Depuis quelques mois, comme vous sans doute, je roule en vélo, enfin sauf quand ilpleut, sauf quand il neige, sauf quand j’ai froid, sauf quand il grêle…Autant vous direque cet hiver, mes sorties et trajets à pédalade ont été assez rares. Par contre, jesors par tous les vents ! Vent d’Ouest, vent d’autan, vent de travers, vent frais, grandcoup de vent sur la monture, vent chaud, vent du désert, j’aime le vent. Il réveillemon sang de Manchote insulaire ! Quand il souffle sur mon pif et ma bécane en rouelibre, j’ai l’impression de chevaucher sur les routes avec un vieux copain de toujours.Le vent balaye mes idées fixes, fait le tri dans mes pensées, évacue les trop-pleinsdu mental, réanime tout ce qui sommeille en moi, stimule mon réservoir énergétiqueavec une vigueur joyeuse qui me rend hilare. Perchée sur ma selle, les mainscramponnées au guidon, je gobe le vent la bouche ouverte et m’en remplit le corps etle coeur jusqu’à débordement. Vous aussi, vous avez sûrement une attacheparticulièrement forte et vibrante à l’un des éléments de la nature. Au feu du soleil quivous réchauffe la couane, au bleu pur du ciel qui vous met en émoi, au moelleux del’herbe qui vous invite à une sieste allongée, aux senteurs de la rose et du jasmin, àla pluie qui vous rappelle que vous êtes chtis et que vous ne perdez pas le Nord, à laneige qui réveille votre âme de poète romantique, à la mer qui vous emmène au-delàde vous et vous ramène en votre centre au fil de ses flux et reflux. Nous avons desalliances avec la nature, par les goûts, les couleurs, les senteurs, les ressentis, noussavons ce qui nous fait du bien, ce dont notre corps a besoin. Et il est bon d’enprofiter, d’y puiser des ressources, de boire l’eau du ciel gosier grand ouvert, de serouler dans les herbes douces et folles, de faire la planche les bras en croix surl’Océan géant, de grimper dans les arbres et d’enlacer l’écorce, de faire crisser laneige en tassant les cristaux, de se mijoter des soupes de plantes sauvages et decauser du temps qui passe avec une coccinelle à pois ! Notre relation d’amour avecla moindre parcelle de nature est l’analogue d’un atelier art-thérapie : elle nouslibère, nous apaise, nous allège. Par ce lien, on s’ancre, on se pose, on setrouve.Les amis, zef-thérapie, neige-qui-crisse-thérapie, clapotis-thérapie, cure-de-soleil ou hélio-thérapie, herbes douces ou phyto-thérapie, rigologie, bains de forêt ousylvo-thérapie, rubis turquoise ou lithothérapie, pépiements ou sono-thérapie, lanature nous offre moult moyens bienfaisants à utiliser sans modération pour selibérer de tensions corporelles et psychiques, pour remplir notre réservoir d’émotionspositives. Cueillons, buvons, absorbons à profusion ces cadeaux de la nature,chacun selon ses appétits ! Que votre semaine soit belle, joyeusement embarquéedans un vent de folie douce !