Amour(s), mode d'emploi

Amour(s), mode d'emploi

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Amour(s), mode d'emploi episodes

  • Aimer sans l'autre - Le deuil amoureux apres un déces

    « Elle fait toujours du café pour deux. Elle le sait. Elle le fait quand même. Ce n’est pas de l’oubli, c’est quelque chose d’autre. Une présence continue dans une absence définitive. Il est mort il y a dix-huit mois. Elle apprend encore, tous les jours, ce que ça veut dire de l’aimer sans qu’il soit là.»

    Le deuil conjugal, la perte d’un partenaire de vie à la mort, est considéré par les chercheurs en psychologie du stress comme l’un des événements les plus exigeants de l’existence humaine. Il n’est pas seulement la perte d’une personne. C’est la perte d’une vie partagée, d’une identité relationnelle, d’un avenir imaginaire. C’est une reconfiguration totale de soi dans le monde.

    Le deuil a des effets physiologiques documentés et sérieux. Les recherches de Jan Prigerson à Harvard sur le deuil compliqué montrent que les personnes endeuillées présentent une augmentation des marqueurs inflammatoires, une altération de la régulation immunitaire, et une élévation du risque cardiovasculaire dans les premières années suivant la perte. Le phénomène dit du « cœur brisé », le syndrome de Tako-Tsubo, une cardiomyopathie de stress à déclenchement émotionnel, a été documenté comme significativement plus fréquent chez les personnes endeuillées. Le corps ne distingue pas la perte affective de la menace physique.

    Amour(s), mode d’emploi prend l’amour au sérieux, dans toute sa complexité, sa beauté ordinaire.
    Il y a des choses sur l’amour que personne ne dit clairement. Que tomber amoureux n’est pas un accident, c’est une mécanique.

    Que le cerveau amoureux ressemble, sur un scanner, au cerveau d’un toxicomane en manque.

    Que l’attachement que vous avez développé à trois ans gouverne encore vos relations à quarante.

    Que les couples les plus heureux ne sont pas ceux qui ne se disputent pas, mais ceux qui savent réparer.

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    5 min
  • L'amour long - Qu'est ce qui fait tenir 30-40-50 ans ensemble ?

    « Ils sont mariés depuis cinquante-deux ans. Et quand on leur demande leur secret, ils ne répondent pas « la communication » ni « le respect ». Il répond : je l’ai choisie tous les matins. Et elle rit et dit : c’est vrai. Et surtout, je ne m’y suis jamais habituée. »

    L’amour long, celui qui dure des décennies, qui traverse les crises, qui résiste aux évolutions de deux personnes dans le temps, est l’une des formes d’amour les moins bien comprises. On en parle souvent sur un mode idéalisé ou désepté, soit comme une exception miraculeuse, soit comme une résignation déguisée. La recherche brossun tableau plus nuancé, et plus encourageant.

    L’amour long n’est pas une chance. C’est une pratique, quotidienne, souvent humble, jamais acquise.

    Amour(s), mode d’emploi prend l’amour au sérieux, dans toute sa complexité, sa beauté ordinaire.
    Il y a des choses sur l’amour que personne ne dit clairement. Que tomber amoureux n’est pas un accident, c’est une mécanique.

    Que le cerveau amoureux ressemble, sur un scanner, au cerveau d’un toxicomane en manque.

    Que l’attachement que vous avez développé à trois ans gouverne encore vos relations à quarante.

    Que les couples les plus heureux ne sont pas ceux qui ne se disputent pas, mais ceux qui savent réparer.

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    5 min
  • Les relations toxiques - Pourquoi on y reste comment on en sort ?

    « Elle sait que ce n’est pas bon. Elle le sait depuis longtemps. Ses amis le lui ont dit. Elle se l’est dit à elle-même, dans le miroir, après certaines nuits. Et pourtant elle est encore là. Pas par bêtise. Pas parce qu’elle ne voit pas. Quelque chose de plus profond que la raison la maintient dans cet endroit qui l’abîme.»

    Une relation toxique n’est pas seulement une relation difficile. C’est une relation dans laquelle un ou les deux partenaires subissent régulièrement des comportements qui les diminuent, manipulation, contrôle, mépris, violence verbale ou physique, et dans laquelle les tentatives de réparation sont inefficaces ou inexistantes. La question que tout le monde se pose, et que les personnes qui en sortent se posent elles-mêmes, est : pourquoi on reste ?

    Les relations toxiques ne se maintiennent pas parce que les personnes qui les vivent sont faibles ou aveugles. Elles se maintiennent parce que le cerveau humain fonctionne de cette façon. Comprendre le mécanisme, pour soi ou pour aider un proche, est la première condition pour en sortir.

    Amour(s), mode d’emploi prend l’amour au sérieux, dans toute sa complexité, sa beauté ordinaire.
    Il y a des choses sur l’amour que personne ne dit clairement. Que tomber amoureux n’est pas un accident, c’est une mécanique.

