La version du conte de Jeanne Marie Leprince de 1756 est probablement celle des versions qui plongent ses racines dans les temps les plus reculés puisqu’on en trouve des traces dès l’antiquité. Probablement parce le thème : la beauté et la laideur – et l’attitude que nous avons face à elle - sont des thèmes qui touchent tout un chacun. Comment accueillons nous les êtres différents et comment acceptons nous que les autres ne soient pas taillés à notre image. Nous suivrons la version qu’André-Ernest - Modeste Grétry donnera de l’œuvre à la cour du roi de France. Il faut préciser que le compositeur – belge d’origine - avait été appelé par Parie Antoinette comme professeur de clavecin mais aussi Directeur de la musique et pourvoyeur des divertissements royaux. C’est d’ailleurs au Palais de Fontainebleau que l’œuvre sera créée le 9 Novembre 1771. Zémyre, l’héroïne du conte, pour sauver son père est obligé d’aller le remplacer auprès d’Azor un terrible monstre effrayant comme prisonnière pour avoir pénétré dans le domaine en bafouant l’autorité de son propriétaire. Ce dernier tombe, bien sûr, amoureux de la belle jeune fille et cette dernière consent, après voir défailli face à sa laideur épouvantable, à le regarder et à voir les qualités de cœur qui anime cet homme et à ne plus le fuir. Elle va finir par l’aimer et lui trouver bien des qualités et faire ainsi tomber le sortilège qu’une fée malveillante avait jeté sur Azor. Le monstre se transforme alors sous les yeux de Zémyre en un jeune roi prêt à l’épouser. C’est comme dans la Cenerentola de Rossini, le « triomphe de la bonté ». Cet opéra en forme de conte nous propose également une partition fine et élégante – très 18ème siècle -qui contient le célèbre « air de la fauvette », morceau de bravoure pour le répertoire des sopranos qui, à l’instar de Mady Mesplé dans l’enregistrement utilisé pour cette émission, permet de faire valoir une voix exceptionnelle.
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