La théorie des mondes possibles tire son origine d'un apologue de Leibniz, à la fin de la Théodicée (1710). Ce texte est constitué de trois strates : la Consolation de philosophie de Boèce, qu'il s'agit de réfuter, le dialogue De libero arbitrio de Laurent Valla, qui en propose une réfutation incomplète, et le texte propre de Leibniz, qui complète la fable de Valla en lui ajoutant une suite. C'est cette suite qui rapporte le rêve de Théodore et la vision de la pyramide des mondes possibles. Pourquoi Leibniz, philosophe et mathématicien, recourt-il à un procédé littéraire pour terminer la Théodicée ? Ce qui se joue ici, c'est la genèse du jugement esthétique comme nouveau principe de détermination de la vérité.
On étudie ensuite trois exemples litétraires de mise en œuvre des mondes possibles : les voyages de Sindbad dans Les Mille et une nuits (dont la traduction par Galland est exactement contemporaine de la Théodicée), Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, et Fondation d'Isaac Asimov (et son invention d'une nouvelle "science", la psychohistoire).
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