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Or


Oui, ce matin, tout particulièrement, je vais vous demandez d’abandonner tout ce que vous faites, de lâcher votre tartine ou votre enfant que vous étiez en train d’habiller, d’arrêter de courir après le temps perdu au fond de votre lit pour m’écouter, oui m’écouter profondément, intensément car ce matin, je vais vous parler mot de passe, code, clé secrète. Ce matin, je vais tenter avec vous de comprendre comment chacun d’entre nous compose, organise ses mots de passe, car cela en dit long sur la structuration de notre pensée, sur sa structuration et sur la préservation, la protection de nos données personnelles que soient d’autres bancaires, médicales ou d’ordre épistolaire, puisque que désormais il faut des mots de passe pour tout ou presque.
Il faut des mots de passe pour se connecter à Internet, des mots de passe pour voir apparaitre en rouge sa situation financière, car malheureusement les erreurs de la banque en votre faveur sont moins courantes qu’au Monopoly, des mots de passe pour prendre rendez-vous avec son toubib. Perso, j’ai fini par établir, par rédiger un annuaire, un recueil de mes mots de passe que j’ai bien évidemment protégé par un mot de passe. J’ai ce qu’on appelle la motdepassittude aigüe. On a tous nos trucs, nos dates anniversaire, à l’endroit ou pour les plus méfiants à l’envers, façon effet miroir, nos poèmes chéris.
Moi par exemple, c'est l’Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard, dont je prélève la première lettre de chaque mot du premier vers : Mignonne, allons voir si la Rose.
Ça donne MAVSLR. Et comme généralement il faut un ou plusieurs chiffres, j'ajoute 1545, puisque ce poème dédié à Cassandre Salviati a été écrit en 1545. Cette jeune fille, cette Cassandre était fille de banquier, c’est donc mon de passe pour tout ce qui est financier. Pour le médical, comme je sais que je vivrais jusqu’à 100 ans, je glisse l’année de mon décès et le prénom de toubib. Pour ma boite mail, chez bip, après des déconvenues avec blurp, j’ai mis : j’étais chez blurp, mais je préfère bip. Ça marche très bien. On oublie rarement les heures passées au téléphone dans l’espoir d’accrocher un correspondant qui, pour la 150ème fois, va nous proposer de débrancher rebrancher notre box. n a chacun ses trucs… n’hésitez pas à me communiquer les vôtres via la page Instagram “laradionova” ou la page Facebook “Baba Squaaly se confie sans haine”, promis juré ça restera entre nous. En attendant vos message, je file reconfigurer tous mes comptes, ils en ont bien besoin, je crois.
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Minot, souvent on me disait qu’avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de la chose. Mais bon, ça semblait faire plaisir à mes parents et aux adultes qui m’entouraient, alors, pourquoi pas ? Mais bon, des décennies plus tard, je ne serai pas loin de croire qu’avec de si, on mettrait aussi Marseille en bouteille. Comme quoi avec des si, on pourrait tout faire, tout faire. Avec des si, on pourrait tellement tout faire, qu’on pourrait presque dire qu’avec des si on peut tout faire. Tout faire et on ne le fait pas. Pourtant, on la tous dit. On a tous dit si j’étais moins con, je ferai ça… Si j’étais moins con, je ferai çi.
La liste est longue, d’arrêter de me laver les dents sous la douche ; à écrire des chroniques d’avance pour le matin où je serais en manque d’inspi, la liste des “si j’étais moins con” est effectivement très longue. Ce qui marche pour moi, marche pour toi. Si tu étais mon con, s’il était moins con, si nous étions et ainsi de suitemais je crois que tu es largement moins con que tu en as l’air. On est tous collectivement et individuellement largement moins con qu’on en a l’air. Certains c’est sur les bords que cela se joue, d’autres, c’est ou dans les grandes largeurs mais quelque part on est tous moins con qu’on y parait. Moins con qu’un balai ou qu’une vulve. Moins con tout court et, que les balais et les vulves ne m’en tiennent pas rigueur, il n’y a rien contre eux, c’est juste par habitude, habitude à la con, qu’on dit ça. Avec des si, on pourrait tout faire et on ne le fait. Avec des si on pourrait mettre fin à la guerre au Proche-Orient. Et au lieu de ça, les morts et les blessés de deux camps s’additionnent à l’heure des juteux J.T. Si on écoutait les morts et les blessés, ceux qui pensent qu’ils sont des morts à la con, des blessés à la con, qu’ils avaient mieux à faire que finir dans un cercueil, sur un fauteuil roulant ou un lit d’hôpital. Si les on écoutait, si on nous écoutait, si on s’écoutait ceux qui croit qu’avec des si on mettrait Paris, Marseille, et pourquoi pas le monde en bouteille soigneusement rangé entre la poire et le calva… Pom Pom Pom Pom, si on les écoutait Israeliens et Palestiniens feraient un grand banquet comme à la fin d’un recueil d’Astérix et Obélix, en remplaçant juste le marcassin par un mouton. Mais notre monde est bordélique, nos vies le sont aussi et c’est ce bordel incessant, permanent, ce typhon ravageur, qu’il nous faut dompter, une sorte de devoir quotidien et après seulement après, s’il nous reste un peu de temps, on verra pour ce qui de l’embouteillage de Paris, Marseille, Clermont, Saintes, pour l’embouteillage du monde.
