Platon est incontournable. Il a fondé nombre de nos problématiques philosophiques. Mais ça ne fait pas de lui un bon auteur… Platon s’opposait au relativisme des sophistes. Ces dernier·ères considéraient toutes connaissances comme relatives à celui ou celle qui la pense. Platon préférait présumer d’un monde des « Idées » comme fondation des connaissances. Ce serait même ce monde, séparé du monde sensible, qui serait la réalité véritable. Il prenait tout simplement ses idées pour la réalité. Platon séparait également la raison et le sensible. Ainsi, il considérait que seule la raison serait fiable pour produire des connaissances. En rejetant tout recours au sensible, le seul critère de sa vérité était la cohérence logique. C’est insuffisant, de nombreuses théories sont cohérentes sans être vraies, sans correspondre à la réalité. Ainsi, tout comme il privilégiait ses « Idées » sur le monde sensible, il privilégiait une lecture morale de toute expression esthétique. Il identifiait le beau à l’expression d’une morale supérieure. Dans la situation conflictuelle de l’époque, les conceptions de Platon contribuaient alors à défendre un ordre social menacé. Il prétendait être égalitariste, mais il était le fondateur d’une tradition philosophique autoritaire. Ainsi, Platon a alimenté les prétentions des autoritaires qui se croient bienveillant·es. Attaquons les origines d’une rengaine aux conséquences meurtrières.