Le récit d'Antoine, ou comment un club de sport peut devenir un terrain de chasse pour prédateur sexuel...
Impunité garantie !
Depuis les révélations de la patineuse Sarah Abitbol en 2020, la parole s'est libérée dans le monde du sport français. Une cellule ministérielle dédiée a recensé, depuis sa création en décembre 2019, 655 signalements impliquant 97 % d'hommes et concernant 54 fédérations sportives. Cette libération de la parole en France suit, comme souvent, celle aux Etats Unis, une étude a révélé que 3,8 % des athlètes d'élite américains ont été victimes d'agressions sexuelles durant leur minorité dans le contexte sportif, la majorité des agresseurs étant des figures d'autorité, principalement des entraîneurs.
En 2023, plus de 300 entraîneurs, enseignants etresponsables sportifs ont été accusés d'abus sexuels ou de complicité de dissimulation, selon la ministre des Sports. Depuis 2020, 1 284 plaintes ont été déposées, entraînant des poursuites pénales pour 186 personnes et des sanctions pour 624 autres .
Pour prolonger nos échanges, l'article de Lucie :
CAVACS FRANCE - Violences sexuelles dans le sport : quand le coach devient prédateur
Dans un autre article nous abordons la responsabilité collective face aux violences sexuelles à l'encontre des jeunes sportifs.
Les violences sexuelles subies par les enfants dans leur club de sport impliquent aussi les familles et plus largement les institutions, sociales, culturelles, politiques.
Quand l’enfant révèle des violences sexuelles, la famille réagit souvent par le silence. Ce silence pose des questions sur les dynamiques familiales, les enjeux psychologiques et sociaux, et les conséquences pour l’enfant. Cet article examine pourquoi les parents peuvent refuser de protéger l’enfant, les implications pour la famille, les effets sur l’enfant et si la gravité des séquelles dépend de l’âge des offenses.
L’article n’aborde pas ici les enjeux institutionnels qui pèsent sur le refus de la parole de l’enfant. Le poids considérable du mythe multiséculaire de la famille nucléaire regroupant deux adultes, un homme, une femme, mariés ou non semble servir d’étayage aux actions des services sociaux.Même si celles-ci s’habillent d’un slogan inattaquable : « pour l’intérêt supérieur de l’enfant ». On veut bien ignorer que sous ce noble slogan l’action réactionnaire des groupes masculinistes qui refusent de voir une société évoluer.
Dans tous les cas, le coût social est considérable. Il est largement occulté car s’il s’agissait de prendre véritablement en compte « l’intérêt supérieur de l’enfant », les effets sur nos constructions sociales seraient cataclysmiques. Aussi dévastateurs à l’échelle de nos sociétés qu’ils peuvent l’être à l’échelle d’une famille.
Cela met en évidence la responsabilité collective sous ses aspects institutionnels et citoyens. La protection de l'enfance en danger est aussi essentielle que l'égalité entre hommes et femmes, ainsi que la relation entre l'Homme et la nature.
La suite ici : CAVACS FRANCE - Lorsque l'enfant disparaît