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Si depuis le début de la crise sanitaire, matin après matin, jamais au grand jamais, vous ne m’avez entendu prendre parti pour - ou contre d’ailleurs - Didier Raoult, c’est pour deux raisons : tout d’abord, je n’ai pas les états de service du célèbre chevelu et ne peut donc prendre part à ces débats hors de mes compétences, et surtout parce que j’éditorialise depuis la Cité de Phocée et que cela pourrait être assimilé à du parti-pris. Si le premier argument est discutable d’autant que je m’autorise à parler ballon rond alors que j’ai deux pieds gauche, le second est irréfutable et a justifié que plus d’une fois je brandisse mon très déontologique droit de réserve. Mais ce matin, premier matin de la semaine et lundi de pentecôte, je me lâche et avoue humblement que je suis pour l’érection d’une statue à mon compatriote Didier Raoult. Oui, je suis pour que cet éminent spécialiste des maladies infectieuses, et directeur de l’Institut Hospitalier-Universitaire Méditerranée Infection soit reconnu, honoré, médaillé, statufié car il le mérite. Oui, Didier Raoult est un génie ! N’ayons pas peur des mots, Didier Raoult est un génie, un vrai génie, quelque part entre le Professeur Tournesol et Einstein.
Sanctifions-le. Cet homme est un sauveur, cet homme, mi-homme mi-dieu est notre sauveur. Si je devais le caricaturer, je le dessinerais tel un paratonnerre sur lequel s’échoueraient toutes les saintes foudres.
C’est un bouclier ! Avec lui, rien ne peut nous arriver. Et il n’y a que lui par exemple pour nous protéger de Philippe de Villiers, ce nobliau vendéen qui s’est cru bon de ramener sur tous les plateaux télé, sa fraise blanche, sa collerette façon monde d’avant, histoire de dire qu’il pèse dans le game national autant que dans son domaine du Puy du Fou.
C’est sur le plateau de Pascal Praud, qu’il a vanté d’un ton docte, le remède de mon nouveau héros marseillais, un remède qui combine hydroxychloroquine et pastis, selon un colloque entre le patient et le grand professeur qui reste secret à jamais. Oui, vous avez bien entendu : hydroxychloro et pastaga, « un pastis comme on le prend à Marseille », précisait-il cul sec.
Et vlan, l’affaire est jouée. Circulez, il n’y a rien à voir, plus rien à voir ni même à boire. On ne devrait plus croiser Philippe de Villiers du Pastaga comme on le surnomme désormais, on ne devrait plus voir ce triste sire aux JT et dans les émissions politiques, ne plus le croiser sur les murs de nos villes candidat à je ne sais quelle élection, à moins que ça soit celle du roi des pitres ou du prince des Jean foutre. Et pour cela, moi je dis MERCI à Didier Raoult !
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A 11h26, le 15 avril, l’info est apparue sur mon téléphone. Oui, je l’avoue, mon téléphone relié au monde est ma principale source d’infos à défaut de télé que j’ai abandonnée dans une déchetterie il y a des années déjà. Cette info était poussée comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui par le quotidien régional La Provence, celui qu’on lit ici avec la Marseillaise et Marsactu quand on veut savoir ou pas, jour après jour, ce qui se passe en bas de chez soi et parfois même plus loin. L’info était réduite à son message essentiel : Marseille : cinq arrestations dans un triple règlement de compte !
