A Parte

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By GinkioNews
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A Parte episodes

  • Ouvrir au plus grand nombre la création sonore, avec Sarah Lefevre

    Transmission c’est d’abord une école libre de radio et du son. A l’origine de ce projet associatif, Charlie Dupiot, Ziad Maalouf, Pierre Chaffanjon, Thibaud Delavigne et Sarah Lefèvre.  Cette dernière raconte comment est née leur envie de repenser la radio, devenue aujourd’hui essentiellement un canal où “des gens parlent dans un micro”. 

    Objectif : redonner de l’espace à la création sonore, au moment où celle-ci devient accessible à tous ou presque grâce aux outils numériques. L’ école Transmission  est gratuite, ouverte à tous les profils. Elle forme durant 6 mois, à raison d’une demi-journée par semaine, aussi bien à la prise de son, au montage, au mixage qu’à l’écriture de récit. En deux promos, l’école a remporté deux prix au festival Longueurs d’ondes de la radio et de l’écoute à Brest.

    Prochaine étape, l’ouverture d’un lieu, la Cassette, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Ce projet, en cours de financement participatif, doit ouvrir au second semestre 2020. Sur 100 mètres carrés, il proposera un espace de production, de création, d’écoute et d’éducation aux médias. Cet ancrage en Seine-Saint-Denis doit permettre d’ouvrir la création radiophonique au-delà de l’audience et de la création de podcasts, encore très CSP+.

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    Pour aller plus loin 

    • https://www.trsm.io/
  • https://soundcloud.com/radio_narration_partage/
  • https://podcast.ausha.co/transmission/tout-de-suite-les-grands-mots
  • https://podcast.ausha.co/legitime-violence/legitime-violence-l-integrale
  • La campagne de financement participatif de la Cassette : https://fr.ulule.com/la-cassette/

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    L’essentiel de l’épisode 


    Transmission, le projet et l’école

    [00:04:36]

    Aujourd'hui, la radio, c'est des gens qui parlent dans des micros. C'est beaucoup de talks. Nous, on a envie avec d'autres gens de repenser un peu ça. Quand on a eu vent de cette idée, on s'est dit : nous aussi, on a envie de rejoindre ce collectif-là, de penser avec vous la création sonore de façon beaucoup plus collective,

    [00:06:53]

    On s'est dit : on veut créer cet espace de création un peu plus ouvert, même si avec nos moyens, bénévoles, ouverts, c'est-à-dire libres dans la création qu'on a envie de mener, et gratuit, c'est-à-dire accessible à toutes et tous, sans condition de diplôme, d'âge, etc. Le problème, c'est que c'est spatial cette affaire puisqu'on est tous basés sur Paris. Donc, on peut avoir envie d'intégrer Transmission à Marseille, mais ça va coûter un peu plus cher en train. Cela reste les limites humaines du projet.

    [00:11:56.540]

    En revanche, on a très envie de faire venir au maximum de gens, c'est hyper ouvert. Pour le moment, c'est très blanc, c'est très féminin, un peu à l'image du podcast aujourd'hui. On aimerait beaucoup que des gens qui, au départ, ne se voyaient pas forcément devenir auteur ou autrice nous retrouvent. On aimerait s'entourer aussi davantage de réalisateurs, de gens qui aiment vraiment bidouiller le son, de techniciens du son.

    Podcast ou radio, ou... ?

    [00:16:43]

    On s'est dit : on va aller créer ces espaces sur les ondes libres que peuvent être les ondes numériques. Tout le monde appelle ça le podcast. Nous on n'est pas hyper fans de ce terme, aussi bien à Transmission qu'avec les copains avec qui on a fondé le label Convergence et donc ce premier documentaire “Légitime violence”, parce que “podcast”, c'est Apple, c’est un mot un peu imposé par l’industrie.

    [00:17:18]

    Disons que c'est une sorte d'étiquette aussi que pose un peu chacun comme il veut. On ne veut pas imposer de mots aux gens. On fait du son, on fait de la création sonore, on fait de l'audio. Moi audio je trouve que ça fait un peu matériel Hi-Fi, espace chez Darty, c'est pour ça que je n'aime pas trop ce terme. On fait du documentaire, on fait des petits objets, on fait des pièces, on fait des oeuvres, on fait ce qu'on veut, en fait.

    Là aussi, on est libre dans la façon chacun d'appeler ça comme on l'entend. Si ça va aux gens de dire podcast, eh bien disons podcast et c'est comme ça.

    [00:18:17]

    En fait, on a tendance à confondre le moyen de diffusion - qui est ou le podcast ou les ondes hertziennes pour la radio - et le format.

    Le podcast dans la bouche des gens, c'est aussi devenu un format. J'en parlais avec des amis et ils me disent tous : pour moi, en podcast, c’est un truc à la première personne qui raconte l'intimité. Non, en fait un podcast c’est un objet sonore en ligne sur les ondes numériques.

    [00:19:44]

    Je pense que cet usage, il est fort dans cette explosion dont les gens parlent. Certes, il y a plusieurs millions d'auditeurs, il y a de plus en plus de gens qui découvrent le podcast, mais ce n'est pas non plus la révolution des ondes numériques. Calmons nous ! Moi, je trouve que c'est toujours un peu les mêmes milieux sociaux qui écoute le podcast.

    [00:20:36]

    Aujourd'hui, on se rend compte que le podcast c'est beaucoup se réapproprier des histoires, cet espace de l'intime, de l'entretien et finalement, cette pause aussi dans le temps, un moment assez suspendu. 

    [00:22:47]

    C’est quand même pas le truc le plus rentable qui existe. En fait aujourd'hui dans le monde du podcast, il y a le podcast dit industriel, c'est-à-dire des éditeurs, des agrégateurs privés et des diffuseurs, je pense à Spotify, Deezer, à Apple qui veut aussi s'y mettre, mais aussi des aux studios de podcasts comme Binge Audio, comme Nouvelles Écoutes, qui font entrer des capitaux privés, qui vivent de la pub, etc.

    Eux commencent à avoir des moyens parce qu’en fait, ils s'adaptent à un système en ligne de publicité, de flux, etc. Et voilà, c'est ça ce qu'on appelle aujourd'hui l'eldorado du podcast. Donc, il y a des gens qui en vivent bien, mais en fait il n'y en a pas tant que ça. 

    Et en fait, les gens qui veulent créer sur du temps long, comme moi, comme plein d'autres, je pense aussi aux Sons fédérés, qui est un nouveau collectif et peut-être bientôt un nouveau syndicat regroupant 200 auteur·e·s, nous les artisans du sons, nous réfléchissons à comment faire son travail correctement. Et tous à côté nous faisons d’autres métiers.

    Pourquoi un lieu ?

    [00:25:12]

    Un lieu, ça permet d'ouvrir ce collectif mais surtout cet espace de transmission à d'autres qu’à cette seule promo qui dure 6 mois, d'une vingtaine d'élèves.

    L'idée, c'est de concevoir ce lieu comme un espace d'échanges, de rencontres, d'écoute. On aimerait organiser des soirées pour les lancements de créations de podcasts de certains, certaines. On aimerait inviter des gens de l'extérieur pour parler de leurs projets. On a envie d'ouvrir surtout aux territoires, avec cette idée de faire des ateliers d'éducation aux médias aussi bien dans les établissements scolaires que dans d'autres structures. Ça peut être aussi aller faire des ateliers avec des personnes âgées dans un EHPAD, ça peut être rencontrer les acteurs culturels et proposer des résidences à des auteurs aussi de la Seine-Saint-Denis ou de la région parisienne, ou à d'autres en France.

    [00:28:39]

    A l’occasion de cette campagne de financement, on reçoit des messages. Cela nous donne envie d'aller faire des petits ailleurs. Dans ce collectif, on est aujourd'hui une vingtaine avec les anciens élèves qui nous ont rejoints, on est tous déjà en train de se dire qu'un peu, au fur et à mesure, on va sans doute déménager, aller à la campagne, suivre cet exode urbain qui commence petit à petit. Et rien n'empêche à ce qu'on s'exporte un peu aussi.

    [00:30:07]

    Quand on parle d'explosion du podcast, c'est l'explosion de l'offre parce que on a de plus en plus accès à une diffusion comme les plus grands. Et c'est ça qui est joli dans ce qui se passe aujourd'hui, c'est que la radio, l'audio en tout cas, se démocratise. Et nous, ce sont ces énergies-là qu'on a envie d'accompagner. On n'est pas non plus là pour faire que de l'info, on a aussi envie de créer. On a envie de s'amuser. On a envie d'être un peu fous et ce monde mérite ça. Et il mérite d'entendre en tout cas ces voix-là. C'est ça l'utilité publique dont on parle, c'est d'accompagner ces nouvelles personnes qui ont envie de prendre la parole.

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    Crédits 

    Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux

    Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
    Réalisation sonore : Raphaël Bellon
    Design graphique : Benjamin Laible
    Communication : Laurie Lejeune
    Générique et habillage sonore : Boris Laible
    Intégration web : Florent Jonville
    Production : Ginkio et Samsa.fr

    34 min
  • Trouver des indicateurs d'audience pour un média, avec Yann Guégan

    Le pilotage de l’activité éditoriale des médias en ligne se fait souvent sur la base de données assez peu élaborées: celles fournies par défaut par les outils de mesure d’audience comme Google Analytics qui fournissent avant tout un nombre de pages vues et de visites. Des données qui ne fournissent pas toujours des informations très utiles aux rédactions. Yann Guégan, journaliste chargé de l’innovation éditoriale pour le site d’information professionnelle en ligne Contexte, a décidé de s’attaquer à la question. Son idée: élaborer un indice de performance composite pour évaluer la performance de chaque article. Cet indice est aligné avec la stratégie et le modèle économique du média qui repose sur l’abonnement.

