Du 7 avril au 4 juillet 1994, près dʹun million de personnes ont été méthodiquement assassinées au Rwanda. A cette abomination sʹen ajoute une autre: les viols de masse perpétrés sur de très nombreuses jeunes filles et femmes. Entre 100ʹ000 et 250ʹ000 femmes Tutsi ou Hutu mariées à des Tutsi et considérées comme traîtresses, ont été violées. Le viol comme arme de destruction massive et insidieuse d'une société, c'est ce qu'ont programmé les génocidaires. Car même rescapées, même survivantes, ces femmes endurent depuis 25 ans le traumatisme de ce crime qui n'en finit jamais. Honte, marginalisation, souffrance, et souvent, grossesse indésirée et grande difficulté à aimer l'enfant né du viol. Cette réalité est taboue encore aujourdʹhui et l'ONG rwandaise Sevota, fondée fin 1994 par Godelieve Mukasarasi, est une des rares structures à proposer un travail de reconstruction à ces femmes.