Depuis la révolution tunisienne de 2011, le mouvement hip-hop a joué un rôle central dans la société civile tunisienne. Profitant de l'élan de liberté suivant la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, plusieurs breakdancers marginalisés ont pu ouvrir des salles de danse, organiser des battles et des cours sans peur des répressions. Mais depuis quelques années, l'engouement des premières années post révolutionnaires semble s'essouffler. Confrontés aux difficultés économiques et au manque de soutien des institutions culturelles, la communauté hip-hop est tentée par la promesse d'une meilleure carrière à l'étranger, quand les plus jeunes résistent à une fuite désespérée vers un exil clandestin ou le djihadisme. Omar Ben Amor, l'un des piliers du mouvement breakdance à Sfax, deuxième ville du pays, se retrouve tiraillé entre toutes ces réalités, perdu entre une profonde résignation et la volonté de faire avancer les choses.