Une anodine et néanmoins sibylline info à même de mettre en ébullition mes neurones, en surchauffe ma boite à fusibles, car combien était-il dans ce fameux triple règlement de compte ? 5, 15 ou 5/3 c’est-à-dire 1.666666666. Ici, et plus encore qu’aux frontons des grandes marques d’horlogerie, on a par tradition le goût de la précision. Ici, on sait que les bons comptes font les bons amis et les bons règlements de compte, les bons ennemis. Ici, on n’a pas pour habitude de plaisanter avec les comptes et leurs règlements. Souvenez-vous de la recette du Picon-Citron-Curacao. Souvenez-vous de ce fameux échange au comptoir entre Marius, impayable Raimu et César, le fragile et néanmoins déter ’ Pierre Fresnay…
Souvenez-vous de ce tiers de curaçao, ce tiers de citron, ce bon tiers de Picon et de ce grand tiers d’eau que Marius servait à César sur grand écran. Ici, on sait compter au comptoir ! Les deux mots ont certainement à voir ! Il m’aura fallu attendre la journée d’hier, et la réouverture des terrasses et des cinémas sous le soleil de Marseille pour comprendre à quoi pouvait me servir cette info du 15 avril à 11h26. Un mois bon poids pour saisir que cette triste affaire de règlement de compte, de triple règlement de compte qui s’est soldé par trois morts retrouvés calcinés dans le coffre de voitures carbonisées, pouvaient revenir en ce 20 mai, comme un hommage poignant à la réouverture des terrasses et des salles de
cinéma.
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L’Après M, le McDo des quartiers nord, réquisitionné par des habitants après une liquidation judiciaire... On en avait parlé il y a quelques mois en effet - mais il y a du nouveau...
Dans le McDo réquisitionné des quartiers nord de Marseille
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Le SMA est vex et ça peut se comprendre. Pour être plus précis 200 festivals affiliés au Syndicat des Musiques Actuelles ont les boules et l’ont fait savoir collectivement la semaine dernière, par le biais d’une lettre ouverte au Président Macron ! Oui ils ont les boules, car ils comprennent mal que travaillant d’arrache-pied avec Roselyne et ses conseillers de la Place de Valois, ils apprennent régulièrement de la bouche du Président ou du premier des ministres, des décisions qui ne vont pas dans le sens de leurs échanges ; pire que des mesures sont décidées sans que leurs modalités d’applications soient précisées.
Selon eux, c’est effet d’annonce sur effet d’annonce. Et la dernière salve de mesures annoncées par Jean Castex lundi soir ne fait que renforcer leur sentiment, surtout en ce qui concerne leur domaine, celui des festivals qui a besoin de temps et mesures claires. Un super tanker ne fait pas demi-tour dans le canal de Suez sans anticipation, si vous voyez ce que je veux dire !
Qu’il s’agisse du Pass Sanitaire, des jauges, du couvre-feu, des contrôles qu’ils soient de sécurité ou sanitaire, rien n’est très clair. Le mot flou est même revenu dans plusieurs interviews menées et l’on le sait depuis que Martine Aubry nous l’a rappelé en octobre 2011 : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. Et le loup le SMA n’aimerait pas le voir sortir du bois à la dernière minute ?
Le SMA ne comprend pas pourquoi par exemple, son public, celui des manifestations culturelles de plus de 1000 personnes, devraient se soumettre au pass sanitaire alors que les clients des centres commerciaux ou les usagers des transports en commun n’en ont pas l’obligation. Comment un festival accroché à un petit village dans la garrigue, voire, même, à une ville petite ou moyenne va-t-il pouvoir proposer à son public des tests tous les deux jours pour valider leur pass s’ils ne sont pas encore vaccinés et qui va prendre en charge le coût de ces milliers de tests ? Ces annonces évoquent un retour des concerts debout debut juillet. On parle d’un spectateur pour 4M2. Va-t-on imposer le retour de la crinoline pour éviter les regroupements intempestifs
La liste de questions formulées dans cette lettre ouverte à retrouver sur le site du SMA est longue. À l’heure de l’ouverture des billetteries, les organisateurs qui n’ont pas encore déclarées forfait, ne savent pas toujours pas sur quels pieds danser. Il est grand temps de les rassurer pour qu’à la question que faisiez-vous au temps chauds, nous puissions répondre, n’en déplaise aux fourmis, nous chantions et dansions !Et lundi, car demain jeudi est férié, comme tous les vendredis pour moi.
