Tous les jours, Marie, Fatima et N'diatou appellent le 115 pour trouver un hébergement d'urgence à Toulouse. Comme elles, 5000 personnes vivent actuellement à la rue dans cette ville du sud-ouest de la France. Quand elles sont chanceuses, on leur propose un lit. Quand elles raccrochent sans espoir, elles partent vite se cacher dans un coin, à l'abri des regards menaçants. L'annonce du confinement a été pour elles un immense soulagement. Ce soir-là, elles se trouvaient au centre d'hébergement d'urgence pour femmes appelé "D'un jour à l'autre". D'habitude, une fois la nuit passée, tout le monde doit quitter les chambres au petit matin. Mais le 17 mars, les professionnel.e.s du centre ont décidé qu'aucune des vingt femmes présentes ne serait renvoyée dehors. Une exception dans la ville rose, où la majorité des sans-abris se sont retrouvés livrés à eux-mêmes.