Au Brésil, la politique dʹenfermement massif a fait exploser la population carcérale, multipliant le nombre de prisonniers par 4 en 20 ans. Enfermés, les prisonniers ne coûtent pas cher au gouvernement. Ce sont les familles - et en particulier les femmes dʹincarcérés - qui amènent chaque semaine, lors des visites, les produits de première nécessité. Leurs maris, en échange, leur offrent sécurité et protection dans les quartiers, grâce aux réseaux de solidarité des prisonniers. Le temps des peines de leurs maris, bien souvent à répétition, les femmes de détenus parcourent chaque week-end des centaines de kilomètres pour se rendre dans les prisons où ils sont incarcérés.