Au Japon, le mouvement #MeToo est très peu suivi. Les rares femmes qui osent se présenter comme victimes de viol ou d'harcèlement sexuel en public subissent un profond sentiment de honte, de violentes critiques et risquent parfois lʹexclusion sociale. Leur prise de position est dʹautant plus difficile à faire entendre que la société nippone est encore très patriarcale et consensuelle, le débat contradictoire nʹexistant pas vraiment dans le pays où règne un idéal mythifié d'harmonie sociale. Selon le dernier rapport du Forum économique mondial publié en novembre 2017, sur la question de la parité et de l'égalité homme/femme, le Japon est classé 114e sur 144 pays. Comment alors faire entendre la voix de celles qui brisent la loi du silence? À Tokyo, une poignée d'hommes et de femmes luttent contre les stéréotypes d'une Japonaise docile et soumise aux désirs masculins.