    Innovateur depuis des années dans le domaine du data journalisme, Yann Guégan continue à creuser le filon de l’exploitation des données ouverts (comme avec l’enquête publiée récemment sur les incidents dans les centrales nucléaires françaises depuis 1973) ou fermées (comme avec l’enquête sur l’évolution des tarifs de la SNCF).

    En filigrane de sa carrière de journaliste, Yann Guégan considère que la question de la défiance des citoyens vis à vis des journalistes et des médias est centrale. Résultat: il multiplie les expériences pour restaurer le lien de confiance et il a décidé de rejoindre le nouveau Conseil de déontologie journalistique et de médiation, le CDJM.

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    Pour aller plus loin : 

    • L'article de Contexte : Comment réconcilier les journalistes avec la mesure d'audience
  • 40 ans d'événements dans les réacteurs nucléaires français
  • L'article : Ces lignes où la SNCF se lâche sur les prix
  • Le site du CDJM

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    L'essentiel de l'épisode

    • Créer des nouveaux indicateurs d’audience [00:02:33] 
  • C’est quoi un article qui marche ? [00:06:13] 
  • Reconstruire la confiance dans les médias après les gilets jaunes [00:21:15] 
  • Le Conseil de déontologie journalistique pour renouer la confiance[00:27:26]
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    Crédits 

    • Interviews : Sébastien Bailly, Elise Colette, Philippe Couve, Jean-Baptiste Diebold, Marianne Rigaux
  • Idée originale :  Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation sonore : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Intégration web : Florent Jonville
  • Production : Ginkio et Samsa.fr


  • Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    40 min
  • BFM en région : de l'info en continu et des smartphones, avec Philippe Antoine

    Filmer à l’iPhone plutôt qu’avec une caméra professionnelle est une pratique qui fait son chemin dans les télévisions, et même au cinéma. Mais les rédactions des chaînes françaises qui ont franchi le pas se comptent sur les doigts d’une main. Et sur ces doigts, on trouve surtout les déclinaisons régionales de BFMTV. Elles sont désormais quatre : après Paris, née en 2016, Lyon, en septembre 2019, BFM Grand Lille et BFM Grand Littoral ont vu le jour en février 2020. Les journalistes tournent leurs reportages à l’iPhone et les présentateurs des journaux, eux aussi, sont à la pointe de l’innovation puisqu’ils lancent les éléments de leurs conducteurs tous seuls. Sans soutien technique en régie. 

    Philippe Antoine, directeur des rédactions de BFM Régions, détaille les avantages de ces nouvelles pratiques, mais aussi leurs limites. Il nous raconte aussi les objectifs du groupe Altice de constituer des rédactions régionales et les prochaines étapes de son expansion.

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    Pour aller plus loin : 

    • BFMTV Paris
  • BFMTV Lyon
  • BFMTV Lille
  • BFMTV Grand Littoral

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    L’essentiel de l’épisode 

    • L’homme orchestre sur le plateau des journaux [03:09]
  • Le Mojo sur le terrain [06:18]
  • Les limites du Mojo [08:50]
  • Le Mojo complémentaire du tournage classique [10:00]
  • La formation aux nouvelles techniques de tournage [15:51]
  • Les formats du Mojo [17:54]
  • Les résistances à l’introduction des nouvelles technologies [22:22]
  • Les concurrents de BFM Régions [24:11]
  • La publicité locale [27:50]
  • Le développement de BFM Régions  [27:50]
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    Crédits :

    Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Philippe Couve

    Réalisation et post-production : Raphaël Bellon

    Design graphique : Benjamin Laible 

    Communication : Laurie Lejeune

    Générique et habillage sonore : Boris Laible

    Production : Ginkio et Samsa


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    35 min
  • Médiacités : les défis d'un pure player local, avec Jacques Trentesaux

    Le site d’investigation locale Médiacités attend beaucoup des élections municipales de mars. L’occasion est idéale pour ce média “multi-villes” de recruter de nouveaux abonnés et de se rapprocher ainsi de l’équilibre financier. Pour cela, il lui en faut 8000. Après quatre ans d’existence, le site arrive à mi-chemin aujourd’hui avec 3500 adhérents et le rythme s’accélère. Jacques Trentesaux, son cofondateur et directeur de la rédaction, ex-rédac chef au magazine L'Express, raconte comment Médiacités se fait sa place face aux géants de la presse quotidienne régionale.

    L’alpha et l’oméga, ce sont des enquêtes menées en dehors de Paris. A partir de là et avec son réseau d’une centaine de pigistes, Médiacités multiplie les nouveaux formats et les innovations éditoriales. La plateforme Véracités permet de répondre aux interrogations des abonnés. Les vidéos Youtube “Bloody mairie”, gratuites, donnent du fun à une rédaction à l’ADN très sérieux.  Des ateliers permettent d’informer différemment en mettant les journalistes et des adhérents dans la même pièce…

    Pour asseoir son indépendance, Médiacités a choisi le modèle de l’abonnement tout en agrégeant une kyrielle d’actionnaires réunis dans un pacte qui laisse les mains totalement libres à la rédaction. Le “cousin” Médiapart y est allé de sa contribution. Pas question pour l’instant d’ouvrir de nouvelles villes, il faut consolider les bases à Lille, Lyon, Toulouse et Nantes.

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    Pour aller plus loin : 

    • Le site de Médiacités
  • La fabrique de Médiacités

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    L’essentiel de l’épisode 

    [00:02:37] On reste une petite équipe avec à peu près 10 journalistes à temps plein sur Médiacités. Mais on travaille avec un réseau de pigistes, donc des journalistes indépendants qui sont dans les villes de couverture : Lille, Lyon, Toulouse et Nantes. 

    [00:04:00] Il nous faut 8 000 abonnés pour être à peu près à l'équilibre sur quatre villes. On est à peu près à 3 500. On est encore loin du compte mais ce qui est important, c'est la dynamique: chaque mois, on bat notre record et ça s'accélère. 

    [00:05:34] On part d‘une une vision, en tout cas une envie, c'est qu’il faut enquêter en dehors de Paris. La France ne se résume pas à Paris et la presse, globalement, est faible en dehors de Paris. 

    [00:06:25] Nous sommes persuadés que les gens sont moins au courant de ce qui se passe dans leur environnement immédiat qu'au niveau national et quelque part, c'est incohérent.

    Les municipales

    [00:06:47] La base, le fondement, c’est l'investigation locale. Et après, on développe des projets et des innovations éditoriales, des produits éditoriaux. 

    Véracités, c'est une plateforme de questions-réponses (dont le nom d'ailleurs a été choisi par un abonné) qui est pour l'instant dédiée aux municipales. La rédaction se met à la disposition des abonnés et des lecteurs pour répondre à leurs interrogations sur les municipales.

    [00:08:30] Au-delà des municipales, nous avons les enquêtes contributives. Là, l'idée, c'est de proposer de travailler avec notre communauté de lecteurs. C'est nous qui avons choisi le thème : la gentrification.

    [00:09:19] Qu'en pensez-vous? Qu'est ce que vous avez envie de lire? De quoi avez vous envie de témoigner? On a eu plus de 130 contributions à partir desquelles on a bâti un programme éditorial. 

    Au final, il y a eu entre 15 et 20 articles. Les articles étaient étayés par les questions ou les témoignages des lecteurs. Et pour couronner le tout, on a créé des ateliers lecteurs. Entre 40 et 50 personnes sont venues pendant deux heures par petites tables. On invitait les gens intéressés par le sujet à venir discuter et approfondir le sujet en présence de gens qui en savait un peu plus : un urbaniste de la ville en question, un photographe, une architecte...

    C’est prolongement naturel de notre métier de journaliste. On peut informer par les articles, mais on peut aussi informer par de la discussion, par des ateliers pourvu qu'ils soient préparés. A chaque fois, nous avons fait un carton plein.

    [00:11:50] Le format YouTube “Bloody mairie “ est né par la créativité de notre directeur marketing et son talent, c'est un Youtubeur né alors qu'il ne l'a jamais fait. Il a proposé de rajeunir l'image de Médiacités avec ces vidéos parce que nous sommes des journalistes de presse écrite très sérieux, un peu chiants.

    Le financement

    [00:13:08] La campagne de financement participatif a été la concrétisation du fait qu'il y avait un public. On s'était lancé sur nos deniers propres à Lille en accès libre, en disant : amis lecteurs, vous pouvez vous abonner si vous voulez, mais vous pouvez aussi consulter gratuitement pendant quatre mois. Mais au bout de quatre mois on va passer en payant. On a eu nos 456 premiers abonnés, en quelque sorte, puisque c'étaient des contributeurs Ulule. Et ça nous a permis de dupliquer le concept Médiacités dans les villes de Lyon, puis de Toulouse, puis de Nantes. 

    [00:14:40] L'Indépendance est une dynamique. C'est un état d'esprit. Il n'y a pas d'indépendance absolue. La première indépendance, c'est moi. Mon caractère comme directeur de la publication et de la rédaction. Est ce que je suis oui ou non indépendant? Est-ce que je me laisse influencer par les pressions? Il y en a beaucoup. 

    [00:15:08] Ensuite il y a le modèle économique, celui de l'abonnement. C'est la meilleure garantie de l'indépendance. On n'a pas de publicité et les abonnements longue durée, pour nous, c'est une sécurité et c'est très utile pour la trésorerie. 

