prokofiev, ou comment concilier Shakespeare et les exigences du pouvoir soviétique
Son exil marque le début d’un duel historique. En 1978, aux Philippines, face à Karpov, l’enfant prodige du régime, Korchnoï incarne le transfuge, l’homme libre défiant tout un empire. Pendant trois mois, la planète entière suit ce match devenu symbole de la guerre froide : affrontement psychologique, accusations d’hypnose, querelles sur un simple yaourt… Rien ne sera épargné à ces deux hommes que tout oppose.
Dans cet épisode, Franck Ferrand retrace l’histoire fascinante de Viktor Korchnoï, survivant du siège de Leningrad, génie rebelle des échecs et symbole éclatant de résistance face à la tyrannie.
Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte
RÉCIT – « L’ange de la Cordillère des Andes », l’aviateur Guillaumet a lutté sans relâche pour survivre
5 choses à savoir sur Louis Bonaparte, le frère oublié de Napoléon
L’Atlantide, un mythe éternel ou une réalité disparue ?
RÉCIT – 1816, l’année sans été : l’éruption d’un volcan indonésien a plongé le monde dans un chaos climatique
Cet article Viktor Korchnoï, le dissident soviétique qui a transformé les échecs en arme politique est apparu en premier sur Radio Classique.
By Leningrad, hiver 1943. La ville est en ruines, assiégée, glacée… Dans les rues, un garçon de douze ans tente de survivre. Il s’appelle Viktor Korchnoï. Rien ne le destinait à devenir l’un des plus grands joueurs d’échecs de tous les temps, ni l’un des plus célèbres transfuges du bloc soviétique.
Très tôt, le jeune Viktor se découvre un talent exceptionnel pour le jeu d’échecs. Repéré par le système soviétique, il gravit les échelons à toute vitesse. Mais derrière les médailles et la gloire se cache une mécanique implacable : manipulations, favoritismes, chantages politiques… Korchnoï comprend vite qu’au sein de la Fédération soviétique, les échecs ne sont pas seulement un sport, mais une arme au service du régime.
Dans un monde où chaque déplacement est surveillé, où le KGB s’invite jusque dans les tournois, Korchnoï refuse de se plier aux règles du jeu. Trop libre, trop critique, il devient un homme à surveiller. Son franc-parler, son amitié avec l’Américain Bobby Fischer et ses refus répétés d’obéir aux injonctions du Parti communiste attirent la méfiance des autorités.
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