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J’aime le temps long, j’aime donner du temps au temps comme disait François Mitterrand qui revient beaucoup en ce moment, vous ne trouvez pas. Presque autant que Bob Marley. Pourtant, je ne crois pas celui qui n’était pas encore Président de la France, juste candidat alors était au Bourget le 3 juillet 1980, pas plus que Jack Lang d’ailleurs. Je ne les ai pas croisés, et personne ne m’a dit les avoir vu. Le plus dingue, c’est que Président, François Mitterrand l’est devenu la veille du décès de Bob Marley. Drôle d’époque !
Au Bourget, le 3 juillet 1980, moi, j’y étais. Au Bourget, le 3 juillet 1980, j’allais pénard vers mes 19 ans. Au Bourget, le 3 juillet 1980, je n’étais pas seul. On était 47000, parait-il à avoir acheté notre place pour ce concert unique à plus d’un titre. Unique parce que c’était celui de Bob Marley, un prophète vivant - ils sont rares de nos jours - un prophète qu’on pouvait toucher ou du moins espérer toucher, un prophète qui fumait le pet’, chantait à tue-tête et tapait dans le ballon avec les pieds ou la tête. Un prophète qui disait la vie des gens de peu, un prophète qui parlait d’amour, de paix et d’unité et traçait de sa voix les contours de Babylone. Unique aussi, parce que jamais au grand jamais, autant de monde n’avait été réunis en France auparavant dans la même enceinte pour un même concert. Un mois plutôt, le Pape Jean-Paul II n’avait rameuté lui que 22000 personnes pour son show gratuit, son homélie comme on dit. Aucun rapport, me diriez-vous… Aucun rapport, OK… mais quand même !Un pape chasse l’autre, était une formule qui courrait alors les rédactions. Le Pape du Reggae était dans la place et moi aussi ! Pour de vrai !
Je pense qu’il me reste comme une relique ou un saint suaire, le billet de ce concert dans un carton de déménagement que je n’ai toujours pas déballé, car plein de souvenirs que j’emporte d’appart en appart, que je conserve pour le jour où je serais vieux et que la mémoire viendra à me manquer, qu’il me faudra des preuves pour être sûr d’avoir vécu ces bouts de vie dont on me parlera.
Le 3 juillet 80 au Bourget, je n’avais pas encore 19 ans et j’aspirais déjà à plein poumon le hash du mot haine pour ne recracher que des volutes de paix. 40 ans plus tard, je ne me souviens même plus du stress du passage des barrières et du sentiment partagé de libération qui a suivi quand chacun a sorti de son slip, de la capuche de son Kway ou de ses chaussettes son précieux matos. 40 ans plus tard, je ne me souviens pas de grand-chose, plus de 40 ans de weed, fut-elle à l’ancienne et un léger trauma crânien ont probablement eu raison de mon disque dur interne. Pourtant, je sais que le 3 juillet 1980, j’étais au Bourget, que voulez-vous de plus ?
Sans remonter 40 ans, en arrière, si je vous demande ce que vous, vous faisiez le 3 juillet 2011, il y a dix ans tout juste, je ne suis pas sûre que vous puissiez répondre à ma question. Réfléchissez-y, vous avez au moins jusqu’à demain pour ça d’autant qu’il est sûr qu'à 7/40 demain mardi, j’aurai oublié ma question et qu’on parlera d’autre chose !
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Ce matin, revient à ma mémoire, le passage à l’an 2000. Faut dire que ça a été l’événement de nos vies, avec peut-être, pour certains anciens dont je me targue de faire partie : le premier pas sur la Lune, un petit pas pour l’homme un grand pas pour l’humanité -même si certains très tôt, avaient parlé de fake-news, de simulacre, de falsification de la vérité et de tournage en studio au sujet de ces images qui ont traversé des milliers de kilomètres avant de parvenir jusque dans nos petites lucarnes. Pour ce qui est du passage à l’an 2000, qui célébrait l’entrée dans la dernière année du 2ᵉ millénaire, personne n’a crié au mensonge ou au travestissement de la vérité. La nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000 a bel et bien eu lieu. Croix de bois croix de fer, si je mens j’vais au Puy du Fou, retrouver de Villiers.