    Et après, on a construit avec notre avocat des outils juridiques et un pacte d'actionnaires. Il y a 45 pages lectures indigestes mais ça répartit les rôles et ça nous permet à nous, les fondateurs-journalistes, de garder l'intégralité du pouvoir sur la ligne éditoriale. 

    Les actionnaires, on en a beaucoup. Selon l'adage diviser pour mieux régner, c'est pratique. Nous ne sommes pas défiants par rapport à nos actionnaires parce qu'ils nous aident, ils nous soutiennent et ils prennent un risque financier pour nous.

    Mais pour éviter que l'un d'entre eux veuille prendre le pouvoir, ils sont actuellement 40 actionnaires différents et aucun ne dépasse 5% du capital. Nous avons été voir aussi des groupes de presse indépendants et deux qui ont répondu à notre appel et on les en remercie. C’est Mediapart et Indigo Publications Indigo Publications, un groupe de presse professionnelle qui publie beaucoup de lettres confidentielles très haut de gamme.

    [00:16:27] Avec Mediapart, nous sommes des cousins, nous avons le même goût de l'enquête, le même modèle économique et ils nous ont soutenus. Mais ils sont à moins de 4% du capital, ils nous ont aidés de façon confraternel. Nous avons aussi des astuces éditoriales: on s'échange des articles puisqu'on on est très présents en régions et ils ne le sont pas. Cela fonctionne très bien comme ça mais chacun a sa ligne éditoriale et chacun est indépendant les uns des autres.

    [00:17:20] Nous venons de boucler une deuxième levée de fonds. Donc, on sait qu'on sera encore là dans un an. 

    [00:18:55] Si on tient encore un an avec un niveau de qualité comme on l'a, on pourrait être sortis d'affaire. Donc on n’a pas gagné, on est loin de l'équilibre économique, mais si on tient, on devrait pouvoir s'en sortir. Il faudra sans doute en passer par une nouvelle levée de fonds auprès de fonds d'investissement, ce qui nous aidera à déployer le réseau puisqu'il n’y a aucune raison de s'arrêter à quatre villes.

    Raconter le travail journalistique

    [00:19:20] Une des raisons de la suspicion vis-à-vis de notre profession, c'est qu'on n’explique pas notre travail. 

    [00:19:50] On sait des choses, on est initié, c'est un secteur très corporatiste, un métier même endogame. Donc, il y a moyen de ne pas se remettre en cause. Et pendant longtemps, on ne s'est pas remis en cause parce que le modèle économique était pour nous, parce qu'il y avait de la pub à gogo. Du coup, ça n’a pas contribué à une certaine humilité.

    [00:20:27] Moi, je trouve que c'est sain d'expliquer pourquoi on a choisi tel sujet, comment et combien ça coûte une pige. Une pige en moyenne c'est 900 euros avec les charges. 900 euros, c'est 15 abonnés. Les gens ont besoin, ont envie de savoir et ont envie de discuter. 

    L’investigation

    [00:21:30] On est très fier d'être à l'origine d'un redressement fiscal du gros assureur lyonnais April, qui avait pratiqué l'évasion fiscale à Malte. On a étudié les Malta files et on s'est aperçu qu’April usait et abusait de ces facilités fiscales et donc notre enquête a abouti à un redressement de 41 millions d'euros. Donc, on a fait gagner 41 millions d'euros à la collectivité. On en est fier et ça ne va pas s'arrêter là. 

    Les prochaines villes

    [00:23:11] Pour ouvrir une ville, ça coûte très cher. Au départ, vous avez toutes les charges mais pas les recettes. Pour l'instant, nous sommes trop fragiles pour ouvrir une cinquième ville, ce serait une fuite en avant. Nos actionnaires, nous nous le disent et nous préviennent et c'est normal.

    [00:23:30] En revanche, on peut imaginer d'autres systèmes, peut-être sous la forme de franchises ou des sociétés tierces qui porteraient le risque. Mais pour se lancer sérieusement avec un modèle comme Médiacités dans une nouvelle ville, il faut à peu près 200 000 euros, pour sécuriser à peu près trois ans d'exercice.

    [00:24:06] Plus le réseau se développera, plus on entrera dans un cercle vertueux parce que peu à peu, on s'érigera en médias spécialistes des territoires ou des métropoles.

    [00:25:58] Il faut qu'on réussisse parce qu'il y a un énorme espoir autour de nous. Je le sens, nous avons cette responsabilité et nous faisons tout pour y parvenir.

    Un conseil pour lancer un média aujourd’hui ?

    [00:26:15] Déjà, il faut discuter avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens, avec des profils diversifiés. Et après, il faut s'entourer parce que tout seul, c'est très, très dur. Il faut beaucoup de compétences pour réussir dans le secteur médiatique. Il ne faut pas être uniquement un bon journaliste et avoir une bonne idée. Il faut avoir des compétences de marketing, de finance. 

    Il faut vraiment avoir la casquette de l'entrepreneur. Et ça,ça n'est pas donné parce que souvent les journalistes et la gestion, c'est comme l'huile et l'eau, c'est vraiment aux antipodes. En revanche, sur un projet aussi puissant qu'un projet de presse, on peut agréger des compétences. C'est sans doute ce qu'il y a de plus beau dans cette aventure, c'est d'agréger des gens que je n'aurais jamais rencontrés indépendamment de Médiacités. 

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    Crédits : 

    • Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio
  • 29 min
  • Morceaux choisis de la première année d'A Parte

    Depuis le 20 février 2019, nous avons reçu 26 invité·e·s, à un rythme bimensuel, puis hebdomadaire depuis quatre mois. 

    Depuis notre première invitée, Aude Favre, journaliste devenue YouTubeuse, qui nous racontait comment elle traque les fake news, avec sa bonne humeur et sa foi en la nécessité d’informer et d’éduquer les jeunes aux médias, nous avons fait parler des datajournalistes, des vidéastes, des entrepreneur·e·s, des journalistes de presse locale, des podcasteurs, des pigistes, des stratèges, des redchefs, des pas chefs… 

    Bref, nous avons essayé de témoigner des transformations qui s’opèrent dans le monde de l’information en donnant la parole à des gens qui font et tentent des nouvelles manières d’informer, des nouvelles manières d’intéresser tous les publics au monde comme il se fait et comme il se raconte.

    Pour fêter ce premier anniversaire d’A Parte, nous avons voulu replonger dans nos archives et réécouter nos 26 épisodes pour vous proposer quelques extraits marquants. Le choix a été difficile, tant nos invités ont été différents. Nous n’avons donc choisi que quatre personnes et quatre extraits que nous vous proposons de réécouter ou tout simplement de découvrir.

    PS : Si vous voulez nous faire un cadeau pour ce premier anniversaire, surtout n’hésitez pas à aller mettre des étoiles dans Apple podcast : ce n’est jamais mauvais de se faire repérer par un algorithme par les temps qui courent et cela ne se fera que grâce à vous !

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    Pour aller plus loin 

    • L’épisode avec Gigi Huynh #18 : Comment RAD a propulsé Radio Canada sur les réseaux sociaux
  • L’épisode avec Jean Massiet #2 : Il joue avec la politique sur Twitch
  • L’épisode avec Martin Antoine #3 : Il présente l'actualité en stories
  • L’épisode avec Asia Ballufier #16 : Le Monde se lance dans l'investigation en vidéo
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    L’essentiel de l’épisode

    • [00:02:57]  L’extrait de l’épisode avec Gigi Huyn sur RAD.
  • [00:12:04]  L’extrait de l’épisode avec Jean Massiet sur la politique et Twitch.
  • [00:16:31]  L’extrait de l’épisode avec Martin Antoine sur Instagram.
  • [00:22:53]  L’extrait de l’épisode avec Asia Balluffier au Monde vidéo.
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    Crédits 

    • Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio

  • Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    28 min
  • #TransparenceCHU : l’union fait l’enquête en PQR, avec Cédric Motte

    Mi-janvier, les titres de presse locale ont affiché le même sujet en Une de leurs éditions papiers à travers la France. Cette grande enquête baptisée “Transparence CHU” a été construite à partir du site d’open data du gouvernement, Transparence Santé. L’intérêt de ces masses d’informations recensant les liens d’intérêts entre médecins et laboratoires pharmaceutiques avait été repéré par Frédéric Sallet, journaliste de Sud-Ouest. Le collectif Data + Local s’en est emparé et a convaincu les directions des journaux régionaux d’unir leurs forces pour sortir cette enquête d’envergure.Notre invité, Cédric Motte, est le coordonnateur de cette grande opération. Ce journaliste passionné de data est aujourd’hui directeur des produits digitaux et du développement éditorial du groupe de presse Centre France. A l’automne 2017, il a lancé le collectif Data + Local convaincu de la nécessité de la collaboration entre les rédactions et aussi de l’intérêt de s’inspirer d’autres pratiques comme celles des développeurs. Et c’est sur le groupe Slack de Data + Local que s’est construite l’investigation collaborative “Transparence CHU”. À surveiller : dans la perspective des municipales, le collectif a lancé un grand questionnaire “Si j’étais maire” pour tenter de faire émerger les préoccupations des citoyens à travers la France.

