Avec le confinement dû au Covid19, des niveaux sonores historiquement bas ont été enregistrés partout sur la planète, avec des effets bénéfiques sur la biodiversité. Dans une "ville monde" comme Paris, le volume sonore a baissé de près de 80 % depuis la mise en quarantaine de ses habitants, commerces, industries et moyens de transports. Certaines personnes ne sont pas indifférentes à cette nouvelle ambiance et ont lʹimpression de pouvoir "respirer par les oreilles" en entendant de discrètes sonorités qui, dʹhabitude noyées dans la cacophonie quotidienne, refont surface. A contrario, dʹautres ont le sentiment dʹétouffer, écrasées par un silence quʹelles nʹarrivent pas à apprivoiser dans une ville quʹelles ne reconnaissent plus, Paris étant subitement devenue une cité fantôme, une "ville de pierre, une ville archéologique restée intacte". À quoi ressemble alors ce nouveau paysage sonore? Que révèle-t-il de l'état de notre monde et de notre rapport au silence? Une preneuse de sons, Floriane Pochon, la directrice de lʹObservatoire du bruit en Île-de-France, Fanny Metlicky, et deux historien.ne.s, Arlette Farge et Alain Corbin, sʹinterrogent depuis leur fenêtre...