Si tu étais né à l’époque et pas trop bébé, tu t’en souviens. Cette nuit est inscrite dans ta mémoire. Même les oubliistes, ceux qui comme moi appartiennent au parti de l’oubli, et sont à jour de leur cotisation ce qui est un comble, ceux qui plaident pour faire table rase du passé, ont quelque part, accroché dans un recoin de leur cerveau, une bribe de souvenir de cette nuit-là. Ils ne savent plus toujours très bien où… comment… avec qui… mais ils savent qu’ils l’ont vécu, ce compte à rebours planétaire et ce soulagement que tout soit encore comme avant après que le zéro a été prononcés !
Ne nous y méprenons pas. Ils ont tous encore, enfoui quelque part en eux, cette crainte du grand bug final, celui qui devait mettre le grand oaï dans l’organisation binaire de notre monde du fait d’un problème de conception systémique. En fait plus que d’un bug, on aurait dû parler d’obsolescence.
L’obsolescence étant pour la plus célèbre de toutes les obsolescences, programmée… ça ne faisait pas trop science-fiction, alors on s’est rabattu sur le bug, le fameux bug de l’an 2000. Certains ont même imaginé la fin du monde, un cataclysme énorme ou que sais-je encore… Mais personne n’avait vu arriver dans sa longue-vue, la Covid 19 en 2019, à l’exception peut-être de quelques auteurs méconnus qui avaient décrit cette plaie du monde moderne. Un jour, on dira, il y a cent ans en 2000… et nombre d’entre nous ne serons plus là pour en parler. C’est sûr. Comme il est sûr que demain… je serai à mon poste, sur le pont langue pendue, prêt à taquiner les mots, moi qui ai survécu au bug de l’an 2000 et pour l’instant à toutes les plaies qui ont encadré cette date, que ça soit Nadine Morano, l’herpès buccal, la dégénérescence du hip-hop en sous-variété planétaire et même la Covid !
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En rang par deux avant d’entrer s’il vous plait, installez-vous à vos places et ouvrez vos cahiers d’empathie. Nous sommes au Danemark pour un cours d’empathie. Mais qu’est-ce que l’empathie, tout d’abord ? C’est selon mon vieux pote wiki : « la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions d’un autre individu. ». C’est en fait une décentration de la personne, qui ne réfléchit plus et n’agit plus selon ses propres critères, mais en tenant compte de ceux l’autre. Ce n’est pas juste de la sympathie, de la compassion, voire de l’altruisme, mais plutôt une volonté de penser et d’agir d’un point central qui n’est plus le sien. C’est sortir de son corps et adopter celui de l’autre, adopter son corps, son histoire, sa façon de réfléchir pour essayer de comprendre ces pensées et ces actions. Ces c e s et non plus ses s e s. penser le démonstratif plutôt que le possessif.
Au Danemark, pays de 5 millions d’habitants, on apprend depuis bientôt 30 ans l’empathie à l’école, à raison une heure par semaine, et ce, de 6 à 16 ans. Pas de devoirs, ni d’interros, Juste des échanges qui permettent d’éviter que certains ne développent cette forme de nombrilisme exacerbé, cet égocentrisme démesuré qui les conduit à ne penser qu’à eux et surtout à ne voir le monde qu’à travers leur prisme ! Comprendre que l’autre pense et agit différemment de moi ou de toi, facilite grandement nos échanges en modifiant le panorama, un peu comme quand tu arrêtes de ne faire que des selfies narcissiques avec ton smartphone et l’utilise comme un appareil photo, appareil que tu prêterais à quelqu’un le temps d’une photo. Une photo sur laquelle tu pourrais peut-être même figurer, et qui sait découvrir des choses de toi que tu ne savais pas.
Mais pour confier ton téléphone à quelqu’un, il faut avoir confiance en cette personne, ne pas craindre qu’elle ne s’escape en courant avec ton phone dont tu n’as pas encore payé toutes les mensualités. Faire confiance, ne plus avoir peur, ne plus propager ce sentiment qui contracte tes muscles et ta réflexion, c’est un pas énorme vers l’empathie.
Ça y est j’entends déjà, au loin, dans les campagnes mugir ces féroces commentaires qui parlent de monde de bisounours. Je le concède ! Bisounours, je suis et bisounours, je resterai ! Bisounours for ever. Bisounours, j'adore car toujours mieux que Zemourours et consorts.
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