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    Pour aller plus loin

    • L’enquête #TransparenceCHU sur le site de La Montagne 
  • Cette enquête se fonde sur le site Transparence Santé
  • Le site du collectif Data+Local
  • Le making-off de l’enquête #TransparenceCHU sur le site de La Montagne 
  • L’interview de Cédric Motte sur le blog de Samsa 
  • Dans l’épisode 7 d’A Parte, la journaliste Rozenn Le Saint raconte comment elle utilise elle aussi la base Transparence santé pour mener des enquêtes dans le monde médical. 
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    L’essentiel de l’épisode

    La construction de l’enquête Transparence CHU 

    [00:03:57] C’est Frédéric Sallet de Sud-Ouest qui a repéré auprès du CHU de Bordeaux des anomalies et, fin septembre - début octobre, a contacté les membres du collectif Data+local qui regroupe les journalistes installés dans la rédaction de la presse quotidienne régionale. A partir de là, chaque journaliste lève la main d'une certaine manière dans le groupe Slack pour manifester son intérêt. Et donc là, Fred nous a fait passer un jeu de données qu'il avait récupéré de Transparence Santé qui est un site tout à fait public. A partir de là, on a commencé chacun à gratter les données. 

    Et ce qui est important et particulièrement intéressant, c'est que Frédéric, avec Marie Toulemonde également de Sud-Ouest, ont réfléchi à la méthode d'analyse des fichiers pour qu'on ait tous une lecture qui soit identique et qu'on n'ait pas pour les uns des valeurs qui ont une importance là où pour les autres, elle serait considérée comme nulle et non avenue. Donc, on fait une méthodologie de travail autour des fichiers qui a été constituée par essentiellement les journalistes de Sud Ouest et du coup, ils ont partagé et on a tous regardé avec cette méthodologie les documents et on s'est rendu compte qu'on avait tous des histoires à raconter sur les médecins et les liens d'intérêts entre ces médecins et l'industrie de la santé.

    [00:06:53] En fait, d'une certaine manière, appeler ça Transparence Santé, c'est un peu, voire complètement, survendu dans la mesure où il n'y a aucun contrôle de la transparence. C'est du déclaratif. Certains CHU n'étaient jusqu'à maintenant pas équipés de comité de déontologie sur ce sujet. Ils en ont potentiellement un sur les aspects médicaux, mais pas forcément sur cet aspect “financier”. Et donc, les effets de cette enquête dans certains CHU, ça a été de se dire qu’il était peut-être temps de s’équiper d'un comité de déontologie sur ces sujets-là. 

    [00:08:20] Il y a eu une prise de conscience de la limite des procédés et des processus actuels sur cette histoire de transparence, de liens d'intérêts entre les médecins et les labos, notamment.

    [00:11:27] Là ce qui est un peu nouveau et ce qui nous a particulièrement intéressé, c'est que l'enquête a largement dépassé le simple domaine du datajournalisme. Dans certaines rédac, ce n'est pas juste le datajournaliste qui a fait ça dans son coin avec ses fichiers Excel. Ce sont des équipes entières avec des journalistes “classiques” qui sont allées mener l'enquête, c'est-à-dire ont fait des rendez-vous, des interviews avec les médecins, les CHU, les laboratoires… Les rédactions se sont emparés du sujet et l'ont traitée comme un objet journalistique et pas comme juste une production de datajournalisme. C'est une enquête journalistique, en l'occurrence basée sur des données. Et donc, comme toute enquête journalistique qui a une importance, elle a fait la Une. 

    Data + Local : le datajournalisme en mode collectif

    [00:13:44] Le collectif Data + local est un collectif de datajournalistes, donc ce sont des journalistes au sens le plus pur du terme qui ont un défaut - ou une qualité - qui est d'adorer plonger dans des fichiers Excel ou des bases de données pour repérer des anomalies, ou faire des moyennes, ou faire des médianes, et essayer, à partir de ces chiffres-là, de trouver des histoires à raconter ou des enquêtes à mener. 

    En fait, ces datajournalistes existent dans les rédactions de PQR de façon très isolée depuis 4-5 ans. Il y a une accélération mais les rédactions se sont petit à petit équipées de ces profils avec une compétence journaliste et data, et en fait tout le monde était un petit peu isolé chacun dans son coin.

    Le collectif Data + Local a été monté au sein de La Montagne et du groupe Centre France en octobre 2017 avec un premier rendez vous qui a eu lieu à Clermont-Ferrand, où une vingtaine de journalistes sont venus d’un peu partout, un peu interrogatifs sur cette idée de casser les murs des rédactions, de venir bosser ensemble. Au démarrage, un petit peu étonné. 

    [00:15:50] En fait, ça s’est fait finalement assez assez naturellement et avec une volonté au départ de ne pas créer d'associations, pour ne pas faire quelque chose de lourd. Il n'y a pas des règles pour entrer, pour sortir. Il n'y a pas d'obligation de participer au sujet. Je suis sensible à la data pour faire des bons papiers et donc j'adhère au collectif pour pouvoir profiter de plusieurs choses. La première : un nettoyage des jeux de données qu'on partage. 

    On récupère tous des données qui ont souvent une valeur pour l'ensemble du territoire français, même si la granularité, c'est à dire le niveau de détail, descend à la commune ou aux départements. Donc on va chercher un jeu de données qui a une valeur sur toute la France mais on ne va travailler que le département du Loiret, par exemple. Mais pour travailler un jeu de données, il faut le nettoyer parce qu'il y a toujours des colonnes en trop et un minimum de calculs à faire. En fait, on le faisait chacun plus ou moins dans notre coin. 

    [00:18:21] C’est vraiment cette idée que je porte en moi que la collaboration et le fait de bosser ensemble, et en l'occurrence en s'inspirant des pratiques d’autres métiers, va nous permettre d'aller plus loin, mieux, différemment. En tout cas, de renouveler une pratique journalistique qui, manifestement parfois, a tendance à ne plus forcément rencontrer son public. 

    [00:24:08] On travaille sur un questionnaire autour des municipales qu'on a commencé à réfléchir ensemble en juin 2019 à Bordeaux pour un des événements de Data + Local à Sud Sud-Ouest. Le questionnaire s'appelle “Si j'étais maire”. Sud-Ouest l’a publié. Nous on est en train de l’avoir. D'autres titres sont en train de regarder leur utilisation potentielle de ce questionnaire-là. Et on verra si on a la possibilité d'exploiter les données qui sont fournies là-dedans pour voir si, par exemple, les villes d'une même strate, qui ont entre 10 et 20.000 habitants par exemple, ont toutes la même problématique de médecins ou de transports…

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    Crédits

    •  Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio
  • 28 min
  • 20 ans d'innovation éditoriale dans les médias, avec Philippe Couve

    Dans cet épisode spécial, Philippe Couve raconte ses aventures dans le monde de l’innovation éditoriale à l’occasion des Rencontres de la vidéo mobile qu’il organise le 6 février à Paris, avec son entreprise Samsa.fr. L' édition 2020 de l’événement élargit le spectre des innovations et propose une plongée dans les tendances du moment : podcast, stories, engagement...

    Pionnier de l’internet dans les années 2000 à RFI, le journaliste y crée l’Atelier Médias. Cette “web-émission” - qui poursuit sa route depuis 2007 au fil de ses animateurs - innove à l’époque notamment avec sa communauté de 800 mondoblogeurs africains. 

    En 2010, Philippe Couve devient formateur et lance Samsa.fr. Un passage presque fortuit dans le monde de l’entrepreneuriat pour accompagner les médias dans leur transition numérique, en commençant par investir les terres vierges de la vidéo sur mobile. Chef d’entreprise, il innove dans la manière de travailler : l’usage d’outils collaboratifs permet à son équipe de jongler avec d’autres activités, à Paris ou ailleurs.

    Pour toutes ces raisons, A Parte a décidé d’accueillir à sa réalisation cette équipe inspirante et passionnée par les mêmes sujets d’innovations dans le monde de l’info. A suivre...

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    Pour aller plus loin

    • Le site des Rencontres de la vidéo mobile et de l’innovation éditoriale 
  • Le site de Samsa 
  • Le post de blog dans lequel Philippe Couve annonce son départ de RFI 

  • Les sons de cet épisode

    • L’extrait du podcast Vidéo mobile 
  • L’extrait de l’Atelier des médias en 2008 

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    L'essentiel de l'épisode

    L’innovation éditoriale en 2020

    [00:03:43]  Lorsque j'ai vu arriver les smartphones qui pouvaient faire de la vidéo, je me suis dit: là, il y a un truc qui est en train de se passer. 

    J'avais vu auparavant les blogs et les blogs avaient donné à tout un chacun la possibilité de prendre la parole en texte, et éventuellement en images mais principalement en texte. Et là, je voyais avec cet iPhone que Steve Jobs était en train de présenter, version après version, avec des capacités vidéo qui étaient en train d'augmenter, quelque chose qui était de même nature, donnant à tout un chacun le pouvoir de produire de la vidéo. Et donc, on a commencé comme ça.

    [00:05:10] Lorsqu' aujourd'hui on s'adresse à des audiences qui sont sur des plateformes numériques, on ne peut pas s'adresser de la même manière qu'on le faisait lorsqu'on était sur des médias généralistes qui, dans l'idée, touchent tout le monde. Aujourd'hui, ce n’est plus du tout la situation. Et puis, on doit essayer de voir comment on peut tourner un peu les choses, les bricoler. 

    [00:06:27]  On avait vu que le texte avait été mis entre les mains de tout le monde. On peut aujourd'hui publier du texte sans avoir des connaissances techniques particulières et pas de budget. On peut faire de la vidéo à peu près dans les mêmes conditions. Il restait un dernier pan, sur l'audio. Et aujourd'hui, avec le podcast, on voit qu(avec des moyens relativement faibles et des connaissances, des compétences relativement limités, on peut arriver tout un chacun à prendre la parole et beaucoup de gens le font.  