    Que le cerveau amoureux ressemble, sur un scanner, au cerveau d’un toxicomane en manque.

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    5 min
  • Tomber amoureux à nouveau apres une grande blessure

    « Elle avait dit qu’elle ne voulait plus. Pas sur le moment, sur le principe. Que ça ne valait plus la peine, que le risque était trop grand, qu’elle se portait mieux seule. Elle le pensait. Et puis quelqu’un est arrivé qui n’avait rien demandé. Et quelque chose qu’elle croyait fermé s’est entrouvert. Elle n’était pas prête. Et elle a recommencé quand même.»

    L’amour après une grande blessure émotionnelle est l’une des expériences les plus complexes de la vie affective. Il ne ressemble pas à l’amour de la première fois. Il arrive chargé d’histoire, de méfiance, de cicatrices encore sensibles. Et pourtant, pour beaucoup, il arrive quand même.

    Recommencer à aimer après une grande blessure est l’un des actes les plus courageux qu’un être humain puisse poser. Ce n’est pas de la naïveté. C’est une décision, souvent inconsciente, de choisir le lien malgré le risque qu’il comporte.

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    5 min
  • La rupture vue par le cerveau : un deuil comme un autre ?

    « Il avait l’impression qu’on lui avait prélevé quelque chose. Pas une métaphore, une sensation physique, dans la poitrine, qui résistait aux explications rationnelles. Il mangeait mal, dormait mal, ne trouvait plus d’intérêt aux choses qui lui plaisaient avant. Ses amis lui disaient que ça passerait. Il le savait. Mais il ne comprenait pas pourquoi ça faisait aussi mal.»

    La rupture amoureuse est l’une des expériences les plus universellement douloureuses de la vie adulte. Et pendant longtemps, cette douleur était considérée comme « seulement » émotionnelle, réelle, mais sans ancrage biologique précis. La neuroimagerie a changé cette vision. La douleur d’une rupture est, dans des sens non métaphoriques, physique.

    En 2011, Ethan Kross et ses collègues de l’Université du Michigan ont publié une étude dans les Proceedings of the National Academy of Sciences qui a fait date. Des participants ayant vécu une rupture récente ont été placés dans un scanner IRM et exposés à deux types de stimuli : des photos de leur ex-partenaire, et une chaleur physique doulou reuse appliquée sur le bras. Résultat : les deux types de stimuli activent les mêmes zones du cerveau, notamment le cortex somatosensoriel secondaire et l’insula, associés au traitement de la douleur physique. Le rejet social et la brûlure passent par les mêmes circuits. Ce n’est pas une métaphore que d’avoir « le cœur brisé ».

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    5 min
  • Comment l'ennui s'installe et ce qu'on peut y faire

    « Il l’aime. Il en est sûr. Et pourtant, certains soirs, il se retrouve là à côté d’elle à regarder la même série pour la troisième fois ce mois-ci, sans vraiment rien se dire. Ce n’est pas de la souffrance. C’est quelque chose de plus insidieux : une érosion douce, un effaçage progressif du relief. Il ne sait pas si c’est grave. Il ne sait pas si c’est normal.»

    L’ennui dans le couple est l’une des plaintes les plus fréquentes en thérapie de couple, et l’une des moins bien comprises. Il est souvent confondu avec un manque d’amour. Il peut en être la conséquence, mais il est souvent, simplement, la conséquence d’un manque d’attention.

    Le cerveau humain est un organe de nouveauté. Il est biologiquement configuré pour réagir aux stimuli nouveaux et pour s’habituer aux stimuli répétés, un phénomène appelé habituation. Cette habituation est un mécanisme d’efficacité : si on réagissait avec la même intensité à chaque stimulus familier, le système nerveux serait épuisé en quelques heures. Mais appliqué à la relation amoureuse, ce mécanisme a un coût : la personne qu’on voit tous les jours, dont on connaît les habitudes, les histoires, les réactions, cesse progressivement de générer l’activation que générait sa nouveauté.

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    5 min
  • La lune de miel a une date d'expiration. Et apres ?

    « Elle ne sait pas exactement quand ça a commencé. Un matin, elle s’est réveillée et il n’était plus tout à fait le même. Ou peut-être c’est elle qui n’était plus la même. Les petits défauts qu’elle trouvait attendrissants au début agaçaient légèrement maintenant. La conversation était moins spontanée. Quelque chose s’était installé. Elle a eu peur que ce soit la fin. C’était le début de quelque chose d’autre.»

    La lune de miel, cette période initiale de passion, d’idéalisation et de sentiment d’évidence, a une durée. Les études convergent autour d’une fenêtre de douze à trente-six mois pour l’intensité maximale de la phase d’infatuation. Après, quelque chose change. Ce changement désorientation presque tout le monde. Et pourtant, c’est là que se joue l’essentiel.

