Veronika Mabardi est née à Leuven (Louvain) dans une famille cosmopolite avec une maman flamande, un papa à moitié belge, à moitié égyptien, deux frères et une sœur, dont deux nés en Corée. Sa vie connaît un tournant lorsquʹen 1972, alors quʹelle nʹa pas dix ans, ses parents sʹinstallent de "lʹautre côté", dans la partie où le français est la langue dominante. Contrainte de sʹadapter, elle finira par oublier son origine flamande. Jusquʹà ce jour de lʹannée 2005 où, lors d'une table ronde à Anvers, les organisateurs préciseront en néerlandais que Veronika Mabardi est " schrijfster ", écrivaine. Au moment où le mot est prononcé, une drôle d'émotion l'envahit. Une jubilation enfantine: oui, " schrijfster ", c'était bien elle. Comme elle a appris les deux langues, elle essaie de continuer en néerlandais. Mais les mots ne sortent pas. Comment récupérer cette langue, abandonnée durant son enfance? Mot après mot, elle se trouve embarquée sur un chemin hasardeux, de rencontre en rencontre, entre mémoire et imagination, d'une langue à l'autre.
Création documentaire: Veronika Mabardi.
Photo: Paysage où Veronika Mabardi, l’écrivaine-auteure de documentaire radiophonique, a passé son enfance, à Linden, non loin de Louvain, Flandre, Belgique.