    [00:07:06] Texte, vidéo et audio aujourd'hui sont rentrés de plain-pied dans l'ère numérique. Les prochaines ? Je ne sais pas, c'est un peu compliqué. Il y a beaucoup de choses qui sont en train de se passer au niveau des stories, sur la manière dont on conçoit, dont on rend visibles des contenus à travers les stories. C'est quelque chose de complètement nouveau dans l'appréhension que peuvent en avoir les professionnels. 

    Pourquoi des Rencontres ?

    [00:09:18]  On s’est que le plus simple, ce serait de regrouper tout le monde et que chacun vienne raconter sans faux-semblants, je dis à chaque fois “c'est 0% bullshit”. On a essayé tel truc, ça n'a pas marché, mais on l'a fait autrement. Et que chacun raconte là où il s'est planté, là où il a réussi à surmonter les difficultés. Là où ça a un peu marché. Là où ça a très bien marché, etc. 

    Et après, il ne faut pas cacher non plus, ça a servi pour la visibilité et pour la crédibilité de Samsa.fr. 

    Le numérique dans les rédactions

    [00:11:30]  Il y avait, dans la décennie 2000-2010, énormément de gens à convaincre. C'était très difficile et vraiment pas pas gagné. On était un certain nombre dans différents médias. Je pense notamment à Johan Hufnagel qui était à l'époque responsable du site de Libé, où on galérait chacun de chacun de notre côté pour essayer de convaincre les “vrais journalistes” de venir faire quelque chose sur Internet. 

    [00:12:00] Ensuite, j'ai quitté techniquement le journalisme pour monter Samsa et devenir plutôt formateur et consultant. C’est la décennie 2010-2020 et là, au contraire, ça a changé parce que maintenant, je vois les gens arriver, des gens qui ne voulaient pas entendre ce que je racontais, en me disant: est ce que tu peux nous expliquer ce que tu peux nous former? Est ce que tu peux nous accompagner? 

    00:12:32] Avant, il y avait des gens qui disaient: moi Internet, jamais ! Aujourd'hui ça n'existe plus. On n'entend plus ça. Les questions qu'on entend aujourd'hui sont beaucoup plus intéressantes. Les questions qui émane des rédactions, c'est : oui mais comment je fais, je n’ai pas le temps. Et ça, ça fait remonter la préoccupation d'un cran. Ça fait remonter la préoccupation au niveau du management, au niveau des arbitrages qu'il peut y avoir à rendre. Comment faire en sorte que les gens aient le temps aussi de produire des contenus pour d'autres supports que la presse écrite si on est en presse écrite, la radio si on est en radio ou la télé si on est en télé ? 

    [00:13:16] Dans cette couche du management intermédiaire, qui va grosso modo des chefs de service au rédacteurs en chef, il y a souvent des gens qui sont relativement mal armés pour répondre à ces questions et pour rendre ces arbitrages.

    Pourquoi? Parce que ce sont des gens, qui aujourd'hui ont entre 40 et 50 ans, qui ont fait l'essentiel de leur carrière dans le média traditionnel, et ce qu'on leur a demandé pendant des années et des années, c'était de faire tourner le média traditionnel dans des conditions qui, notamment pour la presse écrite, étaient de plus en plus difficiles économiquement. 

    Donc, ils avaient la tête dans le guidon, ils pédalait et ils essayaient de faire ce qu'on leur demandait le mieux possible. Résultat des courses beaucoup d'entre eux ont assez peu vu, assez peu pratiqué tout ce qui se passait dans le numérique. Et aujourd'hui, on leur dit il faut prendre ça en charge et souvent, ils sont pas très bien équipés pour faire ça. Et c'est là aussi où nous, on vient nous chercher 

    [00:14:35]  Dès le début des années 2000, avec les grands reporters, mes anciens collègues qui partaient en reportage pour RFI, en Irak ou ailleurs, je pense notamment à Lucas Manget, c'était clair qu'il était impossible d'être sur le terrain dans des conditions de sécurité et de transmission difficiles, avec une antenne radio qui demandait de la production quasiment à jet continu, de travailler en plus pour Internet. 

    En revanche, ce qui était possible, c'est que, après coup, après le retour, on pouvait faire des choses sur une temporalité différente. Je me souviens qu'on a fait des carnets de bord de reporters en Irak avec Lucas à l'époque, mais ça se faisait après coup, avec une écriture différente, avec beaucoup de photos qu'il avait prises sur le moment. Et donc on peut tout faire, mais pas forcément tout en même temps.

    L’aventure Atelier des médias sur RFI

    [00:16:50] L'émission est née en 2007, donc ça fait treize ans aujourd'hui. En France c’était la première proposition de ce genre qui était disponible. 

    [00:17:51] Cette émission et les contenus diffusés sur les réseaux sociaux étaient notamment à destination de l'Afrique. C'est l'audience principale de RFI. Aujourd'hui, il m'arrive très régulièrement d'aller en Afrique francophone et que les gens me disent : moi, j'étais membre de la communauté de l'Atelier des médias et j'étais “mondoblogueur”. On avait initié avec Cédric Kalonji, une plateforme de blogs, Mondoblog, qui existe aujourd'hui et a accueilli près de 800 jeunes blogueurs, principalement africains, tous sélectionnés et qui ont fait des choses formidables par la suite. 

    Devenir entrepreneur quand on est journaliste

    [00:19:24] Survival is a Success. C'était l'un des titres d'un rapport du Reuters' Institute sur les pure players qui a été publié au milieu des années des années 2000. La survie est un succès. Pour les entrepreneurs, je pense que déjà être présents dix ans plus tard, c'est déjà un succès. 

    [00:20:29] C'est aussi inventer un mode de travail. C'est des choses qu'on avait déjà commencé à faire du temps de l'Atelier des médias. On ne travaille qu'avec des outils collaboratifs. L'équipe chez Samsa.fr est composée de salariés dont beaucoup sont à temps partiel et une partie ne vit pas à Paris. 

    Donc on travaille à distance, on travaille sur des modes non continus. Cela nécessite une grande flexibilité et une grande agilité. Et on a réussi à le faire et je pense que tout le monde y trouve son compte. Nos clients ne s'en aperçoivent absolument pas et ça ne constitue absolument pas un problème. Je pense que c'est une réussite parce qu'on doit aussi aujourd'hui réinventer la manière dont on travaille.

    [00:23:32]  On a aujourd'hui une communauté d’une cinquantaine de formateurs, formatrices, experts, consultants, autour de Samsa.fr. J'ai la satisfaction, parce qu'ils me l'ont dit, qu'un certain nombre d'entre eux sont fiers de se retrouver dans cette communauté là. 

    [00:23:30] Moi, je dirais que je suis devenu chef d'entreprise un peu par accident. Quand, il y a 10 ans, j'ai quitté RFI, il s'agissait de créer mon entreprise pour créer mon emploi. Je n'avais pas du tout comme plan d’avoir 10 ans après 10 salarié. 

    Mais ce qui s'est passé, c'est que les choses allant bien, avec 25% de croissance chaque année depuis depuis 4 ans, on a pu embaucher des gens, on a pu croître et professionnaliser nos nos méthodes. 

    Les choses se sont faites naturellement et pas sous la pression d'une levée de fonds parce qu'on n'a pas fait de levée de fonds, ou d'un actionnaire quelconque parce que le seul actionnaire jusqu'à il y a peu de temps c'était moi et que je n'ai jamais sorti un euro de dividendes de l'entreprise, donc tout a été entièrement réinvesti dans la boîte. 

    [00:25:40]  Ce que je vois, en ayant ces échanges, c’est que les journalistes ont des tas d'avantages, savent faire un tas de choses, notamment en termes relationnels, comme poser des questions. Cela a l'air d'une banalité absolue mais quand on discute avec des créateurs d'entreprise qui viennent d'autres mondes, parfois ils sont confrontés à une question et ne pensent pas qu’ils peuvent poser la question.

    Et pour nous, journalistes, c'est vraiment pas un problème. Donc il faut savoir qu'il y a des domaines dans lesquels on a des avantages comparatifs par rapport à d'autres, celui là et d'autres. En revanche, il y a des domaines sur lesquels on a au contraire des déficiences comparatives.

    Et donc soit il faut se former soi même, soit il faut s'associer avec des gens qui ont des compétences complémentaires pour le faire. 

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    Crédits 

    • Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio

  • 29 min
  • Tchika, le magazine d'empouvoirement pour les filles, avec Elisabeth Roman

    Tchika est un magazine papier pour les filles de 7 à 12 ans. Pour sa fondatrice, Elisabeth Roman, c’est avant tout un journal engagé. Sa mission : informer ces petites filles mais aussi les aider à développer leur estime de soi grâce à des portraits de modèles positifs de femmes d’hier et d’aujourd’hui, des articles sur la science, le sport, l’écologie, l’art… En bon français, on appelle ça faire de l’empouvoirement.

    Après avoir fait exploser les compteurs lors de sa campagne de financement participatif, Elisabeth Roman a déjà sorti trois numéros de ce trimestriel et fédéré 3000 abonnés. Pour l’instant, l’ancienne rédactrice en chef de Sciences et Vie Découvertes rédige à peu près tous les articles et envoie elle-même les exemplaires par la Poste. Pour aller plus loin - recruter une équipe de journalistes, lancer un Tchikita pour les moins de 7 ans -, l’entrepreneuse cherche maintenant une personne qui voudra investir dans son projet. Et donner ainsi de la sécurité à sa liberté.