    La phase initiale est, neurologiquement, une phase d’aveuglement partiel. Nous avons vu dans l’épisode sur le cerveau amoureux que le cortex préfrontal, siège du jugement critique, est partiellement désactivé quand on regarde la personne aimée. On ne voit pas vraiment l’autre : on voit la version idéalisée que notre cerveau a construite. C’est fonctionnel, cet aveuglement favorise la formation du lien. Mais il n’est pas tenable dans le temps.

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    5 min
  • Les 3 phases de l'amour : attraction - attachement - detachement

    « Ils se souviennent très bien du début. L’urgence, l’évidence, l’impression que rien d’autre n’existait. Et maintenant ils se demandent ce qui s’est passé. Pas de drame. Pas de trahison. Juste : quelque chose a changé. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est grave ? Est-ce que ça veut dire que c’était faux ? »

    La chercheuse Helen Fisher, que nous avons déjà rencontrée dans cette série, a proposé un modèle en trois phases qui reste l’un des plus cités en neurosciences de l’amour. Ces trois phases correspondent à des états neurochimiques distincts, pas à des choix, pas à des défaillances de caractère. Elles sont biologiquement programmées. Ce qui ne signifie pas qu’on ne peut rien y faire.

    La première phase est celle que tout le monde reconnaît sans qu’on ait besoin de la nommer. L’attraction, appelée aussi lust dans la littérature anglophone, est gouvernée principalement par la testostérone et les œstroqènes, présents chez les deux sexes. C’est l’état du désir physique brut, non encore orienté vers un individu particulier. Il prédispose à chercher, avant que la dopamine ne vienne focaliser cette énergie sur quelqu’un de précis.

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    5 min
  • Peut-on devenir accro à quelqu'un ? Amour et addiction neurologique

    « Elle sait que ce n’est pas bon pour elle. Elle l’a vu clairement, lucidement, plusieurs fois. Et pourtant elle revient. Pas par bêtise. Pas par faiblesse. Quelque chose de plus profond que la raison la ramène, quelque chose qui ressemble, de près, à ce qu’elle a lu sur la dépendance.»

    L’idée que l’amour est une forme de dépendance est bien plus qu’une métaphore romantique. C’est une réalité neurologique documentée. Et comprendre ce mécanisme peut être libérateur, pour ceux qui se demandent pourquoi ils ne peuvent pas « juste » arrêter de penser à quelqu’un.

    Comme nous l’avons vu dans les épisodes précédents, l’amour naissant active le système de récompense dopaminergique de la même façon que les substances addictives. Mais ce que les recherches de Lucy Brown et Helen Fisher ont mis en évidence, c’est aussi ce qui se passe quand l’amour est rejeté ou perdu. Les personnes qui viennent d’être quittées et qui regardent des photos de leur ex dans le scanner IRM montrent l’activation combinée de deux zones : celles associées au désir et à la récompense, et celles associées à la douleur physique. Le rejet amoureux fait littéralement mal, au sens neurologique du terme. Et il maintient le système de quête activé, exactement comme un sevrage.

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    5 min
  • La jalousie une emotion primitive, entre survie et destruction

    « Elle ne le reconnaît pas dans ces moments-là. Quelque chose se contracte, quelque chose monte, et elle dit ou fait des choses qu’elle regrette ensuite. La jalousie est l’une des émotions dont elle a le plus honte, et l’une de celles qu’elle comprend le moins. D’où ça vient ? Pourquoi est-ce si fort ? Et est-ce qu’on peut faire autrement ?»

    La jalousie amoureuse est l’une des expériences émotionnelles les plus intenses et les plus universellement rapportées dans l’histoire humaine. Elle est documentée dans toutes les cultures connues. Elle est présente chez les autres primates. Et elle fait des dégâts dans presque toutes les relations où elle apparaît, sans que ceux qui la ressentent en comprennent vraiment le mécanisme.

    David Buss, psychologue évolutionniste à l’Université du Texas, est l’un des chercheurs les plus cités sur la jalousie. Ses travaux, menés dans trente-sept cultures différentes, suggèrent que la jalousie est une adaptation évolutive, un système d’alarme qui s’est développé pour protéger les liens reproductifs et parentaux. La jalousie sexuelle signale une menace sur la fidélité, et donc sur la certitude de la paternité pour les hommes, ou sur la sécurité des ressources pour les femmes, dans le cadre d’une évolution ancienne. La jalousie émotionnelle signale une menace sur l’investissement affectif du partenaire. Ces deux types de jalousie activent des niveaux de détresse différents selon le genre, différence que Buss interprète comme une trace de l’évolution, même si d’autres chercheurs contextualisent davantage ces différences.

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    5 min

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L’amour mérite qu’on y pense vraiment. Nous passons des années à apprendre à lire, à compter, à négocier, à investir. Personne ne nous apprend à aimer — ni à choisir qui aimer, ni…