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    Pour aller plus loin : 

    • Vidéo sur les clichés sexistes vus par les enfants, réalisée par Brut, avec le Centre d’éducation aux médias et à l’information (juin 2019) dans le cadre du concours #ZéroCliché et relayée par l’excellent compte Twitter @PepiteSexiste
  • Vidéo sur le modèle économique de la presse papier, réalisée par Dessine moi l’éco, et diffusable en Creative Commons 
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    L'essentiel de l'épisode : 

    Un magazine d’empouvoirement pour les filles

    [00:03:01] Je veux lancer un magazine de sciences pour les filles et donc je vais voir en kiosque parce que je sais que le magazine que je faisais était quand même plus pour les garçons que pour les filles. Donc, je me disais il n'y a pas de raison, il faut qu'il y ait quelque chose pour les filles autour de la science. 

    Et je vais en kiosque, je découvre la presse magazine, dit pour petites filles, les bras m'en tombent et je me dis je ne peux pas faire que de la science. Je suis obligée de faire autre chose et je suis obligée de faire un magazine d'empouvoirement pour les filles, c'est-à-dire un magazine qui va les rendre plus fortes et les faire sortir de ces injonctions qu'on donne aux enfants dès la naissance.

    [00:04:41] C'est en fait des rôles modèles, ça c'est clair, des femmes qui sont sorties de ces injonctions et qui ont fait des trucs incroyables. On montre aussi des petites filles qui ont fait ça. Donc, c'est ma rubrique Tchika d’or. Ensuite, on sort des phrases inspirantes, ça aussi c'est classique. Ensuite, on prend des injonctions, on les barre et on les déconstruit, en expliquant pourquoi par exemple le rose c’est pas pour les filles, pourquoi les filles sont pas nulles en maths. En fait, ce n'est pas différent. La seule chose, effectivement, c'est que ça ne va pas être mis en scène de la même façon dans un magazine pour enfants que dans un magazine pour adultes.

    [00:05:51] En fait, le message est le même que tous les sites féministes, en fait, c'est pareil.

    [00:06:16] Moi, je travaille beaucoup sur la photo, c'est à dire j'estime que les magazines pour enfants. Il faut éviter de mettre des illustrations. Pourquoi? A partir du moment où on parle d'actualité. Si tout est dessiné, en fait, on a l'impression de ne pas être dans le réel, c’est Disney.

    [00:06:38]  Ce qui est dessiné, par exemple les mascottes qui existent toujours dans la presse enfants - ce qui est normal car c'est un peu un lien entre la rédaction et l'enfant qui lit, ce sont elles les rédactrices en chef, les mascottes. J'ai demandé à mon illustratrice qu'elle soit toucouleurs, qu'elle ait différents hobbies. Et puis, il y en a une qui a fond pour sauver la planète. L'autre qui est plus scientifique. Et puis, il y en a une qui a un peu joufflue aussi. Voilà, c'est à dire que pour que chacune puisse se sentir, moi l'idée, c'est que les petites mascottes, elles, représentent les gamines qu'on voit dans la rue, les gamines qui sont dans les classes. Il ne fallait pas que si on regarde quand on a regardé pendant très longtemps les magazines pour filles, on voyait toujours un peu le même stéréotype de petite fille, jolie, blonde, etc.

    [00:08:16] En fait, je suis un magazine engagé. C'est-à-dire que d'autres magazines pour filles, dont notamment un s'est orienté un peu sur cette voie-là, mais en gardant des choses que moi, je ne mets pas dedans, c'est à dire la mode, la beauté, le côté coeur, paillettes, etc. Moi, je mets ça totalement de côté. Il n'y a pas de mode dans Tchika.

    La naissance d’un modèle original

    [00:10:02] Il est venu dans ma tête en juillet 2018. J'ai un peu travaillé dessus. Le premier numéro a été un an plus tard, en juin 2019. 

    [00:10:25] Moi, j'ai touché un peu à tous les médias le long ma longue carrière notamment, j'ai été une des premières à faire des magazines sur iPad pour enfants où on a eu pas mal de prix d'ailleurs. 

    [00:11:43] Pour moi, c'est important que quand on travaille, quand on fait quelque chose, que ça rapporte de l'argent. Et moi, je sais faire des magazines papier, ça, c'est clair, ça se vend, ça, c'est clair.

    [00:12:00] Alors moi, je le vends d'une façon assez étonnante parce que pour l'instant je ne suis pas en kiosque, je ne suis pas en librairie. Je vends de la main à la main. C'est-à-dire que les gens vont sur mon site qui est horriblement moche, que j'ai fait en 5 minutes pour avoir un endroit. C'est un site vitrine, un site de commerce. Pour l'instant, il n'y a pas grand chose, ça va évoluer. 

    [00:12:24]  J'ai créé très vite un rapport extrêmement proche avec les mères, pères, oncles, tantes, marraines, grands mères, etc. qui ont découvert Tchika, qui ont eu envie bien avant qu'il existe d'abonner leur fille ou même des garçons... même si ce n'était pas la cible de départ.

    [00:14:01.320]  J'avais besoin que ça se touche. J'avais besoin que ça existe. J'avais besoin qu'on le prenne en bibliothèque, parce que c'est important pour moi. En fait, aujourd'hui, sans vous mentir, je pense que je m'adresse à des CSP+. Par contre, beaucoup de bibliothèques commencent à s'abonner et je sais que, du coup, je vais rencontrer d'autres types de lecteurs. Et ça, c'est important pour moi. 

    Ecrire et diffuser soi-même

    [00:14:18]  Sur les 3 magazines, j'ai quasiment tout écrit, c'est moi qui fais les maquettes, je fais mon propre SR. Donc voilà, il y a quelques rubriques que je fais écrire, plus l’icono. Bon, je ne fais pas les illustrations. Mais sur les 3 magazines, ça a été ça. Le quatrième, ça va être quasi ça aussi. À partir du cinquième, je vais ouvrir à des rédactrices ou à des rédacteurs, etc. Pourquoi? Parce que c'est très cher un magazine papier. L'impression est chère. La distribution est chère. Enfin, le routage, c'est cher. Donc, le truc sur lequel je pouvais un peu rogner, c'était le savoir faire éditorial. Donc, oui, ce qu'on sait faire, on le fait.

    [00:15:48] En fait, mon modèle économique, ce n'est pas aujourd'hui évidemment Tchika. C'est mon moteur. Je suis en train de travailler à m'ouvrir sur d'autres choses pour permettre à la galaxie Tchika de vivre. Par exemple, cette année, je vais lancer Tchikita, qui va être pour les plus petits de 4 à 7 ans. Je suis en train de travailler sur d'éventuelles formations pour les instituteurs et institutrices, puisque l'égalité filles-garçons est quelque chose qui est dans leur obligation, ils doivent se former à ça. 

    [00:16:53] Moi, j'ai été été en kiosque très longtemps avec Sciences et Vie découverte. Je voyais le nombre d'invendus, ça fait peur, surtout sur la presse enfants. Alors en plus, c'est compliqué parce que moins tu en mets en kiosque... Si tu en mets 10 000 en kiosque, les kiosques vont avoir 1 ou 2, donc le 1 ou 2 va être caché derrière celui qui en a 10 ou 20. Donc finalement, tu vois encore moins que si on mettait 20 ou 40 000 en proportion. Généralement, tu peux avoir 40% de vendus, donc 60% d'invendus. Donc il y a deux raisons: une raison économique et une raison écologique. Qu'est ce qu'on fait? Ben oui, on les jette. 

    [00:17:52] Je me suis dit au départ : je vais les envoyer par la Poste et parfois, il y a eu des moments où je fais 300 enveloppes. Moi, j'ai un routeur qui m'envoie les magazines. A chaque fois que j’imprime, c'est un routeur qui les envoie. Mais comme je suis trimestriel, donc pendant ces trois mois, il y a tous les jours des gens qui s'abonnent. Donc, toutes les semaines, je fais mon petit tableaux Excel et mes petites étiquettes, mes petites enveloppes et puis je vais à la Poste. Donc oui c'est un boulot de fou. Mais voilà, je l'aime tellement ce magazine que je fais beaucoup de choses et beaucoup de sacrifices de temps pour lui. 

    Une communauté de 3000 abonnés 

    [00:18:37] Alors aujourd'hui je suis à 3000 abonnés, ce qui est quand même pas mal en moins d'un an et en ayant très peu finalement d'actions marketing pour l'instant. Elles se situent surtout sur Facebook quand je fais des promos, etc. 

    [00:19:48]  Là, il a fallu que je monte une communauté avant que ça existe. Et moi, je ne savais pas comment professionnellement on le faisait. Moi, je suis capable d'en faire une pour moi. J'ai été sur Twitter très longtemps. Tout ça, je sais faire, mais je savais pas comment on mettait en avant un magazine, en plus qui n'existait pas. Qu'est ce qu'on mettait comme message, etc ? C'est un peu complexe.

    Et puis, je me suis mise en novembre 2018. Tous les jours, j'ai commencé à poster un petit truc. Finalement, comme quand soi même on s'ouvre sur Facebook. Et puis oui, ça a marché, ça a monté. Et c'est effectivement ces personnes qui me suivaient sur ces réseaux sociaux qui ont été, je pense, parmi ceux qui se sont abonnés.

    [00:21:02] Il fallait avoir des objectifs assez élevés et se battre pour ça. Et puis oui, j'ai fini à 60 000. À l'époque, c'était le troisième meilleur crowfunding pour enfants. Donc, c'est vrai que je me suis extrêmement battue. Pour ceux qui n'ont jamais fait de crowfunding, c'est un marathon qui on est content d'en sortir. Ça m'a permis de réaliser ce beau magazine et de le faire vivre.

    Liberté éditoriale totale

    [00:22:03] Je me suis retrouvé dans la situation de ces femmes de plus de 45 ans, à qui on explique que parce qu'on va revendre sa boîte - mais on ne dit pas qu'on va vendre sa boîte  - que ça serait bien qu'elle aille voir ailleurs. Voilà, c'est un peu ça qui m'est arrivé. 

    Moi, j'étais bien dans mon lieu, j'avais envie de faire d'autres choses parce que j'avais fait le tour de mon magazine et j'ai compris en voyant ce qui se passait autour de moi, qu'effectivement, les femmes de mon âge, les rédac chef, c'est à dire des gros salaires, commençaient à prendre la porte de sortie avec plein de méthodes différentes. Voilà donc moi, j'ai senti que mon tour allait venir, que je devais être sur une blacklist. Donc, j'ai fait en sorte d'organiser ma sortie d'une façon correcte. 

    [00:23:16] Je n'avais pas envie d'envoyer des CV, de taper à des portes, de ne pas avoir de réponse. J'ai eu envie de bouger tout de suite et travailler tout de suite. Je me suis dit : c'est le moment ou jamais, essaie ça. Tu n'as jamais été chef d'entreprise….

    [00:23:36] Je ne vais pas te dire que c'est simple. Tu as des choses que tu gagnes. Moi, je suis totalement libre éditorialement. Si je me dis tiens, je vais lancer Tchikita, je n'ai pas à aller faire le tour de 250 personnes qui vont me mettre peut-être six mois à me répondre oui ou non, etc. Mes trucs instinctifs aujourd'hui, je peux les tester, je peux les lancer. Je n'ai pas des personnes qui me disent oui ou non pour d'autres raisons que l'éditorial. Qui peuvent me dire non, simplement parce qu'elles peuvent pas me blairer : ça peut aussi arriver dans les entreprises. Donc je peux faire ce que je veux. Maintenant, c'est clair que je n'ai pas le confort d’une entreprise où je serais salariée.

    [00:25:31]  La première chose aujourd'hui, c'est de trouver une ou un investisseur qui m'accompagnera justement dans le fait que je puisse avoir des gens qui fassent certaines choses. Maintenant que j'ai fait trois magazines, c'est assez simple. On voit quel est le style que j'ai envie qu'on adopte, quel est le type de sujets… C'est un projet qui est déjà écrit. Il faut juste mettre ses pieds dans les chaussures. Et donc, moi j'aimerais que quelqu'un vienne m'aider financièrement. Pas que pour Tchikha, bien sûr, pour tous les projets que j'ai derrière et qui sont aussi très intéressants.

    [00:26:23] Quand vous veut plus de vous, parce qu'il y a effectivement beaucoup de médias qui restreignent les salariés, sachez que vous pouvez y arriver seul. Il faut juste beaucoup travailler. C'est vrai que c'est compliqué parce que quand on est journaliste, on considère les personnes qui nous lisent uniquement comme des lecteurs. Il faut réussir à les considérer aussi comme des clients, donc changer de casquette toute la journée.

    Et c'est très difficile pour les journalistes de faire ça parce que pour eux, l'argent est un peu sale. Mais quand on arrive à le faire, c'est hyper satisfaisant, finalement, d'avoir la liberté d'écrire et de choisir les sujets qu'on veut.

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    Crédits 

    • Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio
  • 28 min
  • ETLMSF : de l'info, des vidéos et du show, avec Marc de Boni

    En janvier 2017, Marc de Boni et ses deux co-auteurs, son frère Fabrice et Axel Lattuada, sont tombés sur une pépite. Leur vidéo tournée dans une cave pour déconstruire le sexisme affiche... 1,5 million de vues en 2 jours ! L’aventure démarre vraiment avec l’arrivée d’un producteur, MIA, qui professionnalise les tournages.

    Trois ans et une cinquantaine de vidéos plus tard, la chaîne Youtube Et tout le monde s’en fout allie divertissement et sujets très denses grâce au travail de recherche de Marc de Boni, le journaliste de la bande : le sexisme donc, le changement climatique, les neurosciences, la drogue, les émotions humaines...

    Le succès est massif : un demi-million d’abonnés. 

    Mais Youtube n’est plus la poule aux oeufs d’or et l’équipe peine encore pour en tirer des revenus. Et tout le monde s’en fout se transforme donc progressivement en une licence qui se décline. Deux livres sont sortis, un jeu est en préparation. Cet automne “ETLSF” est devenu un spectacle qui fait salle comble et démarre une tournée à travers la France. Avec toujours le même fil rouge : la question de la dissonnance cognitive.

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    Pour aller plus loin : 

    • La chaîne YouTube de Et tout le monde s’en fout 
  • Critique du spectacle dans Le Parisien  
  • Article paru sur le blog d’Anne-Sophie Novel 
  • Conférence TedXUNamur de Marc de Boni 

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    Pour se repérer dans l'épisode : 

    Passer de Youtube à la scène

    • [00:05:23] 

    Au théâtre, très clairement par rapport à l'écrit ou une vidéo, la transmission d'informations chiffrées, de statistiques, de choses comme ça, ce n'est pas forcément ce avec quoi les gens repartent. Par contre, on peut essayer de faire des démonstrations par l'exemple. Donc on a essayé de convertir un maximum d'infos qui sont des choses qu'on a pu bosser du côté des neurosciences, de la psycho, de l'info en général aussi sur l'écologie... On essaie de les traduire en fait très directement, soit en contact, en interaction, en objet, pour que ce soit physique. Pour que ça puisse créer une impressions différente et marquer de manière opérationnelle la mémoire des gens qui nous regardent.

    • [00:08:17] 

    Dans le monde du spectacle, la prise de risque est minime. Donc les YouTubeurs sont intéressants parce qu'on sait qu’il y a une sorte de public captif qui viendra. Donc oui, c'est rentable. Après, on ne roule pas sur l'or. Clairement pas. Mais ça nous permet quand même de compenser un peu ce que YouTube ne rapporte pas.

    • [00:08:36]

    Il faut savoir que sur YouTube, on ne gagne quasiment rien, nous en particulier, Et tout le monde s'en fout parce qu'on n'a pas de pub.

    Et tout le monde s’en fout, c’est de l’info ?

    • [00:08:57] 

    Ça dépend en fait ce qu'on appelle de l'information. Oui, c'est de l'information parce que l'information, c'est un émetteur, un récepteur et quelque chose qui est communiqué entre les deux. Donc l’information peut prendre plein de formes. C'est une histoire qu'on raconte. En tant que journaliste, je n'ai jamais rien fait d'autre que raconter des histoires. 

    • [00:09:18] 

    Le matériau sur lequel je travaillais quand j'étais journaliste au Figaro, ce “matériau du réel”, du monde qui nous entoure, et ce que j'ai mis dans ce spectacle, ce que nous avons mis, c'est exactement le même matériau. C'est le réel, c'est ce que nous vivons, c'est ce que produit la science comme recherche, c'est ce que le milieu écologiste peut faire remonter comme observations sur le climat. On travaille avec le même matériau. Après, ça ne me vaudra certainement pas une carte de presse, c'est sûr, et le format est un peu différent.

    • [00:10:25] 

    Pour Et tout le monde s'en fout, il y a un angle commun à tous les épisodes qui est la dissonance cognitive. C'est ça qui lie en fait la question du sexisme, la question de l'écologie...

    • [00:13:12] 

    Moi, mon chemin personnel en tant que journaliste, il a été lié à la vidéo quasiment tout de suite. Quand j'étais en école de journalisme, la vidéo sur Internet n'existait quasiment pas. C'était balbutiant. On était en 2008-2009, c'était vraiment un terrain d'expérimentation, de découvertes, un labo de recherche et développement. J'avoue que ça m'a fasciné parce que on avait l'impression que tout était permis. C'était un peu comme les radios pirates des années 80. Moi, je me destinais plutôt à l'écrit. Puis j'ai découvert ça à l'école. Ça m'a fasciné. Puis j'ai nourri un peu ce fantasme de faire de la vidéo. 

    Je me suis dit que c'était aussi un moyen de trouver rapidement un emploi parce que, quand je suis sorti de l'école effectivement, il y avait plein de sites qui commençaient à se réveiller, à chercher des JRI multi-qualifiés, capables de faire du montage, capables de tout faire tous seuls, finalement, des YouTubeurs avec une carte de presse, pour créer leur chaîne vidéo. Donc j’ai commencé le journalisme par ça.

    • [00:15:00] 

    On s'est dit tiens, on va faire une vidéo qui parle aux garçons des femmes. Parce que c'est ça le ton du premier épisode : un gars qui parle aux autres garçons en leur disant attention, un jour, elles vont se rendre compte et ça va mal se passer. Au début, ils sont tous les deux. Ils font le premier épisode. Ils le mettent par hasard en ligne, en fait. Deux jours plus tard, ils l'envoient dans une boîte aux lettres de différents sites Internet: MadmoiZelle, Auféminin.com... Et deux jours plus tard, ils me passent un coup de fil. Je suis au boulot. Ils me disent : Marc, écoute, on a fait une vidéo et elle est à 1,5 millions de vues. Il faut qu'on fasse quelque chose. Mais c’'était sur le player de AuFéminin.com, je crois. Et du coup, moi étant professionnel de la vidéo, je me suis dit OK, on tient quelque chose. C'était un peu comme les chercheurs d'or du 19ème qui arrivent sur la rivière et nous tout de suite on shoote dans une pépite.

    • [00:17:52] 

    On part d'un thème qui est important pour nous, on en a 80 et plus comme je vous disais. Et après, on choisit un angle. On part avec cet angle. Moi, je pars pendant 10, 15 jours par sujet et je fais des recherches. Je produis un dossier de 10 à 20 pages de recherche selon les sujets, avec un vademecum de tout ce que la recherche a pu faire dessus. Comme on peut faire en journalisme pour un article magazine un peu fouillé, c'est ça. Et après, je livre une synthèse de ça à Fabrice et Axel, et on se propose une V1.

    Aujourd’hui, sur Youtube, les pépites ne sont plus en or...

    • [00:20:11] 

    Il fut un temps où on pouvait à peu près convertir des vues YouTube en argent. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. En fait, nous n'avons pas conçu ce projet pour en faire un gagne-pain. On l'a conçu pour en faire une vitrine. Je pense d'ailleurs que c'est une erreur stratégique qui est couramment produite aujourd'hui par les créateurs de contenus et par les grands médias. C'est l'idée que YouTube n'a pas changé depuis 2015 et qu'on peut encore trouver la pépite facilement dans la rivière. Aujourd'hui, quand on trouve la pépite, elle est plus en or.

    -  [00:21:39] 

    Techniquement, on peut offrir ce dont beaucoup d'agences de communication rêvent aujourd'hui. On a déjà une force de frappe d'audience massive parce que le nombre d'abonnés qu'on a, c'est autant de gens qui reçoivent un message personnalisé avec une vidéo à regarder. Ensuite, il y a aussi une facilité de communication auprès de certaines couches de population qui sont plus rétives à la com’ classique, qui est difficile à obtenir autrement que par une chaîne YouTube. 

    • [00:21:46] 

    On a donc le spectacle. On a fait deux livres aussi. Là, je viens de terminer la rédaction d'un jeu qui devrait sortir bientôt. Donc, on essaie effectivement de multiplier les sources de revenus. On repose aussi, il faut le dire beaucoup, sur le soutien de la communauté. On a la chance d'avoir une communauté de haute qualité qui est très présente sous forme de Teepee, sous forme de dons. On reçoit tous les mois plus de 2000 euros en moyenne. Après, ça dépend. Il y a des mois avec plus ou moins, mais c'est déjà très important. Moi, je n'aurais pas cru que ce soit possible. 

    L’information, un acte politique

    • [00:25:58] 

    Pour moi, la production de l'information, d'où qu'on se trouve, c'est un acte politique avant tout qui qu’on soit, quelle que soit la méthode employée. C'est un acte politique au sens où c'est un acte qui change, qui impacte la société. Il y a des conséquences au fait de s'exprimer. Il y a une manière dont c’est reçu. Donc il y a un choix. Et puisqu'il y a transformation, il y a un acte politique. Je pense que c'est tabou. En fait, ça a été la règle complètement admise jusque jusqu'à l'apparition de la privatisation des grands médias, où s'est créé le besoin de trouver un dénominateur commun très large pour viser la ménagère moyenne de moins de 50 ans. Et à partir de ce moment là, on a inventé, à mon sens ce qu'on appelle le journalisme objectif qui se veut détenteur d'une vérité

    -  [00:28:14] 

    La dissonance cognitive à laquelle je n'ai pas réussi à me défaire, c'est celle d'être dans des énormes machines de médias qui ont des audiences toujours plus réduites et qui parlent en fait de plus en plus un milieu d'initiés.

    J'ai l'impression qu'il y a une sorte d'abandon de la part de pas mal de grands médias, de la conquête du public. Et ça me fait mal au cœur. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai tenté l'aventure, entre guillemets, de fabriquer mon propre média. 

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    Crédits  : 

    • Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold
  • Réalisation et post-production : Raphaël Bellon
  • Design graphique : Benjamin Laible 
  • Communication : Laurie Lejeune
  • Générique et habillage sonore : Boris Laible
  • Production : Ginkio
  • 31 min
  • WeDoData en mode stories pour décrypter la politique, avec Karen Bastien

    Des data en stories... pour parler politique ! Le défi était de taille, tant l’univers glamour d’Instagram ou de Snapchat semble éloigné du monde austère des bases de données et de l’Assemblée nationale. Pas de quoi effrayer Karen Bastien et l’équipe de WeDoData, au contraire. Le pari est plus que réussi. La série “A Data sur la politique” réalisée pour LesJours.fr décrypte la politique française avec un format de stories hors d’Instagram. Le dossier a même été finaliste des Online Journalism Awards aux Etats-Unis.

    À partir d’une méga base de données maison constituée depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron en aspirant les tweets des responsables politiques, les agendas ministériels, l’ensemble des débats parlementaires, WeDoData a réussi à réaliser de nombreuses enquêtes inédites. Par exemple en déterminant le taux d’ “en-marchitude” des députés de l’opposition, c’est-à-dire leur proximité relative avec la majorité.

    L’utilisation de données, nouvelle frontière de l’information ? Les médias anglo-saxons sont en avance et ils accélèrent depuis qu’ils ont constaté que les enquêtes de datajournalisme dopent les abonnements. En France, la jeune génération francophone apprend ce nouveau langage et cette nouvelle culture fait son chemin.

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    Pour aller plus loin :

    • “A data sur la politique” sur « Les Jours » : un épisode gratuit, le premier
  • Article de blog  “A data sur la politique”, finaliste des Online Journalism Awards
  • Le best-of de WeDoData en 2019
  • La morale de l’histoire sur Arte 
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    Se repérer dans l'épisode :

    Créer un format de stories directement dans le média (pas dans Insta)

    - [00:03:14] “Je ne peux pas demander de l'abonnement si je renvoie en permanence, parce que le format est génial, ailleurs que sur mon site. Donc on s'est dit comment faire des stories mais sur directement sur le media.”

    - [00:03:58] “Le défi était également un défi d'écriture. Comment je peux écrire une enquête de datajournalisme sur un format finalement très simple mais qui demande une écriture presque télégraphique mais précise ? Donc il y a eu un travail de format et d'écriture pour arriver à mettre des data compréhensibles avec des graphiques sur un mobile et en touch.”

    Une écriture pédagogique qui fonctionne auprès des lecteurs

    - [00:08:40] “En fait on s'est rendu compte de la force de la pédagogie qu'offrait finalement une écriture très “slidée” qui peut paraître peut être un peu sèche mais finalement qui prend le lecteur par la main, pas à pas, slide par slide : je te raconte et je te décompose un d’”en-marchitude” par exemple.

    - [00:10:05] “Ce que nous ont dit LesJours.fr, c'est que ça avait participé - notamment parce que ce premier épisode est toujours en libre accès - au passage au payant grâce à cet épisode gratuit, cela veut dire que ça pousse à l'abonnement, c’est quand même cool.”

    - [00:10:35] “A la différence d’une story classique qui fait 3 à 5 slides, nous on fait des stories de 50 slides. Est ce que quelqu'un est capable de lire une enquête de data journalism en stories avec des indicateurs complexes sur 50 slides ? Eh bien les gens vont au bout ! Voilà pour nous ça c'est des indicateurs importants parce que voilà on les emmène pas à pas et à limite on a entendu des gens qui disent Je ne me suis pas rendu compte qu'il y avait 50 slides. Donc ça c'est positif aussi.”

    La méga base de données politique de WeDoData

    - [00:11:15] “Cette base de données politique c'est un petit peu un petit dada qui nous a pris au début du mandat d'Emmanuel Macron. L'idée n'est pas de focaliser sur lui mais plutôt de tirer le bilan.”

    - [00:11:55] “Pour ne plus avoir cette frustration au début du mandat d'Emmanuel Macron on a listé tout un tas d'indicateurs qu'on souhaitait avoir et avoir sur les cinq années de ce mandat et donc depuis le premier jour nous aspirons grâce à différentes technologies tout un tas de choses: les tweets du gouvernement c'est le gouvernement, le Premier ministre, le Président mais également tous les députés et tous les sénateurs ; leurs agendas ;  toute l'activité parlementaire qui est en Open Data.”

    Le datajournalisme se diffuse dans les médias français

    - [00:18:52] “Là aujourd'hui le datajournalisme s'est installé dans toutes les rédactions. Aujourd'hui il y a des datajournalistes - un ou beaucoup en fonction des rédactions - mais tout le monde a cette compétence en interne. Le datajournalisme continue de participer beaucoup aux enquêtes sur le fact-checking et les fake news parce que la data permet de contrebalancer et d'apporter des faits, des chiffres face à des informations non vérifiées.” 

    - [00:24:10] “Il y a plusieurs études aujourd'hui qui ont été faites et qui montrent effectivement ce lien entre datajournalisme et abonnement. En tout cas, c'est un levier d'abonnements hyper fort donc ça ne peut être qu’encourageant pour les rédactions  effectivement et donc du coup ils ont eu plus de moyens, plus de journalistes et donc forcément ils ont fait de plus en plus de choses.”

    - [00:25:04] “Je pense que là ça sera vraiment plus fort quand on ne verra pas la data juste comme un pôle à part qui fait des trucs avec des chiffres… mais plutôt cette compétence qui va nourrir des enquêtes un peu partout dans les rédactions, ça ne doit pas rester un truc à part. Je ne crois pas.

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    Crédits : 

    Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold

    Réalisation et post-production : Raphaël Bellon

    Design graphique : Benjamin Laible 

    Communication : Laurie Lejeune

    Générique et habillage sonore : Boris Laible

    Production : Ginkio

    28 min

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